GERMINATION
I.es cours do physiologie végétale sont loin d’avoir l’éclat que présentent les leçons de chimie ou do physique, et il n’est pas à prévoir qu’ils attirent jamais cotte partie du public qui désire jouir surtout d’un brillant spectacle. Habituellement, en effet, les phénomènes de la vie ne se produisent [tas avec la même rapidité que ceux qu'étudient les sciences physiques, et ce sont seulement les résultats obtenus par des expériences préparées longtemps d’avance qui peuvent être mis sons les yeux des auditeurs; quelques-uns de ces résultats sont cependant susceptibles d’être reproduits aisément à l’aide d’appareils très-simples, et je voudrais indiquer ici aux lecteurs de la Nature les précautions à prendre pour assurer la réussite de quelques expériences que j’ai mises sous les yeux de mes auditeurs, pendant que je professais ce printemps la partie du cours de culture que mon maître et ami, M. Decaisne, veut bien me confier au Muséum.
LA NATUUE.
Phénomènes physiques de la germination . — Pour ferme l’enveloppe d’une graine qui a séjourné dans
qu’une graine vivante entre en germination , elle doit l’eau pendant plusieurs jours et qui par suite est de-
ctre soumise à l’action de l'humidité et à celle de venue perméable; en versant le mercure simultané-
l’oxygène ; ces deux conditions sont nécessaires et ment dans les deux tubes, on voit le gaz passer au
suffisantes : et c’est là ce qu’il importe de démon- travers du testa dans l’un des appareils, et, au contrer. traire, ne lournir aucune bulle au tube K dans celui
Quelle est d’abord le rôle que joue l’eau dans le qui renferme le testa non ramolli, phénomène de germination? eu quoi sa présence est- Ainsi l'utilité de l’eau dans la germination est de elle nécessaire? Une expérience très-simple va nous ramollir le testa de la graine et de le rendre per-
permettre de montrer que le rôle de l’eau est sur- méable aux gaz. Nous allons reconnaître, en effet,
tout de ramollir les enveloppes de la graine, le testa par une autre expérience, que les graines ramollies
pour la rendre perméable aux gaz, tandis qu’une i par l’eau ont la propriété de condenser les gaz qui
graine sèche est protégée contre eux par son enve- sont en contact avec clics. Dans un travail inséré ré-
loppe. Pour démontrer cette proposition nous avons cemment aux Annales des sciences naturelles, nous
disposé, M. Yesque, préparateur des cours, et moi, avons démontré, en effet, M. Ed. Landrin et moi que,
l'appareil suivant : le testa d’une graine un peu si on place des graines légèrement humectées sous
grosse, telle qu’un haricot ou une lève est séparé, une cloche retournée sur le mercure, ou remarque puis serré entre les deux parties d'un bouchon de dans les premiers jours de la germination une diinicaoutchouc muni d’un trou central (fig. 1). Pour nution sensible du volume des gaz, et cela ava it empêcher la déformation du caout- tout dégagement d’acide carbonique.
chouc, on l'enveloppe d’un anneau de cuivre A, dont la tranche est seulement visible dans la ligure f, mais qu’oii reconnaît au milieu de l’appareil complet représenté (fig. 2); les iis 151! sont serrées fortement à l’aide des écrous E; elles sont au nombre de trois dans l’appareil, de façon que la pression s’équilibre également de toutes parts; l’appareil ainsi disposé porte deux tubes; le tube supérieur est coupé à peu de distance au-dessus de la plaque de cuivre, le tube inférieur est adapté à un bouchon qui maintient tout l’appareil fixé sur une des tubulures d’un tlacon d’un litre environ rempli d’air. I.» seconde tu-
Fig. 1 .— Appareil tlüslitic à montrer que le testa d’une graine, ramollie par l’eau, devient perméable aux gaz.
Or, cette condensation des gaz atmosphériques, oxygène et azote, ne peut avoir lieu sans un dégagement de chaleur assez notable, semblable à celui qui a lieu quand on condense de l’hydrogène dans de la mousse de platine ou du gaz de l’éclairage dans une lame de palladium, et c’est, d’après nous, cette élévation de température due à la condensation des gaz qui détermine l’attaque des principes immédiats de la graine par l’oxygène; c’est, en quelque sorte, l’étincelle qui cause le commencement de la combustion lente qui accompagne la germination et peutêtre la détermine,