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I.ES RUCHES PERFECTIONNÉES

Les méthodes suivies dans l'éducation des abeilles commencent à subir en France de profonds changements ; beaucoup d’apiculteurs adoptent les ruches à rayons mobiles, qui tendent à se généraliser en Amérique, en Allemagne et en Italie, et qui permettent de réaliser plus aisément de nouveaux procédés d’cducation apicole, de manipulation des essaims, de récolte des produits.

Nous devons rappeler en peu de mots, pour l'intelligence de ce qui suivra, quelques notions de l’histoire naturelle de l’abeille (Apis mellijica Linn., avec l’espèce ou variété fauve de l’Italie, Apis liyustica, chantée par Virgile).

< Tout le monde connaît la reine des abeilles, ses nombreuses ouvrières servant de nourrices et d’architectes, et les faux bourdons, faisant, par les beaux jours de printemps, autour des ruches ces évolutions sonores qui leur ont valu leur nom. Comme nous avons la manie d’affubler les animaux, qui n’en peuvent mais, do nos gouvernements, on a cherché à reconnaître dans l’association des individus de la ruche, qui une monarchie, qui une république. En réalité rien de pareil ; c’est une communauté forcée de trois sortes d’individus nécessaires pour la reproduction de l’espèce, sans aucune relation de commandement ni d’obéissance; où la révolte est impossible, la subordination est inutile. Il y a même des insectes, connue les termites et certaines fourmis, où la division physiologique du travail reproducteur est poussée encore plus loin. Le ménage est à quatre: la mère, le père, la nourrice et le soldat ou défenseur du nid.

C’est une singulière domination que celle de la prétendue reine des abeilles. Elle est réellement et matériellement la mère de son peuple ; mais ses enfants la retiennent souvent captive dans la ruche ou retardent son éclosion. Bien qu’armée d’un glaive redoutable, elle se laisse parfois molester par une ouvrière, qui lui tire les ailes et les pattes, et,, paralysée par la peur, peut être maniée entre les doigts sans qu’elle ose se servir de l’aiguillon. Elle fuit au moindre danger dans la partie la plus reculce de la ruche, tandis que les ouvrières furieuses sortent en foule et sc jettent sur l’agresseur.

C’est une femelle féconde, qu’on distingue des ouvrières à la longueur de son abdomen dont les ailes

sont loin d’atteindre l’extrémité (fig. 1) ; toutefois il n’est pas sensiblement dilaté on largeur, comme cela a lieu dans la mère fécondée des méliponcs ou abeilles sans aiguillon de l’Amérique, du Bengale, do l’Australie, etc., qui est également unique par ruche. La mère des abeilles, dépourvue des organes qui servent à récolter le miel et le pollen, ne sait que pondre dans les alvéoles des gâteaux. Après avoir inspecté l’alvéole, elle se retourne et y enfonce sa partie postérieure, reste quelques secondes dans cette position puis se retire après avoir déposé l’œuf, le plus souvent dans l’angle supérieur du fond de l’alvéole (les gâteaux étant placés verticalement), où il est collé par un des bouts au moyen d’une matière visqueuse dont il est enduit. Dans les grandes cellules de mâles la mère, sans avoir besoin de fécondation préalable, pond des œufs de mâle. Il n’en est plus de même pour les œufs destinés à produire les ouvrières, ou femelles à organes génitaux avortés. La mère doit avoir effectué l’accouplement pour leur donner naissance.

C’est à cet usage que servent les mâles ou faux bourdons, plus gros et plus velus «pie les ouvrières. Leur forte tète est recouverte presque en entier d’yeux panoramiques (fig. 2), destinés à leur permettre d’apercevoir au milieu des airs la reine vierge qui a pris son vol par une belle matinée de printemps, sous un ciel pur et sans vapeur. L’un d’eux paye de sa vie le périlleux honneur d’assurer l’avenir et la prospérité de la ruche. La reine pond dès lors des œufs d’ouvrières dans les petites cellules, et certains œufs dans de vastes cellules ovoïdes, qui sont le berceau des mères futures.

Au temps d’essaimage elle peut fournir deux à trois mille œufs par jour, soit 180,000 à 200,000 dans une année, et elle vit quatre ou cinq ans. La plus grande partie de la ponte engendre les ouvrières dont les pattes sont munies des appareils qui ramassent le pollen des fleurs, la propolis des bourgeons, la cire qui suinte entre les plaques ventrales de leur propre abdomen. Elles ressemblent à la reine (fig. 3), mais avec un ventre fort réduit, dépassant à peine l'extrémité des ailes. Un de leurs principaux travaux est l’éducation du couvain. Des œufs de la mère sortent des petits vers blancs, sans pattes, ridés circulairement, contournés sur eux-mêmes. 11 y en a un par cellule. La figure 4 nous montre les œufs et les larves de grandeur naturelle à différents âges (abcd, etc.), la figure 5 sous un fort grossissement. Les abeilles ouvrières soignent ces vers avec l’affection la plus tendre, sans cesse occupées à les pourvoir de nourriture. Celle-ci est une bouillie composée de pollen et d'un peu de miel étendu d’eau, dont la qualité varie suivant l’âge du ver. Au commencement elle est presque blanche et insipide ; elle prend un goût de miel lorsque le ver est plus avancé eu âge, et, au terme de la métamorphose, elle est devenue une gelée transparente et fort sucrée. Le ver est couché sur cette bouillie, qui garnit le fond de l’alvéole, de sorte qu’il n’a qu’à ouvrir la bouche pour s’en

gorger. La figure 6 nous représente, avec grossissement, une cellule coupée, laissant voir la larve dans la position qu’elle occupe le quatrième et le cinquième jour après sa naissance. C’est vers cette dernière époque, s’il fait chaud, que la croissance delà larve est achevée.

Alors les nourrices ferment la cellule par un opercule de cire bombé, différant de l’opercule plat qui leur sert à boucheries cellules où s’emmagasine le miel. Le ver emprisonné se file une coque ou robe de soie, et, perdant sa peau, y devient une nymphe, offrant, comme emmaillotés par une line pellicule, ' les organes de l’abeille, les ailes couchées, les antennes et les pattes repliées à la région ventrale.

La nymphe (fig. 5) est toute blanche, et l’insecte sc colore en peu de temps après sa sortie. Par les temps froids les abeilles pressées sur le couvain operculé, agitant leurs ailes et dégageant de la olia- j leur par une respiration puissante, opèrent une véritable incubation de ces nymphes.

Les jeunes abeilles, sorties de la peau de nymphe au bout d’environ dix jours, et qui ont rongé leçon- J vende do cire qui les retenait captives, sont essuyées et brossées par les nourrices, qui les aident à lisser l et .à étaler leurs ailes, et leur font avaler du miel; ! bientôt nourrices, à leur tour, de leurs frères ou sœurs plus jeunes, elles prennent part aux travaux de [ la ruche. Les œufs qui donneront les mères fécondes ont été déposés dans de larges cellules (fig. 7), où le vaste abdomen pourra prendre toute sa grandeur. C’c-st une nourriture spéciale, dite pâtée royale, qui fait prendre aux ovaires tout leur développement, en faisceaux formés île gaines allongées et remplies d'ovules ; cette bouillie est d’abord plus acidulée, puis plus sucrée et plus abondante que celle servie aux larves d’ouvrières ou de mâle.

Pour bien comprendre les principes rationnels qui devront servir à l’établissement des meilleures ruelles, nous allons suivre, comme l’indique M. G. de Layens, les divers travaux exécutés par un essaim naturel sortant an printemps d’une ruche 1 . C’est en examinant ce que font les abeilles, à l’état sauvage en quelque sorte, et livrées à leur seul instinct que nous pourrons arriver à perfectionner au profit de l'homme, en augmentant le produit de miel et de cire, le travail de la communauté destiné uniquement par la nature à assurer la plus forte propagation de l’espèce.

L’essaim a emporté avec lui tous les éléments nécessaires à son parfait établissement. Il possède en effet une mère fécondée, apte à pondre des œufs des deux sexes, l’ancienne reine de la ruche qui a donné l’essaim (c’est toujours une nouvelle reine qui reste dans la ruche), des ouvrières en nombre considérable et de tout âge, les plus jeunes, suivant une opi-

1 Consulter les ouvrages tout récemment parus, qui suivent : G. de Layens, Élevage des abeilles par les procédés modernes; pratique et théorie. — Paris. Coin. — H. 11amet, Cours pratique d'apiculture. — Aux bureaux de l'Apiculteur, 59, rue Monge. — Les bois de notre article sont tirés de tes deux livres.

nion très-accréditée, butineuses et nourrices, les plus âgées ciricres et architectes, enfui une petite quantité de mâles, eu cas de besoin.

Supposons l’essaim sorti par un temps très-chaud, et allant se suspendre à une branche d’arbre, et laissons-lo tranquillement travailler à l’air libre, au lieu de le recueillir dans une ruche vide, comme on le fait d'ordinaire, et en invoquant la loi, s’il le faut, qui autorise le propriétaire d’un rucher à aller récolter ses essaims partout où ils se placent. La forme naturelle de l’essaim est celle d’un cône renversé, fermé de tous côtés par les abeilles, excepté à la pointe où leurs rangs serrés laissent un petit trou pour l’entrée et la sortie des insectes intérieurs.

Qu’on suppose, au bout de peu de jours, l’essaim coupé par lin plan mené suivant l'axe du cône, on verra au milieu un premier rayon attaché à la branche 1 1, à droite et à gauche, suspendus deux autres rayons moins longs que le premier (fig. 8). Autour dos Irois rayons, on aperçoit une agglomération d’abeilles formant enveloppe, sur une épaisseur de trois à quatre centimètres. Cette masse périphérique inactive laisse libre de ses mouvements la partie centrale et active des insectes qui travaillent à l’intérieur. Les abeilles extérieures, serrées entre elles et accrochées les unes aux autres, forment une véritable croûte solide autour des travailleuses.

L’utilité de cette croûte est de développer et d’entretenir, par la combustion respiratoire due â l’oxygène contenu dans les vastes ampoules trachéennes, une température d’environ 35° cent, dans le centre du cône, température nécessaire pour la fabrication de la cire et l'élevagedu couvain. Aussi celtecroùte de réchauffeuses (qu’on me passe ce mot) augmente ou diminue d’épaisseur suivant la température extérieure, et se dissocie d’elle-même, au milieu des plus chaudes journées de nos régions méridionales, au-dessus de 35° ; mais, dès que la température de l’air extérieur s’abaisse à mesure que le soleil descend, des abeilles se hâtent de reformer le manteau protecteur, et son épaisseur accroît tout de suite du côté où quelque courant d'air froid vient à frapper le cône.

Aussitôt que le rayon médian atteint une longueur de 10 à 12 centimètres, la mère commence à pondre ses œufs dans l’alvéole centrale du cône, et continue sa ponte en suivant une spirale régulière autour de ce premier œuf, centre du couvain, qui prend ainsi une forme globuleuse. La partie teintée de la figure 9 représente la place occupée parle couvain dans chaque rayon. A ce moment les ouvrières déploient une activité extrême, car elles doivent simultanément s’occuper de l’éducation du couvain, construire de nouveaux rayons, enfin récolter le miel et le pollen.

Lorsque le premier gâteau a pris une hauteur verticale de 30 centimètres, il n’est plus guère prolongé pendant l’année, mais les abeilles en construisentd’ autres de chaque côté. Le miel et le pollen récoltés sont rais eu réserve pour nourrir les larves dans les cel-

Iules qui entourent le couvain, de manière à former au-dessus de lui un dôme de provisions qui s’étend jusqu’au sommet des rayons.

C’est pendant vingt et un jours, durée de l’éducation complète des enfants, que la mère continue sa ponte eu spirale, et le couvain est alors parvenu à ses dimensions limites; puis les cellules où la mère avait commencé à pondre étant devenues libres, elle reprend, dans le même ordre que la première fois, ; le seul travail qu’elle sache faire et qui doit être j l’occupation de sa longue vie, à moins qu’une tem- I

pérature trop basse ou le manque d’aliments 11 e vienne arrêter sa faculté productrice des œufs.

C’est par l’observation de ces faits de l’état de nature que nous serons conduits, suivant l’analyse pleine d’intérêt et réellement scientifique de.M.G. de Layons, à diriger, sans mécomptes et sans faux-pas, les abeilles dans leurs travaux en domesticité. Ou voit, en résumant ce qui se passe dans l’essaim, que : 1° Les abeilles se divisent en deux classes principales, les inactives formant croûte, destinées à développer et à entrenir la chaleur, les actives ; s’occupant des

Fig. i. — Mère,

Fig. t. -.. Mite.

Fig. 7, — Cellules-alvéoles,

A. Cellule de mère operculée, — B. Cellule de mère vide, C, Cellules d'ouvrières contenant du couvain. — D. Cellules d'ouvrières vides. — E. Cellules de mâles vides, — F. Cellules de mâles contenant du couvain.

Fig. 4. — Œufe et larves de divers âges.

Fig. 3, — Ouvrière.

Fig. 0 . — Cellule coupée, très grossie, avec sa larve.

divers travaux; 2° Le travail des abeilles, dans le but exclusif de la reproduction de l’espèce, exige une action unique, concentrée dans un seul centre, formé par l’agglomération du couvain ; donc tout système de culture, comme les calottes, les hausses, les étages superposés des ruches, bien que pouvant présenter certains avantages dans un but particulier et déterminé, sont en général un système apicole défectueux, contraire aux instincts naturels du genre Apis , dès qu’il force les insectes à se diviser en plusieurs groupes; 5° Connaissant la grandeur de l’espace occupé par le couvain dans un essaim naturel, on en déduit la grandeur qu’il est nécessaire de réserver dans toute ruche à la ponte de la mère, el qu’il faut déduire du produit, si l’on veut opérer avec

méthode et continuité ; 4° Ce couvain occupant toujours le centre de l’essaim naturel, on devra toujours s’arranger de façon à ce qu’il puisse se placer au centre de la ruche.

L’avantage des ruches est de diminuer, ou même de supprimer la croûte inactive des abeilles de la périphérie, car des parois suffisamment épaisses et d’une substance qui conduit mal la chaleur servent à maintenir à l’intérieur la température nécessaire à la ponte et au travail, de manière à rendre disponible, pour un service actif, un très-grand nombre ou même la totalité des abeilles; nous ne faisons parla ruche qu’imiter l’instinct qui pousse les abeilles à s’abriter à l’état sauvage dans les creux d’arbreou les trous de rocher.

Supposons qu’un essaim soit introduit dans une gi andc ruche à cadres où il puisse édifier de nombreux rayons. Si on le laisse à lui-même, il ira toujours s’établir à une extrémité de la ruche, et la paroi contre laquelle il sera appuyé, remplaçant en partie lacroùte calorigène do ce côté, un plus grand nombre d’a-

Fig. 8. — Coupe d’un cône d'alicillos de l’cssniin naturel.

beillcs pourra aller à la récolle. Si au lieu de laisser cet essaim s’établir à l'extrémité, on la ramène au

centre, entre deux planches de partition, la croûte diminuera encore plus que précédemment ; beaucoup plus d’abeilles pourront aller à la récolte et le cou-

Fig. 9. — Œufs déposés en spirales autour du premier cruf.

vain prendra ati milieu de la ruche sa position naturelle. C’est ce qu’on voit très-bien dans la partie

Fig. 10. — Huche à cadres mobiles de M. de Layens. (On a supprimé le toit et un côté de cette ruche pour lsisser voir 1 intérieur )

teintée de la figure qui représente la ruche à cadres mobiles, préconisée par M. G. de Layens (fig. 10).

Cette ruebe est destinée à réunir au plus haut degré les avantages que nous allons chercher à faire comprendre. Pour qu une ruche rapporte le plus grand profit, il faut empêcher les abeilles d'essaimer, ce qui diminue la population des reeolteuses de nectar à transformer en miel, et des architectes édifiant avec la cire. Or, la difficulté qui se présenté est la suivante : pour obtenir beaucoup de miel il faut une grande population, et par suite il faut forcer au printemps la ponte, de la mère par une nourriture abon-

dante au sirop de sucre si le printemps est froid et pluvieux; mais d’autre part, plus les abeilles sont excilées au travail par un couvain plus considérable à élever, plus aussi leur désir instinctif d’essaimer augmente.

Or, les abeilles emmagasinent d’autant plus do miel qu’elles ont plus de place à leur disposition pendant la grande récolte, c’est-à-dire pendant 1 époque printanière où tant de fleurs a nectar épanouissent leurs corolles parfumées. D'autre part, lorsque les abeilles ont toujours du nouveau couvain à soigner, il est très-rare qu’elles désirent essaimer. Les ruches

à cadres ou ruches perfectionnées permettent d’a- ] grandir plusieurs fois pendant la grande récolte le centre de la ruche, qui est la place naturelle où doit s’opérer la ponte, de la mère, et en même temps à offrir aux abeilles, à droite et à gauche du couvain, en mettant des cadres convenables, un espace toujours plus grand que celui qui leur est nécessaire pour déposer leur miel. Avec ces ruches à capacité variable il n’arrive plus ce qui se présente pour les ruches ordinaires de volume invariable et à gâteaux fixés à la voûte par les abeilles, c’est-à-dire un remplissage complet do la ruche si la population est i'orle et par suite l’obligation de l’essaimage.

C’est au moyen des ruches à cadres que les apiculteurs intelligents exécutent ces jolis tours, si je puis m’exprimer ainsi, qui font l'admiration des visiteurs aux expositions. Comme on peut placer et enleverles cadres à volonté, il est facile, en guettant le travail des abeilles, d'obtenir isolés des rayons de miel qu’on met dans d’élégantes boîtes, et qu’on offre au dessert sur les tables. On peut aussi préparer à volonté des gâteaux à divers parfums, au sainfoin, au trèfle, au réséda, au thym, à la lavande, etc., en transportant les ruches dans des localités convenables, ou en semant autour du rucher les plantes propices. On arrivera même, avec des fleurs convenables, à se procurer des miels médicamenteux, et il serait au pouvoir de l’apiculteur de reproduire, sur certains cadres mobiles de sa ruche, ces miels vénéneux des abeilles sauvages dont parlent les voyageurs.

Dans la célèbre Anabase ou retraite des Dix mille (liv. IV, chap. viii), commandée et racontée par Xénoplion, nous trouvons le passage suivant, après que les barbares eurent pris la fuite : « Les Grecs trouvèrent beaucoup de villages abandonnés et s’y cantonnèrent 11 y avait de nombreuses ruches, et tous

les soldats qui mangèrent des gâteaux de miel eurent le transport au cerveau, vomirent, furent purgés, et aucun d’eux ne pouvait se tenir sur ses jambes; ceux qui n’en avaient que goûté avaient l’air de gens ivres, ceux qui en avaient mangé davantage ressemblaient les uns à des furieux, les autres à des mourants.

« On voyait les soldats étendus sur la terre, comme après une défaite; la même consternation régnait parmi eux. Personne néanmoins n’en mourut, et le transport cessa le lendemain à peu près à la même heure où il avait pris la veille. Le troisième et le quatrième jour ils se levèrent fatigués, ainsi que des malades qui ont usé d’un remède violent. » On produirait aisément des accidents analogues en enlevant delà ruche àcadres des gâteaux récoltés après le butinage dans certaines Heurs, comme des euphorbes, des datura, etc. Le miel provenant des sarrasins de Bretagne est brunâtre et d’un goût fort, recherché, diton, pour certaines fabrications de pain d’épicc.

Nous examinerons rapidement un certain nombre de formes des ruches les plus modernes.

Maurice Girard.

— La fin prochainement. —

LA SCIENCE AU NOUVEL OPÉRA

(Suite et lin. — Yoy. p. 125 et 135.)

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