‹ La Nature 1875 S1Chapitre 78 sur 224 · DURÉE · texte numérisé non relu

DURÉE

0 décembre.

4 décembre.

235 ans.

5 juin. . . .

3 juin. . . .

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7 juin. . . .

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255 uns.

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courte.

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14 décembre.

17 juin. . . .

tr. courte .

14 juin. . . .

On voit que les astronomes ne se laissent pas prendre au dépourvu. L’astronomie est du reste la seule science qui jouisse du privilège de lire dans l’avenir comme dans le passé, et elle en profile ellemême.

Eu examinant ce tableau, on remarquera aussique la période de 1 13 ans et demi plus ou moins huit ans, n’est pas la seule que l’on puisse employer pourpredire ces passages, et qu’ils reviennent aux mêmes mois, dans une période de 235 ans et de 8 ans.

Képler fut le premier qui , en 1026, après avoir dresse, sur les observations de Tycho-Brahé, ses tables rudolphines, osa prédire les époques où Vénus et Mercure passeraient devant le soleil. Il annonça un passage de Mercure pour 1031 et deux passages de Vénus, l’un pour 1031 et l’autre pour 1701. Le passage de Mercure fut observé le 15 novembre 1651, huit jours avant la mort du grand astronome. Celui de Vénus ne fut pas observé; Gassendi, qui s’y était préparé, fut empêche par la pluie de diriger sa lunette vers le soleil. Mais lors même qu'il aurait fait beau en France, on n’aurait pas aperçu le passage, car il s’effectua pendant la nuit pour les observateurs européens, comme cela est arrivé pour le passage du 8 décembre dernier.

Le second passage de Vénus qui ait été annoncé est celui de 1639 et il fut observé en Angleterre par IJorrox et Crabtree.

Jérémie llorrox était un jeune curé du village de IJoole, près de Livcrpool, dévoué aux travaux de l’astronomie. A l’aide des tables de Laensberg corrigées par lui d’après ses propres observations, il avait préditle passage de 1 059, et s’était préparé à l’observation en l’annonçant à son ami Crabtree de Manchester. Son mode d’observation était de recevoir l’image du soleil à travers la lunette sur une feuille de papier blanc. Un cercle de six pouces de diamètre, marqué sur le papier, indiquait les contours de cette image; un fil à plomb donnait la verticale et, en marquant les positions successives de la planète sur le disque solaire , il pouvait trouver plusieurs éléments de Vénus tels que son diamètre, l’inclinaison de son orbite, la position du nœud et le moment du passage. D’après ses calculs, celui-ci devait commencer dans l’après-midi du 24 novembre (vieux style). De crainte d’erreur, il observa, dès le 25, mais sans rien trouver; le dimanche 24, en revenant des offices, il vit la tache noire de Vénus sur la feuille de papier blanc. C’était la récompense de son travail. Ces observations ont été fort utiles au perfectionnement dos tables de Vénus. Remarque curieuse, il craignait un ciel couvert, parce que Jupiter et Mercure se trouvaient en conjonction avec le soleil en meme temps que Vénus et que Mercure, selon les astrologues, amenait sûrement le mauvais temps. Ne pourrait-on trouver ici quelque coïncidence entre cotte opinion et la remarque faite récemment que le nombre des taches solaires a du rapport avec les positions de Vénus et de Jupiter, et que les cyclones en ont aussi avec le nombre des taches solaires?

Ce laborieux astronome fut enlevé à la science à l’âge de vingt-trois ans. Son ami Crabtree observa à Manchester, et chanta en un dithyrambe mythologique, l’union de la déesse Vénusavec le dieu du jour. L’importance astronomique du phénomène, dans son application à la recherche de la distance du soleil, était encore inconnue, car ce n’est que plus tard que Ilalley, reprenant une idée émise par Grégory, en 1603, montra que ces passages pouvaient servir à la solution du problème.

L’Académie des sciences comprit l’importance do cette méthode pour la détermination de l’unité fondamentale des distances célestes. L’un de ses membres les plus laborieux, de Lislc, publia au mois d’août 1700 une mappemonde sur laquelle des cercles qu’il avait tracés indiquaient l’heure à laquelle, en chaque lieu du globe, l’entrée et la sortie de Vénus sur le disque du soleil devaient avoir lieu. Cette mappemonde montra l’inutilité de la station que les Anglais avaient choisie dans l’Amérique septentrionale d’après les indications de Ilalley. Modifiant la méthode de l'astronome anglais, de Lisle indiquait comment, dans des lieux choisis convenablement et dont la longitude serait exactement connue, la seule observation d’un contact, soit à l’entrée, soit à la sortie, fournirait les éléments de la solution du problème : c’était utiliser toutes les observations possibles. Sa méthode a servi autant que la première dans l’étude du passage de l’année dernière. Cent soixante seize observateurs de toutes les nations, disséminés dans cent dix-sept stations, observèrent des phases du phénomène ou prirent des distances micrométriques.

Le passage de 1701 servit en réalité de répétition générale pour le passage de 1769. Ici, tous les astronomes étaient préparés en connaissance de cause. Ce passage avait surexcité au plus haut point le zèle des observateurs. On savait qu’il devait s’écouler plus d’un siècle avant que le même phénomène se renouvelât, et cette circonstance était bien faite pour empêcher les plus indifférents de laisser échapper une occasion aussi précieuse. Les observateurs furent au nombre de 149, disséminés dans quatre vingt-une stations différentes. Malgré toutes les précautions prises, il y eut encore des divergences considérables entre les appréciations, si bien qu’immédiatement après la discussion de toutes les observations, Lalande se crut en droit de fixer la parallaxe du soleil à 8" 50; le père IJell, à 8" 70; llornsby, à 8" 78; Euler, à 8" 82; Pingré, à 8" 88 ; chacun pouvant se taxer de la mémo exactitude. Encke publia en 1824, sur ce passage, un mémoire analogue à celui qu’il avait publié sur le précédent, et conclut à 8" 00. Powalky, Leverrier, Stonc ont repris la discussion et, d’après M. Paye (Comptes rendus de l’Académie des sciences, tome LXVIII, p. 49) : « Tout ce qu’on peut tirer en réalité du passage de Vénus, en 1769, c’est que la parallaxe du soleil est de 8" 8, à un dixième de seconde près, et sans s’aviser d’écrire les centièmes. » Cela tient sur-

tout, on le comprend aujourd’hui, à ce que le phé- j croyait, comme nous l'avons remarqué dans un prénomène des contacts n’est pas aussi simple qu'on le ; cc’dent article, en parlant de la goutte noire.

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Tels lurent les anciens passages de Vénus. La liste dates des passages futurs, Le prochain aura lieu le

uréeédeute contient aussi, comme on l’a vu, les 6 décembre 1882, à 4 h. 25 m. 44 s. de l’après-

Carte du dernier passage de Vénus, le 8 décembre 1874.

midi, et sera en partie visible à Paris. Sa durée sera de 5 li. 57 m. On verra donc, en France l’entrée de Vénus et la première moitié du passage. Toutes les circonstances sont calculées, et les meilleures méthodes pour en tirer parti sont choisies. Ou s’est même déjà occupé des passages de l’an 2004 et de l’an 2012. Le premier aura lieu le 7 juin à 21 heures en temps astronomique, c’est-à-dire le 8 juin à 9 heures du matin et sera entièrement visible à Paris. La sortie seule sera visible en France, au passage de 2012. Les expéditions — sinon les astronomes — sont déjà organisées et prêtes à partir !

D’après les desiderata actuels de la question, le passage du 8 décembre dernier comptera sans doute pour le plus important et pour le plus célèbre, si les multiples préparatifs qu’on a Puits ont conduit, comme on l’espère, au résultat désiré. Nous le saurons bientôt. On aura obtenu la distance de la terre au soleil avec toute l'approximation possible. Les observations de 1882 ne pourront que confirmer celles-ci sans beaucoup ajouter à la précision. Ainsi sera déterminée enfin cette fameuse « parallaxe du grand orbe, # cette base interplanétaire de la mesure générale des dimensions de l’univers, accessibles à l’observation humaine. Camille Flammarion.

CHRONIQUE

La lumière zodiacale en janvier 1895 . — Le

dimanche 24 janvier, au moment où la tempête éclatait sur Paris on apercevait à Londres les lueurs de la lumière zodiacale, qui avaient pris une intensité extraordinaire. Le ciel était pur et l’on pouvait suivre les phases d’un beau phénomène optique dont les causes sont encore inconnues. Le journal Nature nous apprend que la lumière avait encore cette fois la teinte jaune pâle, ou plutôt jaune citron, qui lui est propre dans la plupart de scs apparitions. C’est près de l’horizon que se trouvait la plus grande clarté et les limites de la niasse de lumière ne pouvaient être définies. Le sommet se perdait dans le voisinage de la 10° du liélier. L’axe de la lueur était visiblement dirigé vers > des Poissons, c’est-à-dire dans le voisinage du point où se trouvait à ce moment le soleil lui-même, circonstance trèscommune. Elle parait suffisante à certains auteurs pour affirmer que la lumière zodiacale est une atmosphère lumineuse très-étendue, que le soleil traîne avec lui dans les espaces célestes. Son étendue est si considérable que nous pourrions l’apercevoir avant le moment où le soleil se montre ou après l’instant où le crépuscule est terminé. Il y a déjà un très-grand nombre d’années que le phénomène n’a point été aperçu à Londres, avec une pareille intensité. Faut-il en conclure que le ciel londinien était d'une pureté exceptionnelle, ou bien devons-nous supposer que la lumière zodiacale avait une intensité absolue plus grande qu’à l'ordinaire? Celle hypothèse parait certainement prélérablc à la première. Mais dans ce cas n’y aurait-il point à se demander si cette circonstance est sans influence sur les péripéties atmosphériques extraordinaires que nous essuyons?

Le commerce «le la truffe en France. — Le

département de Vaucluse est celui qui fournit la plus

grande quantité de truffes. La vente des truffes s’y élève annuellement à 4 millions de francs, en estimant le kilogramme à 10 francs : depuis 1856, on a planté dans ce département 60,000 hectares en chênes truffiers. Le département des Basses-Alpes produit des truffes pour o millions de francs ; la Dordogne et la Drôme pour 1 million chacun environ. Ces quatre départements donnent donc une quantité de truffes qui représente une valeur de plus de 12 millions de francs. Les productions de tous les autres départements deviennent insignifiantes à côté des chiffres précédents.

I?l<-«l<-cins-fcnime.s. — J] iss Alice Vickery, dit la Gazette de médecine , la première et la seule inscrite en Angleterre comme pharmacien, vient de passer d’une manière satisfaisante, en compagnie do Mistriss Algcrnon Kingsford, les examens de première année à l’tcolc do médecine de Paris. — Miss Maria Vogtlin, M. D (c’est-àdire docteur en médecine), qui a reçu ses grades le printemps dernier à Zurich, après des examens brillamment soutenus, s’est établie dans cette ville comme médecin des femmes et des enfants, et se trouve déjà à la tête d’une clientèle nombreuse. Elle a épousé le docteur Ileini, un des professeurs de la Faculté de médecine de Zurich.

Le nouveau lac IIarkne»s. — Le docteur llarkness a découvert, dans le comté de Plumas, en Californie, une étendue d’eau qui est probablement la plus élevée des Etats-Unis. (Elle gît, en effet, à une hauteur de 7 ,550 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Ce lac est de forme triangulaire ; il a un mille trois quarts de longueur, dans son plus grand diamètre ; son eau est extrêmement froide et d’une hc le couleur bleue.

. Ce lac débouche dans la vallée Warner en suivant une déclivité de terrain de 2,000 pieds ; il a reçu de l’Académie des sciences de la Californie le nom de lac Ihukness, du nom de celui qui l’a découvert.

Lne cargaison «le passereaux. — Les fermiers de la Nouvelle-Zélande connaissent au c si bien que leurs confrères d’Europe l’assistance que nos oiseaux prêtent à l’agriculture. En des derniers vaisseaux partis de Londres pour la colonie anglaise, le Tintern Abbcy, emportait 1,200 oiseaux vivants: merles, grives, étourneaux, linottes, pinsons, chardonnerets, bruants, moineaux et perdrix. Toute celle cargaison ailée sera mise en liberté sur des points convenables, dans la Nouvelle-Zélande. On espère qu’elle s’y acclimatera, et on lui promet déjà aide et protection contre le chasseur. La Société d’acclimatation de Canterbury (Nouvelle-Zélande), à laquelle est destinée cette expédition, s’est fait envoyer dernièrement aussi une grande quantité d'œufs de saumon.

Le premier meeting annuel de in société de microscopie «le Victoria. — A celto réunion qui a eu lieu au commencement de novembre 1874 dans les salles de la Société royale, assistaient plus de deux cents dames et gentlemen. Un grand nombre de microscopes, quelques-uns d’une grande puissance, avaient été exposés ainsi qu’un grand nombre de plantes ou d'animaux intéressants ; citons des diatomées, des foraminifères trouvés sur les rivages de l’Australie ou de la Nouvelle-Zélande, des infusoires, des rotifères, des plantes, des graines, etc., ainsi qu’une importante collection de photographies. Du rapport lu par le secrétaire de la société, M. Robertson, il résulie que la société ne comptait que 13 membres le jour de son meeting d’inauguration, le 10 octobre 1873; ce

nombre est aujourd’hui de 3G. Les souscriptions sc sont élevées à 54 livres sterling 12 schellings et les dépenses à 23 liv. 19 sch. 10 d., laissant un en caisse de 50 liv. 12 scli. 2 d. Des dons nombreux de livres, de gravures, do photographies, des collections d'insectes, de stalactites ont été offerts par des savants ou de simples particuliers à la Société. Pendant l’année qui vient de s’écouler des mémoires sur des sujets variés ont été lus k la Société, et la plupart d’un très-haut intérêt. Et après l’adoption du rapport le président, M. Ralph, lit un mémoire intitulé : Observations et expériences microscopiques sur la nature et le caractère du sang. M. S. Gibbons décrit un certain nombre de crustacés qui s’étaient attachés h la coque du Cerbère. M. Bosiste- étudie Yllirudo australis et prouve que cette sangsue peut rendre, en médecine, d'aussi utiles services que la sangsue d’Europe. Espérons que l’exercice qui vient de s’ouvrir sera favorable à la Société de microscopie de Victoria et que le nombre de ses membres aussi bien que le montant de ses ressources s’augmenteront dans une notable proportion. (Extrait de Y Australasian).

BIBLIOGRAPHIE

L'année scientifique et industrielle, par Louis Figuier, dix-huitième année, 1814. — 1 vol. in— 18. — Hachette et C", Paris 4875.

Ce volume brille, connue ses ainés, par l’abondance des matières et des documents de toute nature qui y sont réunis sur toutes les sciences pures; comme sur toutes leurs applications. L’année 1874 a fourni au progrès un riche contingent de travaux et de découvertes, mais on y compte aussi des vides dans les rangs de l’armée de la science. M. Figuier donne le compte-rendu de cette intéressante histoire scientifique; il écrit la biographie de ceux que la mort a enlevé à leurs travaux, il résume les séances des grandes sociétés savantes et continue à se tenir au premier rang parmi les écrivains qui propagent le mieux les saines notions de la science, et les grands bienfaits de l’instruction.

Matière et éther, indication d'une méthode pour établir les propriétés de l’éther, par X. Kretz. — Due brochure in— 1 8. — Paris, Gaulhicr-Villars, 1875.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 1" février 1815. — Présidence de M. lbiijir.

Analyse malhématique. — A l’occasion d’un Mémoire de M Darboux, un savant géomètre italien, M. Genocchi, fait remarquer que la priorité dans la question traitée appartient à Cauchy. Il s’empresse d'ajouter d’ailleurs qu’il est fort heureux que M. Darhoux ne se. soit pas connu cet illustre devancier, puisqu'il a produit ainsi un travail dont plusieurs parties sont d’un intérêt sérieux ; et, d’un autre côté, il n’y a pas lieu de s’étonner non plus qu’il ait cru nouvelle une question déjà traitée. Les œuvres de Cauchy sont si immenses que ceux-là mêmes qui font leur spécialité des questions dont il s’est occupé , ne connaissent pas tout ce qu’il a fait : bien plus, et suivant l’expression de M. Bertrand, Cauchy lui-même n’était pas au courant do ses propres travaux. Dans maintes occasions, il so fit exposer des découvertes qu’on croyait nouvelles et qu’il

ne se rappelait pas avoir faites bien des aimées auparavant. Souvent, moins heureux dans des travaux d’ensemble que dans des mémoires de détail, il lui arriva de chercher vainement des solutions qu’il avait déjà publiées.

Salomon de Caus. — Tout le monde a entendu répéter les fables ridicules dont on entoure la biographie de Salo. mon de Caus. Généralement on montre l’auteur du Traité sur la raison des forces mouvantes, l’inventeur de la première machine à vapeur, enferme comme fou à Bicêlre, à une époque où de fait il était mort depuis longtemps. Déjà la lumière s’est faite sur ce point, grâce à l'acte de décès que M. Charles ltinn a publié. Or, l’Académie reçoit aujourd’hui la copie d’une lettre qui révèle certains détails do la vie de Salomon de Caus. Elle est écrite par M. de Sainte-Catherine, résident de France k Heidelberg, k son collègue de Londres, et datée du 28 juillet 1613. Cette lettre fut portée par Salomon lui- même, qui y est présenté comme ayant travaillé en Angleterre en qualité d’ingénieur du prince de Galles, avant d’étre attaché au service de l’Électeur allemand. Le secrétaire perpétuel fait ressortir l’analogie de cette existence accidentée avec celle de Denis Papin. Les deux grands inventeurs, chassés de France en qualité de protestants, vont d’abord exercer leurs talents en Angleterre cl passent la dernière partie de leur vie de l’autre côté du Rhin.

Occlusion de l hydrogène par le fer. — M. Caillclet, qui a déjà publié de si curieuses expériences sur la porosité des métaux pour les gaz, signale aujourd’hui la présence dans le fer déposé par la pile d’une quantité considérable d’hydrogène. L’éponge métallique recueillie sur l’électrode négative cl placée dans l’eau, dégage de fines huiles d'hydrogène pendant des jours entiers. Si le métal est placé non plus dans l’eau, mais dans l’air, il s’y développe un double phénomène. Peut-être un peu d’hydrogène s’en dégage-t-il, mais la plus grande partie subit une combustion lento. Il se fait de l’eau en abondance qui ruisselle le long des parois du tube où se fait l’expérience. En même temps, le fer brûlé lui-même se transforme en oxyde noir, et cette double réaction est assez énergique pour élever à 50 ou 60 degrés la température du tube. Ces deux expériences rendent compte d’une troisième : l’électrode négative étant recouverte de fer métallique et spongieux, on la laisse sécher puis on l’approche de la flamme d’une bougie. L’hydrogène qui se dégage prend feu, et l’électrode flambe jusqu’à décomposition totale de l’hydrure. M. Cailletet a reconnu que la quantité d’hydrogène absorbée par le fer est constante et correspond à 240 volumes pour un volume do métal ; en poids, cela fait 13 de fer pour 1 d’hydrogène, et, par conséquent, on se trouve en présence d’un alliage analogue à celui que l'hydrogène contracte avec le palladium. Mais 1k s’arrête la ressemblance, car le fer une fois privé de son hydrogène peut être indéfiniment laissé au pôle négatif d’une pile, sans rien absorber de nouveau. On sait qu’au contraire le palladium peut être rehydrogéné un nombre indéfini de fois. En terminant l’analyse de ce mémoire, M. Dumas a bien soin de laver le fer galvanique du reproche qu'on serait tenté de lui faire d’être un métal extrêmement altérable. Préparé dans des bains spéciaux, il présente des propriétés à peu pies inverses de celles de l'éponge métallique, et le secrétaire présente un plat artistique en fer galvanique qui décore son cabinet depuis plus de dix ans sans s’èlrc aucunement altéré.

Election de candidats — Chargée de présenter ait

IGO

ministre une liste de deux candidats, à la chaire d’histoire naturelle des corps inorganiques, laissée vacante, au (loi— hge de France, par le décès de M. Klic de Beaumont, l'Académie, à la suite de deux longs scrutins, nomme en première ligne M. Charles Sainte-Claire Deville, et en seconde M. Fouquet; le Collège de France dresse, paraît-il, de son côté, une liste rigoureusement identique; le choix de M. de Üumont ne saurait donc être douteux.

Stanislas Meunier.

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