ÉMILE PEREIRE
Petit-fils d’un philologue célèbre, Emile Pereire naquit en 1800, dans la ville de Cordeaux, où il lit ses études. Il vint à Paris à l’âge de vingt-deux ans, ut entra à la Bourse. Il (ut employé par le baron de Rothschild qui le vit, avec peine, essayer de voler de scs propres ailes , et conserva, pendant longtemps, tout meublé le cabinet du petit Perdre, pour lui rendre sa place dans le cas où la Fortune qu’il courtisait ne lui serait pas favorable.
En 1828, Emile Pereirc entra dans la religion sainl-simouieuuc, à laquelle il appartint jusqu’à la dispersion des disciples du père Enfantin.
Pendant cette époque de sa vie Emile Pereire fut attaché comme écrivain d’économie politique à différents journaux, le Globe et le National de 1852, dont le rédacteur était Armand Carrel. Il écrivit des articles clans le Producteur. Ces travaux ont été recueillis par son ami feu Guéroult, rédacteur en chef de l’Opinion nationale.
Emile Pereire se sépara du National pour entreprendre la construction du chemin de fer de Paris à Saint-Germain, opération considérée par les meilleurs juges comme très-dangereuse. Pereire, à force d’éuergie, eut raison des critiques et triompha sur toute la ligne.
Les D’Eiehtal, les Thurncyssen, et même les Rothschild avaient souscrit une somme de cinq millions qui leur donna de très-beaux dividendes. Ce succès décida de la construction, parles mêmes capif 'listes, de la ligne du Nord. C’est dans la création de la compagnie de Lyon, et dans sa réorganisation,
après une tentative d’achat direct, que se distingua surtout Emile Pereire.
L’avéneinent de l’empire permit à Emile Pereire, assisté de son frère Isaae, de donner un nouvel essor à ses entreprises. Le lendemain de l’émission, les ac- ; tions du Crédit mobilier se vendaient en bourse | 5 fois 1/2 leur valeur. On n’avait pas vu pareil en- 1 gouement depuis Law et la rue Quincampoix.
Cette société qui, comme la compagnie des Indes, devait fatalement avoir son jour de revers, créa cependant la grande compagnie du gaz Parisien, la grande compagnie des omnibus, la grande compagnie j des chemins de fer russes, le grand Hôtel du Louvre, toutes entreprises prospères. Les grands magasins du
Louvre doivent également leur existence à rereire.
Emile Pereire fut nommé, en 18(55, membre du Corps législatif, mais il eut le bon sens de ne point courir devant un échec aux élections de 180!). Les revers du Crédit mobilier déterminèrent à la fois sa retraite de lu politique et des affaires.
Le nom d’Emile Pereire figurera cerlainemcnt parmi ceux des grands financiers. Les jugements les plus divers seront portés sur la nature de sou inlluence. Mais personne, parmi ses adversaires mêmes, ne pourra s’empêcher de reconmûlie qu’il a fait preuve d’une grande puissance d’organisation et d une énergie prodigieuse. Personne ne pourra nier que, par le rôle considérable qu’il a joué dans la création des chemins de fer français, il n’ait aussi sa place marquée dans le domaine de la science.
Nous avons rappelé précédemment les elforts du grand banquier dans la construction de ce premier chemin de fer dans notre pays 1 , et nous avons vu contre quels obstacles sa volonté devait se heurter. Nous ne reviendrons pas sur les faits de cette histoire si bien connue, et qui, malheureusement, est presque toujours celle des inventions nouvelles.
1 Voy. la Rature, 11 “ 85, du 10 janvier 1875, p. 108.
Le Propriétaire-Gérant : G. Tissasiiier,
Éinile l’crcire.
CORRii L. Tyy. et stor. Cuüts.
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