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DE LONDRES

Depuis quelques années surtout, le goût des études microscopiques s’est fort développé en Angleterre. Non-seulement des sociétés, des clubs de microscopie se' sont formés dans les grands centres et se sont créé des organes de publicité spéciaux, mais le microscope, et, à sa suite, les appareils de projection ont pénétré dans les familles, et contribuent à répandre la science de la nature. Enfin, par l’effet d’une fraternité scientifique à laquelle nous ne sommes pas encore habitués dans notre pays, il n’e4 pas rare de voir annoncer, dans les revues popu-

laires, que M. B..., par exemple, a pu se procurer en nombre des diatomées, ou d'autres préparations microscopiques, et qu’il est prêt à en envoyer aux amateurs qui lui feront parvenir une enveloppe timbrée et portant leur adresse.

Voici, d’après le Science-Gossip, le compte rendu de la dernière soirée de la Société royale de microscopie, tenue le 9 décembre 1871, à King’s College.

L’exposition des appareils était exceptionnellement intéressante, et témoignait du progrès dans l'optique et dans la construction d’un instrument qui deviendra bientôt indispensable dans toute demeure où l'on veut cultiver et développer l’intelligence et 1 esprit d’observation. Ce qui frappait au premier coup d’œil, c’était la variété des modèles j exposés, l'owell et Leland avaient exhibé deux de leurs superbes microscopes. Dans l’un, les lignes de Y Amphipleura pellucida se voyaient avec un objectif de 6 millimètres, ce qui n’avait pas encore été réalisé. Dans l’autre, un objectif de 3 millimètres montrait les points du P. anguliitum, et cela dans les plus mauvaises conditions, le condenseur achromatique étant tout grand ouvert. Il y avait là plusieurs magnifiques microscopes binoculaires de Stephenson ; l’un d’eux présentait des cristaux de soufre d’une grande beauté, déposés, nous dit-on, du sulfure de carbone sur une lame de verre. Des microscopes de Ross, nouveau modèle, celui imaginé par M. Wenham, servaient à montrer diverses préparations; une, entre autres, incompréhensible phénomène, laissait voir un morceau de cristal de roche contenant de petites cavités dans chacune desquelles on voyait une molécule sans cosse en mouvement. Plus loin, grâce à un réflecteur éclairant de Wenham, une écaille de Podure (Lepidocyrlus curvicollis) se détachait sur un fond noir, avec scs stries brillantes. ! A l’écart, comme un noble personnage qui s’isole de j la foule, s’étalait un grand microscope de R. et J. Beck, en argent massif, et pourvu de tous les accessoires, également en argent. Cet instrument de luxe, destiné à un savant américain, ne valait pas moins de 12,500 francs; c’était le lion delà soirée, et peul-être le microscope le plus cher qu’on ait jamais fait. Après un si nohle instrument, il n’est plus possible de décrire les humbles microscopes de cuivre qui pullulaient dans la salle.

Mais ce qui doit surtout attirer notre attention, c’est moins la beauté des instruments que l’usage qu’on sait en faire; et, sous ce point de vue, la soirée était vraiment remarquable. L’exposition des dissections d’insectes de M. Loy était une merveille. Plusieurs présentaient le système musculaire de grandes chenilles de Lépidoptères; d’autres montraient les glandes salivaires d’insectes, etc. Tous les spécimens étaient teints de différentes couleurs, montés au liquide, dans de grandes cellules, sur des lames de 10 centimètres sur 5, et avec la perfection inimitable qui fait l’admiration des amis de M. Loy. Plusieurs avaient voulu l’aider à montrer ces préparations, et une table était consacrée à cette exhibi-

tion. Les glandes salivaires des insectes, qui ont été l’objet de récentes discussions au club Quekett, attiraient principalement les observateurs. Ou voyait également d’autres dissections d’insectes, par M. Tatem. M. Guimarens exposait une série intéressante de préparations par Bourgogne (de Paris), offrant à tous scs états le parasite de la vigne, le célèbre Phylloxéra. Près de là, M. Fitch montrait sur une lame de verre une araignée du genre Phalangium, sur le dos de laquelle une mite rouge, probablement un jeune Trombidium, sc tenait fixé, attaquant les yeux. Le docteur Gray avait disposé sous une lamelle un morceau de la peau du cou d’une poule domestique de Ceylan, qui était complètement cache à la vue sous une masse compacte de puces. Le spécimen n’avait guère que 2 cenlimètres carrés, et on y pouvait compter une centaine de puces. Chacune (il n’y avait qu’un ou deux mâles dans celte niasse) avait profondément enfoncé ses suçoirs dans la peau. Les individus isolés et montés à part offraient une certaine ressemblance avec la Chique des Indes Occidentales.

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