PAR LA PHOTOGRAPHIE MICUOSCOPIQUE
11 estsouvent très-important, en chimie ou en cristallographie, de pouvoir saisir exactement les formes délicates des cristaux que l’on examine au microscope ; mais le dessinateur le plus consciencieux ne peut pas toujours reproduire les finesses de ces cristallisations.
11 semblerait que tous les cristaux puissent être indistinctement fixés par la photographie microscopique; mais leur excès de relief ou leur trop grande translucidité nuisent très-souvent à la netteté des épreuves. S’ils sont trop opaque.-, la lumière réfléchie ne fait pas ressortir leurs détails; s’ils sont trop transparents le défaut d’ombres rend leurs formes insaisissables. De plus l’épaisseur du cristal est un obstacle à la production d’une image nette, puisque les objectifs dont on fait usage sont composés de plusieurs lentilles, combinaison ne donnant qu’un seul plan bien net.
Il existe- cependant une assez grande quantité de cristaux qu’il est facile de fixer à l’aide de la photographie. Nous donnons ici le fac simile d’une épreuve de sel ammoniac cristallisé au soin d’une goutte d’eau, sur le porte-objet du microscope.
11 ne suffit pas de déposer quelques gouttes d’une solution saline sur une plaque de verre, pour la soumettre ensuite à l’objectif ; il est nécessaire de diluer le sel à différents degrésetd’en laisser cristalliser un spécimen de chaque sorte. Ou aura ainsi la faculté de choisir le degré de concentration, où les caractères cristallographiques seront le mieux appropriés aux
exigences de la photographie, comme formes plus délicatement groupées, ou comme transparence avantageuse à la pénétration de la lumière.
La méthode la plus simple pour photographier les cristaux consiste à se servir du microscope ordinaire , à corps inclinant placé dans la position horizontale. On le dispose dans un laboratoire obscur sur une tablette près d'une fenêtre bouchée avec un volet auquel on ne laisse qu’un tout petit jour, destiné au passage des ravons solaires réfléchis. Extérieurement on a installé uuhéliostat, ou, à son défaut, le miroir concave du microscope.
Le faisceau lumineux passe à travers la lame de verre contenant le sel cristallisé, puis à travers l’objectif destiné à l’amplification de l’image. Il se pro-
jette ensuite, dans le laboratoire obscur, sur un écran monté à l’extrémité d’un bâtis mobile garni de coulisses, permettant de l’approcher ou de l’éloigner de l’appareil amplificateur. Au moment voulu, on
lui substitue la glace sensibilisée et l’on opère au moyen des procédés ordinaires.
Il faut se mettre en garde contre un trop fort grossissement; dans de telles circonstances 1 image trèsagrandie ne s’obtiendrait qu’au détriment de la netteté. Un petit objectif dont les lentilles ont un centimètre de diamètre , paraît être très-bien approprié à ce genre de travail.
On doit recommander de prendre plusieurs épreuves d’un même sujet, afin de choisir définitivement celle qui met en évidence, dans les meilleures conditions, la nature du système cristal-
Fig. 1. — Disposition de l'appareil de photographie microscopique.
Kig 2. — Fac-similé d’une photographie microscopique de cristallisations de chlorhydrate d’ammoniaque.
lin, auquel appartient la matière saline à l’étude. Cette précaution est surtout utile pour certains produits où il suffit d’une légère différence dans la saturation, pour donner des effets distincts les uns des autres. Aussi, quand on voudra entreprendre la photographie de cristaux, il est nécessaire d’avoir un certain nombre de glaces couvertes des
cristallisations avant d’entreprendre les opérations.
Avec quelque pratique et un certain nombre d essais préliminaires, la photographie microscopique donne d’excellents résultats ; elle doit être considérée comme un des plus précieux auxiliaires du micrographe. J* Gihamk