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ET SIR WILLIAM JARDINE

Nous reproduisons ci-dessous, d’aprcs des photographies, les portraits des deux savants anglais enlevés à la vie et à la science vers la fin de l’année qui vient de s’écouler. Nous n’avons rien à ajouter à la notice que nous avons publiée précédemment sur l’illustre ingénieur Fairbairn mais nous devons donner quelques détails sur la vie et les travaux du naturaliste Jardine, dont nous n’avions pas encore annoncé la mort plus récente.

Sir William Jardine, baronet, est né en 1800, et

a fait son éducation à l’université d’Edimbourg, sa ville natale. Dès sa première jeunesse, il montra un goût prononcé pour les recherches scientifiques, et surtout pour les diverses branches de l’histoire naturelle. Botaniste éminent, géologue distingué, antiquaire émérite, il possédait eu outre, des notions' étendues en zoologie et en ornithologie, où il se trouvait comme dans son véritable clément. Ardent chasseur, sir William a recueilli lui-même les pièces de sa collection, précieux objets d’observations rigoureuses. Il aimait à poursuivre les oiseaux qu’il voulait étudier, à travers les champs ou le long des rivières. Il savait abattre un oiseau d’un coup de fusil tout aussi bien qu’il savait ensuite en donner

Sir William Jardine, mort le 21 uovembre 1874 Sir William Fairbairn, morl le 18 août 1874.

une description exacte par la plume et par le crayon. Il gravait lui-même les bois qui accompagnaient ses ouvrages; il empaillait les animaux avec un rare (aient et excellait dans l’art difficile de donner à l’animal l’attitude de la vie. Son muséum de Jardine Hall est l’une des collections privées les plus riches de l'Europe. Infatigable écrivain, sir Jardine a laissé une longue liste de travaux manuscrits ou imprimés qui sont connue le témoignage d’une existence extraordinairement remplie et d’une activité peu commune.

Dumfriesshire fut son habituelle résidence. Malgré ses occupations multiples, sir Jardine a encore trouvé le temps de prendre une pari active au mouvement des affaires publiques de ce comté. A l’époque de la peste bovine qui ravagea le pays, il se mul-

' Voy. la Nature, 2 4 semestre, n‘ 70, 7 novembre 1874, p. 304.

tiplia pour combattre les progrès du mal. Il se présenta aux élections comme candidat conservateur au Parlement, mais se retira avant la lutte. En 1841, il fut désigné comme lieute.iaut député du comté, et, en 1860, il fut nommé membre de la commission d’enquête sur la pêche du saumon. Sir William Jardine a fait partie de plusieurs sociétés savantes. Il s’est marié deux fois : en 1820 et en 1871. Il hérita de la baronie en 1821. Son fils aîné, Alexandre, né en 1829, est aujourd’hui héritier du titre.

La vie de ce naturaliste anglais, comme celle de l’ingénieur Fairbairn, est un bel exemple de ressources que fournissent à l’intelligence un temps bien employé, un travail assidu, une vio active, une persévérance à toute épreuve. Les fruits de la science ne se recueillent en effet, que par une constante culture de l’esprit.

CHRONIQUE

f,i» nouvelle apparition de la compte lVrii-

nerke. — Un télégramme arrivé jeudi matin à l’Observatoire de Paris, a annoncé que la comète de Winnecke a été retrouvée par M. Stephan, l’habile directeur de cet établissement. La comète était déjà assez forte pour qu'il fût possible de la voir avec un chercheur. C’est un nouveau triomphe pour l’Observatoire de Marseille, qui, comme M. Le Verrier l’a annoncé à l’Institut, a déjà retrouvé la comète de Encke également attendue pour la fin de janvier ou les premiers jours de février. Les astronomes se trouvent donc en règle avec les comètes périodiques, dont le nombre est maintenant assez considérable pour que la connaissance des temps leur consacre un tableau. C’est la première fois que ce résultat est obtenu, car dans son avant-dernière apparition la comète Winnecke avait fait défaut.

Il n’est point inopportun de rappeler que ces deux comètes ont été toutes deux découvertes à Marseille, celle 1 de Encke, le 20 novembre 1818 et celle de Winnecke, un an après par Pons, alors simple concierge de la maison dans laquelle se trouvait le petit observatoire de ce temps- I là. La comète Winnecke accomplit sa période en 2401) jours ! environ, celle de Encke eu 1210. L’inclinaison de la comète Winnecke est à peu près pareille à celle de Encke, c’est-à-dire peu considérable. L’excentricité de la première, sans être excessive, est beaucoup plus grande que celle de la seconde ; elle ne pénètre pas jusqu’à l’orbe de Mercure et semble être susceptible d’éprouver le même sort que la comète l.exell et d'être renvoyée dans l’espace infini par un effet singulier de l’attraction.

La comète de 1819 (la troisième do l’année) est restée jusqu’en 1858 sans reparaître. On l’avait oubliée entièrement lorsque M. Winnecke, alors astronome à Rome, fit l'observation d’une comète dont Encke calcula les éléments. Il les trouva identiques avec ceux de 1819 et annonça que la comète était revenue sept fois dans l'intervalle sans avoir été aperçue une seule fois. Cette partie de son assertion ne tarda pas à être justifiée, car en 1865 la comète ne reparaît pas, mais il en fut autrement en 1869, où M. Winnecke, alors astronome à Bonn l’observa Son nouveau retour n’était pas attendu sans quelque anxiété, car on ne l’avait pas encore une seule (ois vu revenir dans deux apparitions successives. Ces doutes se trouvent levés.

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