I.i» guerre aux pierrots en Australie. — Un
meeting public a clé tenu à Heidelberg, colonie de Victoria le 4 novembre 1874, afin d'examiner les moyens qu'en pourrait employer pour mettre fin aux ravages sans lin causés aux agriculteurs par les moineaux. Une Société s’est formée dans ce but, et M. C. Maltingley en a été élu secrétaire honoraire et trésorier. Les résolutions suivantes ont été adoptées: 1’ Le droit d'entrée dans la Société est de 2 schellings 6 deniers ; 2° La souscription est de 1 sch. par mois depuis le 4 novembre et payable d'avance ; 5” La Société payera 1 sch. la douzaino de moineaux et 6 d. la douzaine d’œufs. U serait à souhaiter, ajoute le journal auquel nous empruntons ces détails, l 'Australasian, que des mesures semblables soient prises dans toute la colonie, car la récolte entière des cerises est aujourd'hui faite avant que les fruits aient seulement rougi d’un seul côté. Le remède employé de payer les oiseaux et les œufs est vraisemblablement le seul qui puisse mettre fin à ce fléau. Le temps de l’hoinmeatrop de valeur pour qu’il puisse le passer à détruire cette peste, et les vignerons, aussi bien que les
cultivateurs, se voient obligés d’avoir recours à la passion destructive des enfants (cet âge est sans pitié !) que développera sans doute cncoro l’appât d’une récompense. On doit se rappeler que les moineaux et les antres petits oiseaux ne sont pas originaires du pays, qu’ils y ont été importés à grands frais, qu'un grand nombre d’entre eux et notamment ceux d’Angleterre n’ont pu résister au changement de climat et que seuls ceux qui viennent des environs de Francfort ont donné naissance à cette race prolifique insolente et pillarde qui fait aujourd’hui le désespoir des colons de Victoria.
Mines «le houille dans l’Inde. — D'après VEiujineer, les mines do charbon de l’Inde peuvent être divisées en quatre groupes, savoir: 1° celles du Bengale, comprenant les charbons des collines de llajmahal et de la vallée de Damuda ; 2“ celles de Rewab, Sirguja, Bllospur, Cliulin, Nagpur, etc.; 5° celles de la vallée de Nerbudda et des collines situées au sud de cette vallée; 4° enfin, celles de (.banda et Godavery. Le gisement le plus important est celui du Raniganj, commençant à 120 milles environ au nord-ouest de Calcutta et s’étendant à 18 milles vers le nord. Ce gisement fournit environ un demi-million de tonnes par an ; ce qui est six fois la production des autres gisements ensemble. Les filons qui sont exploités varient on épaisseur de 4 à 35 pieds. Les divers groupes quenous avons énumérés contiennnent environ 18 gisements. Dans chacun de ces groupes le charbon est généralement concentré dans un filou principal d’une grande épaisseur, et les différents lits vont toujours en s’amincissant vers l’ouest.
Un écho singulier. — Il y a un grand nombre d'échos, tous plus ou moins singuliers ; mais en voici un, remarquable entre tous, silué à l’ouest d’un lac d’eau salée qui se perd dans la rivière de Clyde, non loin de Glascow. Ce lac, dit le journal les Mondes, est environné de toutes paris de collines, dont quelques-unes sont des rochers arides; les autres sont couvertes de bois. Voici un fait qui prouve combien cet écho est extraordinaire. Quelques personnes, pour s’en convaincre, ont mené sur le lieu un homme qui sonnait parfaitement do la trompette; il s’est placé sur une pointe de terre que l’eau laisse à découvert, il s’est tourné du côté du nord, et il a sonné un air de huit demi-brèves, et s’est arrête. Aussitôt un écho a repris l’air, qu’il a répété très- distinctement et très-fidèlement, mais deux Ions plus bas que la trompette; quand cet écho a eu fini, un autre écho, d’un ton encore plus lias, a répété le même air avec la môme exactitude ; ce second écho a été suivi d’un troisième qui a été aussi fidèle que les deux premiers, à l’exception d’un ton qui élait à l’égard du second ce que celui-ci élait à l’égard du premier, et le premier respectivement à la trompette, et l’on n’a plus rien entendu. On a répété plusieurs fois l’expérience, qui a été toujours également heureuse.
Extinction «1cm incendies dans les mines de houille. — Il est très-difficile deteindre un incendie souterrain dans une mine de houille. Un nouveau moyen a été essayé avec le plus grand succès, en Amérique, dans les charbonnages de la Compagnie métallurgique et houillère de Wilkesbarre. Un incendie s’élanl déclaré au fond des mines, on essaya d’abord de l’éteindre en inondant les galeries d’eau. Tous les efforts furent vains, et on dut abandonner ce moyen. On proposa alors d’envoyer dans la mine de la vapeur d’eau, au lieu d’eau, cl cette idée, ridiculisée d’abord, fut mise à exécution. Ou ferma toutes les issues des galeries, et pendant des mois, jour et nuit, on y envoya toute la vapeur et on alla explorer toutes les parties des mines, excepté celles où l’on pensait craindre le
grisou: partout le feu était éteint. Ce résultat est considéré comme un des progrès les plus importants que l'on ait réalisés dans l’industrie houillère. Si les faits que nous avons rapportés ne sont pas exagérés, on possédera à l’avenir un moyen certain d’arrêter les incendies souterrains, c'est-à-dire de surmonter la plus grande difficulté que i'on puisse rencontrer dans l'exploitation d’une mine.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Sconce du 8 février t8"5. — Présidence de M. FiiËxt.
Purification des potasses du commerce. — M. Péligot a signalé dans un récent travail les graves inconvénients au point de vue de la fabrication du cristal, de la présence des phosphates dans les potasses du commerce. Ils donnent lieu à du phosphate de chaux qui nuit à la transparence du produit. Or, M. Lagrange assure que dans les raffineries où se traite le salin de betterave, on a bien soin d'éliminer l’acide phosphorique. On se sert pour cela de carbonate de baryte, et le sel alcalin est sensiblement pur. Le même chimiste s’élève c ontre cette conclusion de 11. Péligot, que la forme des racines de betteraves dépend de la sorte de graine semée. Avec la même graine et dans des sols différents, il obtient des betteraves très-diverses; bien nouées dans les terrains meubles et convenablement amendées, elles sont racineuses dans les terrains compactes. Cette influence du sol conduit à rappeler une expérience de M. Corerixviuder qui consisle à enfouir du fumier entre deux betteraves suffisamment écartées; on les voit bientôt changer de forme, se courber et se diriger vers la matière nutritive.
Photographie du roulis. — Depuis longtemps les mouvements de la mer sont soumis à une étude approfondie, et cependant beaucoup de points restent encore à élucider : telles sont entre autres les lois du roulis. .11. Huet, ingénieur de la marine à Brest, a eu l’idée de résoudre la question par la photographie, lin appareil disposé sur le pont du navire est braqué vers la ligne d’horizon; un mouvement d’horlogerie fait avaucer la plaque sensibilisée et permet d’obtenir des épreuves séparées les unes des autres par des temps égaux. La situation de la ligne fixe sur ccs diverses épreuves, donne lieu à une courbe qui, corrigée de l’action du tangage, permet d’obtenir les angles de roulis avec beaucoup de précision.
Fécondation des champignons. — Étudiant le mycélium de certains champignons, M. Van Thicgcm est parvenu à y reconnaître l’existence simultanée d’organes mâles et d’organes femelles donnant lieu à des phénomènes de fécondation directe. Les organes mâles consistent en petits bâtonnets disposés en bouquet; les femelles ont des vésicules portant une petite protubérance en un point particulier. Les petits bâtonnets viennent s’appliquer sur cette protubérance, et il en résulte la fécondation. Les cellules femelles qui n’ont point éprouvé ce contact tombent bientôt en pourriture.
Passage de \énus. — Dès le lendemain de ses observations, M. Janssen écrivit à l’Académie une lettre dont le secrétaire donne lecture aujourd’hui. On sait que notre compatriote devait se rendre à Yokohama ; mais les renseignements pris sur les lieux, lui apprirent que les conditions climatériques de celle localité étaient extrêmement défavorables. Les points les mieux situés de tout le Japon étaient Kobé et Nagasaki. Dans cette dernière ville était d’ailleurs établie l’expédition américaine. Le 24 octobre, M. Jansen y arriva et résolut de
s’installer sur une colline très-élevée, dont le nom japonais signifie le lieu des typhons.
Le transport des 250 caisses ou colis constituant le bagage y fut très-difficile et nécessita le concours debOO porteurs. En même temps, une centaine de terrassiers et de charpentiers préparaient le terrain et construisaient les baraques. Le temps, beau jusque-là, se gâta tout à fait ; des orages violents et des rafales contrarièrent les travaux et en compromirent les résultats. L’équatorial de M. Tisserand fut renversé et la lunette brisée. Heureusement une autre lunette destinée d’abord à des observations spectroscopiques put être employée à réparer cet accident. Le temps se remitensuite et permit l’étude des instruments. Dès le milieu de novembre, M. Jansen prépara des observateurs en vue de la station de Kobé, et il se félicite beaucoup du concours empressé offert par le gouvernement japonais. La franchise fut accord c sur le réseau télégraphique et des bouts de lignes furent construits pour relier les stations. Le ciel se couvrit de nuages avant l’observation et c’est pendant une éclaircie que le premier contact lut obtenu. Vénus su montra parfaitement ronde, bien terminée, et l’on no vit aucune trace de ligaments noirs, mais il s'écoula un temps assez longs entre la tangence cl l’apparition du filet lumineux. Les photographies rendent compte de celle anomalie en montrant la planète sur l’atmosphère coronale. depuis 2 à 3 secondes de distance du bord du disque. Après le premier contact l’astre se voile, et une éclaircie presque providentielle, dit l’auteur, se produisit juste au moment de la sortie: « La Providence avait fait, au milieu de cette fâcheuse période, une courte trêve en notre faveur. » Le lendemain de l’observation, le cielsecouvrilctla pluictombasans intermittence. M. Premv, à la suite de celte lecture, signale, dans quelques paroles bien senties, le courage et le zèle des intrépides observateurs.
L'année scientifique et industrielle. — M. Dumas déposa sur le bureau le dix-huitième volume de l’année scientifique de M. Louis Figuier. Celte collection constitue maintenant un monument incomparable où l’histoire scientifique de notre temps se trouve savamment et élégamment résumée. L'astronomie, la météorologie, la mécanique, l’art desconstructions, la chimie, l’histoire naturelle, l’hygiène et la médecine, l'agriculture et les arts industriels, viennent successivement fournir au nouveau volume leur contingent du faits intéressants. Une notice nécrologique, malheureusement trop longue, termine l’ouvrage qui tient lieu, à lui seul, de toutes les publications périodiques publiées tant en France qu’à l’étranger.
Stanislas Meunier.