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L’ILE TRISTAN D’ACUNHA

Le terrible naufrage du navire le Cospatrick, incendié en mer, a appelé l’attention publique sur ce point éloigné du monde, et cela à cause d'une erreur de transmission télégraphique. En elfet, le Times de Londres avait compris d’abord que le sinistre s’était produit par 33° do latitude australe et par 14° de longitude occidentale. C’était par 14° de longitude orientale qu’il aurait fallu lire.

L’horrible drame dont les journaux ont tant parlé s’est passé dans le sud de l'océan Indien, au lieu de se passer dans le sud de l'Atlantique. Mais la méprise que nous venons de signaler, a fait d'abord songer à envoyer un steamer à Tristan d’Acuuha pour chercher les malheureux échappés à l’horrible conflagration. .

On a renoncé à ce projet devenu inutile, mais l’île Tristan d’Acunha n’en a pas moins été l’objet de renseignements d’un intérêt peu commun, que nous avons cru devoir recueillir.

La superficie de Hle est à peu près celle de Paris depuis les annexions , mais au centre de cette surface, si limitée, s’élève un cône montagneux dont la hauteur dépasse 3000 mètres. La base de cette étonnante pyramide est baignée dans l’Océan le plus tempétueux du monde, et son sommet s’élève au-dessus de la région qu'habitent ordinairement les nuages.

On comprendra facilement combien les paysages d'uuecontrée, constituée d’une manière aussi étrange, sont étrangement pittoresques. Cet immense pain de sucre est découpé par une multitude de ravins inouïs. Les pentes sont si roides qu’on ne saurait songer à les utiliser pour la culture. 11 descend de ces hauts sommets une multitude de torrents, de cascades continues, alimentées par les orages.

On ne peut réellement utiliser qu'une superficie de 300 hectares, situés, il n’y a pas besoin de le dire, sur le bord de la mer. Cependant le climat est si tempéré, et la terre végétale est si abondante que les habitants ont pu cultiver dans l’île, en quantité considérable, des légumes qu’ils allaient vendre au Cap. Nous allons raconter à la suite de quelles circonstances.

L’ile fut découverte en 1506 par les navigateurs portugais qui doublaient le cap de Bonne-Espérance, ainsi que ses deux annexes, l'ile, à juste titre appelée Inaccessible, et l’île du Rossignol. L’île d’Acunha, la troisième du groupe, ainsi appelée du nom du célèbre navigateur portugais, était complètement déserte. Il n’y avait guère que des oiseaux et des veauxmarins.

Un peu après la déclaration d’indépendance des États-Unis, un Américain, nommé Jean Lumpert,

Le roi de 1 ile d’Acunha .

cul l'idée de s'y établir. Il se déclara roi de l'Archipel, et Sa Majesté, qui avait une douzaine de mauvais sujets sous son sceptre, se mit à faire la chasse aux veaux-marins pour vendre leur huile à ses voisins du Nord. L’entreprise commerciale réussit, niais la dynastie ne put jeter des racines profondes, et l’i'e serait devenue de nouveau déserte si Napoléon Bonaparte n’avait été emprisonné à Sainte-Hélène.

L’Amirauté britannique, qui redoutait toujouis quelque tentative d’enlèvement , crut prudent de faire occuper militairement un certain nombre de points, et notamment liled’Acunha. On y construisit une sorte de château où l’on envoya une garnison commandée par un sergent, nommé Gloss.

Ce sergent prit goût à la | osition exceptionnelle que le contre-coup des grands événements d’Europe

lui avait créée. Quand l’Amirauté se décida à évacuer l’ile, Glass refusa de partir; il prit la résolution de régner sur Tristan d’Acunba pour son compte. Quelques soldats de la garnison agirent de meme, et, comme les fondateurs de l’ancienne Rome, allèrent chercher des femmes chez leur-' voisins. Il est vrai,

qu’au lieu d’avoir a enlever des Sabines, ils n’eurent qu’à acheter quelques Vénus hottentotes qui , à cette époque , ne se vendaient pas cher.

En 1852, lorsque le capitaine Durham, de l’Amirauté britannique, visita l’archipel pour en faire la carte , Glass régnait encore. Le nombre de ses sujets avait augmenté, grâce à son action personnelle aussi bien qu’à l'excellence de son gouvernement, car le dernier recensement constatait que, sur 85 personnes, figuraient 15 personnes de sa famille ; sa femme, 7 garçons

Vue de l’ile Tristan d’Acunha, à 25 kilomètres en mer.

Vue* de l'ile à 5 kilomètres en mer. (D’après un croquis fait d’après nature.)

et 8 filles. La société des Missions de Londres s’était nquiélée del’avenir de cette petite communauté, qui vivait sous le régime patriarchal, et elle avait envoyé à Tristan d’Acunha un ministre qui avait érigé une petite église et qui s’adonnait à l’instruction des entants. Lorsque le capitaine Durham visita l'ile, tout le monde savait lire et écrire. L’anglais était la langue universellement adoptée. On se fût cru dans une petite colonie anglaise.

Glass, bon vivant à ce qu’il paraît, représentait à

merveille le roi d'Yvetot, au milieu d'incessantes tempêtes. Ce royaume, moralement calme possédait sa marine. Quelques bateaux pêcheurs qui naviguaient sans pavillon allaient porter des légumes au Cap. Ils se rendaient quelquefois au devant des rares navigateurs, écartés dans ses parages, pour leur offrir des rafraîchissements.

Glass étant mort peu après cette visite, un certain nombre d’habitants désertèrent leur nouvelle patrie. 11 n’y a pas de cour an monde où le verè sacrum ne

se fasse sentir. Le commerce avec le Cap fut à peu près interrompu; mais, il y a quelques années, un navire anglais eut occasion de visiter ces nouveaux Ro- Linsons. L’équipage descendit à terre et l’on trouva que le nombre des habitants était tombé à 35. Ces colons avaient élu pour roi un habitant qui n’appartenait pas à la famille de Glass.

Peut - être ce monarque règne -t- il encore sur un peuple heureux. Nous donnons le portrait de cet homme, dont César eût envié le sort s’il eût été réduit à être le se-

de son avènement. Le recensement de ses États n'était pas long à faire, car il n’y avait en tout que

cinq maisons. Mais il n’y avait qu’un seul individu mécontent de son sort:

c’étaitunbeaujeune homme brun , qui s’y trouvait mal à l’aise et se promettait d’émigrer bientôt. Il n’avait pas tort, il faut en convenir. En effet la seule fille à marier était une de ses sœurs. Les dames étaient noires, mais leur figure était gracieuse et leur éducation n’avait point été négligée, car presque toutes jouaient de l’harmo- Tiistan d'Aointu. nium et du piano.

Nous représentons

coud à Rome ; mais Los rabisss de

le nom de ce souverain, omis par l'almanach de Cotha, ne nous est point I ci-les<ous un de cesciricux oneerts auxquels ont parvenu. Il n’a pas fait de notification officielle lors 1 assisté les officiers du naviiv. Cette gravure et les

tu concert à l’ile d'Acunha. (D’après le croquis d’uu membre de la dernière expédition anglaise.)

autres vignettes qui l’accompagnent ont été reproduites, d’après des croquis rapportés de Pile d’A- < unlia, par la dernière expédition anglaise.

Tels sont les détails que nous avons pu recueillir

sur l’Etat le plus petit du monde. Les passions n’ont point encore pénétré chez ce peuple qu’admirerait Rousseau, et qui a débuté dans l’histoire d’une façon si curieuse. W. de Fonyiklle.

CHRONIQUE

Distillation de l’eau de mer. — Le Scicnlific american indique un moyen très-simple, employé au Pérou, pour opérer la distillation de l’eau de mer. 11 consiste dans la construction d’une caisse en bois quelconque recouverte par un châssis incliné, en verre. On introduit l’eau salée dans la boîte, les rayons du soleil frappant sur le châssis ne tardent pas à produire une évaporation qui se traduit par le dépôt d’une buée sur l’intérieur du châssis; peu à peu des gouttelettes se forment ; il suTit d’établir un petit conduit collecteur pour récolter la vapeur ainsi condensée. Chaque mètre carré de verre condense environ 10 litres d’eau par jour.

Le mal de mer. — Dans un article que le docteur Bennet a récemment publié en Angleterre, nous relevons quelques observations très-importantes sur le mal de mer.

Ces observations ont pour elles la sanction d’une longue expérience de l’auteur, qui, 50 ou 40 fois a traversé la Manche. Selon les opinions les plus répandues, les désordres gastriques et nerveux qui causent ce mal, doivent s’attribuer au ballottement, à la secousse que l’ondulation de la mer transmet aux viscères et aux humeurs qui les remplissent. De là il résulte que les organes de l’abdomen, successivement refoulés les uns contre les autres, sont comprimés, et pour peu que l’estomac contienne do nourriture, la digestion est arrêtée, et les vomissements surviennent. Cet effet dure assez longtemps, et quand l’estomac est entièrement vidé, c’est le tour de la bile ; en effet, le foie, moins mobile que les autres viscères, est plus qu’eux maltrailé et comprimé. La conséquence pratique que le docteur Bennet déduit de ce fait, c’est que la précaution de manger peu avant l’embarquement, pour éviter le mal de mer. conduit à un effet diamétralement opposé. Le docteur conseille donc de ne pas mettre moins de cinq heures entre le repas et l’embarquement. Puis, deux heures avant le départ, il recommande un breuvage excitant et tonique, tel que le café, le thé, etc., afin de vider tout à fait l’estomac, et de fortifier le système nerveux.

Une fois à bord, l’on doit se tenir dans un repos complet, rester couché, serrer le corps par une ceinture, afin de préserver des secousses les organes, cl ne rien manger ni boire avant la fin des douze premières heures de traversée, c’est à-dire tant que l’estomac n’est pas habitué à celte ondulation. M. Bennet assure que ces précautions sont infaillibles contre le mal de mer, du moins dans les courtes traversées.

La tète de Cromwell. — line polémique est engagée depuis assez longtemps dans la presse anglaise, relativement à un crâne que certaines personnes regardent comme étant celui de Cromwell. Comme certaines revues anciennes ont affirmé que le cerveau du protecteur pesait 1 kil. 715 (rien pourtant n’est moins authentique), on propose aujourd’hui de s’assurer si le crâne en question répond bien à un cerveau qui pèserait 1 kil. 715, et cela en remplissant le crâne de sable fin pour en déterminer la capacité (procédé B. Davis), et en tenant compte de la différence de pesanteur spécifique du sable et de celle de la matière cérébrale. ( Gazette de médecine.)

Le» vivisections devant les tribunaux anglais. — M. Mdgnan et les secrétaires du Brilish medical Association viennent d’être appelés devant le tribunal de Norwich, à la requête de la Société anglaise protectrice ^

des animaux. M. Magnan était accusé d’avoir, au mois d’août 1874, pratiqué des expériences sur des chiens, afin défaire connaître les effets de l’alcool et de l’absinthe. Une altercation assez vive, du reste, avait eu lieu au moment où les expériences étaient pratiquées entre quelques-uns des membres de l’Association. M. le président du collège des médecins d’Irlande prétendait que les effets de l’alcool et de l'absinthe étant connus, il n’était pas nécessaire défaire souffrir les animaux. Cette opinion a été partagée par quelques-uns des médecins ; mais, hâtons-nous de le dire, la grande majorité des membres a engagé M. Magnan à poursuivre ces expériences.

Pour en revenir au procès qui vient de se dérouler devant la cour de Norwich, le résultat a été satisfaisant pour l’honneur de la France et de M. Magnan; les secrétaires de l’Association ont été acquittés ; la Société protectrice a été condamnée aux frais.

Diminution du temps de pose en photographie. — Depuis plus d’un an on revient à des procédés curieux employés au commencement de l’invention de la photographie. On savait alors qu’en employant une chambre noire à parois intérieures blanchies, le temps de pose était raccourci. Le fait était si ridicule qu’on n’y croyait point, et cependant il est exact.

Il est bien certain qu’une glace au collodion exposée à la chambre noire, puis exposée un instant très-court à la lumière diffuse très-affaiblie, permet de développer une image parfaitement fouillée dans ses détails, avec un temps de pose de la moitié qu'il aurait fallu autrement. Mais voici ce qui est plus curieux, et ce dont les journaux anglais s’occupent beaucoup: L’image est mise au point, l’objectif étant muni d’un diaphragme assez petit pour donner une netteté sur un plan focal d’une étendue relativement considérable. Supposons que le diamètre de ce diaphragme, exprimé en rapport de la longueur focale de l’objectif, soit fj 10, et l'objectif employé sans diaphragme fj A. Le rapport donc do i’dluinination de l'image avec le diaphragme et sans diaphragme est de 16 à 100, ou à peu près de 1 à 6.

Supposons que, suivant les procédés ordinaires, un temps de pose de 1Ü secondes soit nécessaire avec l’objectif sans diaphragme, avec le diaphragme il en faudrait GO. L’on expose seulement 10 secondes, puis, pendant la pose, on enlève le diaphragme, et on continue d exposer 5 secondes. En somme donc, le temps de pose est réduit à moitié; mais ce qu’il y a de plus curieux, c'est que la netteté de l’image ne serait pas la moyenne entre celle de l’objectif muni du diaphragme et celle de l’objectif sans diaphragme, mais celle du premier. L’effet du second consisterait simplement à continuer l’action commencée par la lumière. Il est certain que ce sont là des recherches qui méritent d’être examinées, répétées, et surtout étudiées avec plus du soin, de précision, que les photographes n’y mettent d’ordinaire. Monkuove.v.

BIBLIOGRAPHIE

Annuaire pour l'an 1875, publié par le Bureau des longitudes. — Paris, Gauthier- Villars, 1875.

Annuaire météorologique et agricole de l'Observatoire de Montsouris , pour l'an 1875. — Paris, Gauthier-Yillars, 1875.

Bateau sous-marin à voie ferrée pour traverser la Man -

che , par le docteur I.acomme. — Paris, imprimerie Martin tt G 1 *, 1875.

Prolegomeni allô studio delle Burratche del clima di Borna, par Giuseppe Lais. — Roma 1873.

Cours de géologie comparée, par M. S. Meunier. • — Paris, Finnin Didot.

Dans sa séance des 16/29 janvier 1875, la Société impériale des naturalistes de Moscou a entendu un rapport de M. le professeur FranUchold sur le cours de géologie comparée, de M. Stanislas Meunier. A la suite de ce rapport, notre collaborateur a été élu membre actif de la Société.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 15 février 1875. — Présidence de M. FnÉvv.

Étude microscopique du pus. — On se rappelle comment le pus des plaies chirurgicales, examiné au microscope par toute une commission académique, s’est montré plein de vibrions et de bactéries, alors même qu’un pansement à la ouate préservait ces plaies du contact de l’air. M. Pasteur, qui ne veut à aucun prix admettre la production spontanée d’un organisme, soutenait véhémentement que les germes de ces infusoires avaient pénétré par les interstices du pansement; si l’on obtenait l’occlusion complète, disait-il à peu près, jamais les microzoaires n’apparaîtraient. Et l’on se rappelait naturellement les expériences du même chimiste, d’où il concluait que du sang tiré de la veine avec des précautions minutieuses, puis placé dans un ballon au contact d’un air purifié, pouvait rester des années entières sans donner lieu au développement de proto-organismes. C’est dire que, pour M. Pasteur lui-même, les cellules du corps vivant et ses vaisseaux sont imperméables aux germes. Or, voici qu’aujourd'hui M. Gosselin résume des recherches de M. Bcrgeron, dont le résultat final est loin de s’accorder avec les théories de M. Pasteur. C’est encore du pus qu’il s’agit; mais celle fois, au lieu de le prendre b la surface plus ou moins mal garantie d’une plaie, c’est dans un abcès absolument clos qu’on va le recueillir. Ici, d’après M. Pasteur lui-même, il est de toute impossibilité que les germes pénètrent, et par conséquent il est pour ainsi dire oiseux de chercher des infusoires. M. Bergeron examine d’abord le pus provenant d'abcès froids, c’est-à-dire dans lesquels on n’observe pas d'inllamination. Il en étudie successivement un grand nombre sur des sujets des deux sexes, et dont l’âge varie beaucoup ; jamais le moindre animalcule ne se montre. La théorie Pasteur peut en faire son bénéfice : elle n'a pas longtemps à en jouir. M. Bergeron passe ensuite aux abcès chauds, et, en premier lieu, à ceux fournis par des enfants ou des adolescents. Ici encore, rien.

La panspermie peut s’en glorifier jusqu’à la troisième série d’observations de notre auteur qui, étudiant les abcès chauds chez les adultes, trouve partout des myriades de vibrions et de bactéries. Vous croyez peut-être que M. Pasteur a opposé quelque objection à ce fait si accablant pour sa théorie ; mais quand on songe à tous les autres analogues qui ont commencé à ouvrir la brèche dans l’édifice de l’illustre savant, on conçoit le découragement qui doit s’emparer de son esprit, jadis si fertile en théories du moment, et l’on prévoit l’époque bien rapprochée sans doute où il sera enfin fait table rase

de tant de suppositions mises à la place des faits. Rappelons seulement que depuis bien longtemps M. Trécul a insisté sur la formation spontanée des amvlobacters au sein des cellules .végétales. Cette production est analogue à celle que M. Bergeron signale aujourd’hui, et les deux observations se prêtent une force mutuelle.

Développement des grégarines. — Les grégarines sont des petits êtres parasites tantôt composés d’une seule cellule et tantôt hicullulaires, au milieu desquels, pour toute organisation, on aperçoit un noyau. Sonl-cedes végétaux? sont-ce des animaux? les botanistes sont de la première opinion ; les zoologistes de l’autre, et la question resto pendante.

Dans tous les cas, à certaines époques, les grégarine s'enkystent, c’est-à-dire s’enveloppent d’une paroi dure et semblent parfaitement moites. Mais au bout de peu de temps il se produit à leur intérieur d'autres petits êtres dits pseudo-naviculcs d’où sortent à leur tour des ainyles ou desprolées classées parmi les infusoires les plus inferieurs que l’on connaisse. M. de Lacuze-Duthiers, avec ce talent d’exposition qui lui est propre et qu'il doit peutêtre en grande partie à son amour passionné pour la science qu’il cultive, rend compte des recherches que M. Schneider a entreprises b l'égard des grégarines des environs de Paris et de celles aussi qu'on recueille sur la plage de Roscnff. L’auteur s’est occupé surtout des pseudonaviculcs.

Certaines grégarines en s'enkystant, se scindent en deux couches superposées ; l'externe est transparente, et l’autre opaque; dans la première se manifestent bientôt des sortes des traînées qui prennent des parois tubuleuses; puis l’on assiste à l’évagination d’un très-long tube que M. Schneider appelle sporoducte, et b l’extrémité duquel sortent les pseudo-naviculcs. Chez d’autres grégarines qui se trouvent être parasites d’animaux parasites eux-mêmes on voit perler b la surface du kyste des sortes de petits bras qui s’agitent tous ensemble « comme s’ils battaient la mesure b deux temps. # En même temps, b l’intérieur, se fait une membrane limitant un pseudo-kyste, l’enveloppe du kyste disparait, le pseudo-kyste se tend et les pseudonaviculcs se dispersent en tous sens. M. Schneider continue ces intéressantes recherches qui seront un titre d’honneurb la fois pour lui et pour l’organisateur des laboratoires de zoologie expérimentale.

Salamandre permienne. — M. Paul Cervais met sous les yeux de l’Académie de précieux échantillons rapportés du département de Saône-et-Loire, par M. le professeur Albert Gaudry. Ils proviennent du terrain permien, et contiennent les vestiges d'un batracien tout b fait nouveau. Bien différent du cheirotliérium, du trias, il se rapproche tout b fait des salamandres dont la plus ancienne parait bien être ce fameux fossile d’IEningen, dont Scheuchzer faisait Yliomo diluvii teslis et qui appartient au terrain tertiaire. L’intéressant animal découvert par M. Gaudry constitue néanmoins un genre nouveau. L’auteur lui donne le nom de salamandrella petroli, la désignation spécifique rappelant que c’est dans les couches à pétrole qu’on l’a recueilli.

Stanislas Meunier.

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