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NOUVELLE BALANCE DE MENDELEEF

Toutes les fois que l'on a voulu peser, avec une grande précision, des poids un peu considérables, l kilogramme par exemple, on a construit des balances à fléaux très-longs, que l’on s’est efforcé d’alléger en les évidant. Celte construction n’est que l'application logique des principes théoriques, mais elle a pour inconvénients l’augmentation de l'inertie et la lenteur des oscillations, en sorte que les pesées exigent beaucoup de temps.

M. Mendeleef, professeur à l’Université de Saint-Pétersbourg, a pensé que l’on pourrait obtenir des résultats aussi précis, tout en opérant plus rapidement, avec des balances à fléaux très-courts , et l’appareil représenté ci-contre (fig. 4 ) a été construit d'après ses idées.

Le fléau F n’a que 12 centimètres rie longueur totale ; toutes les parties sont en aluminium ou en bronze d’aluminium, afin de diminuer le poids et l’on a conservé les dispositions ordinaires de la suspension des plateaux, attachés sous des plans de cristal de roche reposant sur des couteaux d'acier. Le réglage du centre de gravité s’obtient aussi à l’écrou E, se déplaçant au-dessus de l’axe de suspension du fléau. Ce dernier étant très-court, ses oscillations ont une faible amplitude ; c’est pourquoi , au lieu de les suivre au moyen d’une aiguille qui se meut devant un are de cercle divisé, on a placé, à chaque extrémité du fléau, un anneau A, portant un réticule, et, derrière celui-ci, un micromètre M, divisé en 1/10 de millim. La croisée des fils se déplace devant cette division, et, à l'aide d’une lunette viseur, on peut suivre aisément les mouvements du fléau. A l’aide de cette disposition, on reconnaît que la balance étant équilibrée avec un kilogramme dans chaque plateau, une surcharge de 1 milligramme donne au fléau une inclinaison de 15 divisions, d’où il suit que l’on peut apprécier nettement le 1/15 de milligramme, c’est-

à-dire peser 1 kilog. avec une erreur moindre que 1/1 5,000,000- Nous ne croyons pas que cette approximation ait été atteinte, jusqu'à présent, d’une manière aussi pratique, et celte facilité résulte de la petite longueur du fléau qui réduit à quelques secondes la durée des oscillations ; pour cette raison, les pesées n’exigent qu’un temps fort court.

La balance est montée sur une platine rodée P , et , comme son volume total est très-réduit, on peut la couvrir au moyen d’une cloche de machine pneumatique ordinaire comme l'indique la figure 2, ce qui permet de faire les pesées dans le vide sans le secours d’un appareil spécial.

Nous appellerons encore l’attention sur une disposition nouvelle adoptée dans celle balance pour mettre le fléau en liberté ou arrêter ses oscillations. Tous les physiciens et les chimistes connaissent la construction habituellement employée. Elle consiste essentiellement en une traverse horizontale qui soulève les étriers et arrête les oscillations du fléau. Cette traverse se déplace parallèlement à elle-même, tandis que le fléau décrit un arc de cercle. Les surfaces frottantes de ces organes changent donc pour chaque inclinaison du fléau ; il en résulte un déplacement latéral des chapes d’agate sur les couteaux d’acier.

Ce glissement occasionne nonseulement des vibrations qui nuisent à la stabilité de l’appareil, mais encore usent rapidement les tranchants des couteaux et détruisent la sensibilité de la balance.

Dans le nouvel appareil, on a remédié à ce défaut en substituant au bras horizontal deux leviers articulés autour d’un axe placé siale prolongement de l’arête du' couteau ; à l’extrémité de chacun de ces leviers , sont taraudées des vis coniques Y (fig. 1), dont les pointes s’engagent dans des cônes fraisés sous les chapes. De cette manière, les pointes des vis et les sommets des cônes décrivant une même circonférence, il y a contact des mêmes points dans toutes les positions sans aucun glissement.

Réduite aux dimensions indiquées, la balance ne pourrait être utilisée pour peser des corps volumi-

Fig. 2. — La nouvelle balance de Mendeleef.

ncux, et son emploi serait limité à quelques cas particuliers, comme la comparaison et la vérification des poids. Mais on peut lui demander les mêmes services qu'aux balances ordinaires en l'installant au-dessus d'une cage vitrée, comme le représente la figure 2.

A l’un des bras du fléau se trouve suspendu un grand étrier enfermé dans la cage et portant deux plateaux superposés I), 1)'. Sur le plateau D' se trouve une série de poids de 1 kilogr. comprenant toute la i subdivision jusqu’aux fractions de millig. Cette série ainsi que l’étrier et les plateaux sont équilibrés sur le second bras par un poids unique. Lorsqu’on veut faire une pesée, on place le corps sur le plateau libre I), et l’on retire des poids jusqu’à ce que le- ] quililire soit établi ; les poids enlevés représentent le poids du corps, quelles que soient les longueurs relatives des deux bras du lléau.

Cette méthode de pesée par substitution, qui, d'ailleurs, n’est pas absolument nouvelle, équivaut à une double pesée, sans qu’il soit, besoin de faire la tare pour chaque expérience. De plus, la charge de la balance demeurant constante, il en est de même de sa sensibilité.

CHRONIQUE

Les derniers orages. — Ces orages violents, qui ont éclaté sur un grand nombre do points de la France et de l’Europe, du 8 au 13 juin, se sont signalés à l’attention des météorologistes par plusieurs faits dignes d’être enregistrés. Un coup de foudre, tombé au Havre le 9 juin, sur le remorqueur l'Hercule, qui était en rade, a produit un phénomène très-curieux. Il a subitement paralysé et anéanti les quinze hommes de l’équipage. Ils ont perdu connaissance et se sont ranimés sans aucune blessure, quelques instants après l’explosion. Il n’y avait mille part sur le navire, trace du passage de la foudre. Dans les Basses-Pyrénées, le Casino d’Orthez a été submergé par la pluie, et une grande maison a été renversée. Le jeudi, 10, des usines ont été entièrement détruites dans le Puy-de- Dôme, et un grand nombre do cours et de jardins envahis et ensablés par les eaux.

Triage inagn^ti<|ne. — M. Bouilhct a fait récemment un rapport sur le trieur-magnéto-mécanique de M. Charles Vavin, qui a pour objet de séparer les tournures et limailles de 1er et celles en cuivre, qui sont mélangées dans les balayures des ateliers de mécaniciens. Jusqu’à présent, ce triage était fait à la inain. Un lavage enlevait les poussières et les cendres, et les particules de fer étaient recueillies en promenant sur une couche mince de limaille un fort aimant tenu à la main. En opérant ainsi, la séparatoin était fort incomplète, très-pénible et dangereuse pour l’ouvrier qui maniait et respirait des matières cuivreuses très-malfaisantes. MM. Vennin et Dcregniaux ont fait construire une machine magnétique qui a été essayée dans la maison Cail ; mais elle n’a donné que des résultats insuffisants et elle a été abandonnée dès que la machine de M. Vavin a été construite. M. Chenot avait fait construire aussi, par M. Froment, des machines magnéto-électriques pour le triage des minerais magnétiques, mais cette ma-

chine, d’un prix élevé, est aussi restée sans emploi. Le rapporteur, à la Société d’encouragement, a décrit en détail la machine de M. Vavin, dans laquelle les limailles tombent sur deux cylindres superposés garnis d’anneaux eu fer doux, qui sont rendus magnétiques par de forts aimants artificiels en fer à cheval, placés suivant les rayons. Des dispositions bien combinées sont prises pour que toute la surface des cylindres soit active, et des brosses cylindriques en poil de sanglier détachent les limailles adhérentes. Le triage est fait très-bien et vite, et une machine de 1,500 francs peut trier 5,000 kilog. de limaille par jour.

Lcsi roses de l' Himalaya. — Le célèbre voyageur de l’Inde, ,M. H. Schlagintweil, vient de publier un mémoire sur la distribution géographique et les limites extrêmes des différentes espèces et variétés de roses dans l’Inde et dans la Haute-Asie, lien résulte que la limite extrême à laquelle on rencontre la rose sur le versant sud de l’IIima- Iaya est à 13 ou 14,000 pieds, même 15, et jusqu’à 10,000 pieds anglais au Tibet. L’espèce qui fleurit à ccs altitudes est la Ilosa macrophylla, Lindl., et la Rosa webbiana, Wall.; le climat où on trouve ces espèces est semblable à celui sous lequel vit la rose, à sa limite extrême, dans les Alpes (5,400 pieds anglais). Avec la Heur on prépare de l’eau et de l’essence de rose, industrie qui a été introduite d’Arabie dans l’Inde et au Kaschmirpar les Persans et les Arabes. Dans l’Inde, cette industrie paraît limitée au territoire du Gange, surtout à Ghazipour et à ses environs, où les roses fleurissent depuis fin février jusqu'à la seconde semaine d’avril. A Kaschmir, l’industrie se fait en petit, mais elle est à peu près générale,. On y cultive la rose jusqu’à une altitude de G, 000 pieds. Dans les zones moyennes à Srinager, par exemple (hauteur: 5,446 pieds anglais), le climat est, depuis la ini-juillcl jusqu’à la fin d'août, comme celui du midi de la France ; pendant les autres saisons de l’année, le climat est assez doux ; au printemps et à l’automne, très-frais, et, en hiver, peu froid.

Les préparations d’essence et d'eau de rose, qui sc font en Orient et qui arrivent au commerce européen, viennent de Turquie par Constantinople.

L»*w Papous. — Il résulterait d'une communication faite à la société anthropologique de Vienne que les idées reçues sur la conformation, le type des Papous qui habitent la Nouvelle-Guinée, ne sont pas entièrement conformes à la vérité.

M. Meyer, en effet, considérant l’aspect général de celte race, et étudiant successivement la taille, la peau, les cheveux et la physionomie, a constaté les faits suivants : La taille des Papous varie entre des limites très-éloignêes. La couleur de la peau présente toutes les nuances, depuis la couleur assez claire de la peau des Malais, jusqu’au noir proprement dit de celle des nègres. L’iris est d’un brun sombre, presque noir, et il y a, sous ce rapport, peu de différence chez les divers individus. La chlorotique est bleuâtre, surtout chez les enfants. Le regard est vif et plein d’expression. Les diverses impressions s’y reflètent avec la même fidélité que dans nos yeux ; au point de vue purement humain, ces sauvages se rapprochent donc singulièrement des hommes civilisés. La peau est très-douce, surtout chez les enfants et les jeunes gens qui ne l’ont pas encore détériorée par les diverses substances nuisibles dont ils la recouvrent souvent plus tard. On ne peut affirmer que le corps, souvent recouvert de villosités, caractérise en quoi que ce soit les Papous. Les cheveux, naturellement bouclés , pendent et ne s'enroulent pas sur eux-mêmes

lorsque les individus ont l’habitude de les peigner fréquemment. Quant à la physionomie, on s’est fait un type de Papou nettement defini, comme on s’était formé une idée arrêtée de sa taille, de sa peau, de ses cheveux. En réalité, on trouve parmi les Papous, comme chez nous, les physionomies les plus diverses. Il y a parmi les Papous des visages très-laids comme il y en a de très-beaux.

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