‹ La Nature 1875 S2Chapitre 24 sur 117 · I.a consommation du gaz & Paris en · texte numérisé non relu

I.a consommation du gaz & Paris en

— En 1855 la consommation du gaz, dans Paris et sa banlieue, s’élevait annuellement à moins de 41 millions de mètres cubes; elle s’accroissait jusqu'en 18G9 où elle atteignait plus de 145 millions de mètres cubes, pour redescendre en 1871 à 87 millions. En 1874, les 10 u-ines qui alimentent Paris et les 49 communes de sa banlieue, éclairées par la Compagnie Parisienne, ont livré près de lfil millions de mètres cubes de gaz d’éclairage et de chauffage. Cette dernière application est loin d’être à négliger, car sur les lfil millions de mètres cubes de gaz brûlés eu 1874, plus de 50 millions l’ont été, de jour, principalement pour le chauffage ou pour actionner les 177 machines à gaz existant à Paris. Ces 161 millions de mèlres cubes ont été consommés par les 105 mille abonnés particu- | liers de la compagnie et par les 58,500 becs publies, dont près de ‘21 mille éclairent l’ancien Paris, plus de 12 mille la zone annexée et près de 5,500 les 40 communes extramuros. Le gaz est distribué à ces 58,500 becs par un réseau de conduites souterraines, non compris les branchements, d’un développement de quatre cent sept lieues , dont 084 kilomètres dans l’ancien Paris, 491 dans le nouveau et 455 hors Paris.

La vente du gaz a produit tout près de 40 millions de francs et celle du coke 15 millions (ce coke a été brûlé dans plus de 58 mille appareils spéciaux de chauffage). Avec la vente dns autres sous-produits et les autres revenus, le total des recettes a dépassé 59 millions de francs, sur lequel les bénéfices ont dépassé 24 millions et demi. La ville de Paris, à elle seule, a réalisé une recette de près de 9 millions et demi sur la production du gaz.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du H juin 1815. — Présidence de M. Fnitar.

Élude sur le littoral algérien. — A la suite d’un relevé géographique de la côte algérienne, M. Jourdy remarque que toutes les baies ont la même forme et la même orientation. Toutes ont leur fond vers le sud-ouest et s’ouvrent vers le nord-est. Admettant ce fait comme démontré, l’auteur l’attribue à l’exercice des causes actuelles, c’està-dire à l’action combinée des courants marins et dos vents. On sait que tous les géologues n’adoptent pas cette opinion, et rattachent ces accidents à des systèmes de soulèvements parallèles entre eux.

Dilatation absolue du mercure. — Dans un travail maintenant classique, Dulong et Petit ent déterminé la dilatation absolue du mercure, en mesurant la hauteur que prend ce liquide dans les deux branches inégalement chauffées d’un vase disposé en U. Un professeur au lycée de Toulouse, M. Barthélemy, perfectionne l’appareil en le remplaçant par l’ensemble de deux baromètres communiquant par en haut, et qui jouent le même rôle que les deux branches du vase précédent.

Erratum. — L’autre jour, M. Vinot signalait los erreurs

qui fourmillent dans Y Annuaire du Bureau des Longitudes. Aujourd’hui, le meme calculateur fait voir que la Connaissance des temps pour 1875 est également remplie d’incorrections. C’est, on en conviendra, un élat de choses bien fâcheux et bien bizarre, puisque, paraît-il, rien d’analogue ne se rencontre dans les publications du même genre faites à l’étranger.

Deux météorites. — Dé)à nous avons parlé à deux reprises de la chute de météorites, observée le 12 février dernier dans l'État d’Iowa aux États-Unis. M. Lawrence Smith donne, à l’égard de cette chute, des détails circonstanciés et l’analyse de la pierre. Il signale en même temps une autre chute qui s’est produite dans la Caroline du Nord, à Castrania, le 14 mai 1874, et dont on n'avait pas encore parlé en Europe.

Synthèse du therpylène. — Suivant M. Berthelot, qui a publié ses recherches, il y a déjà quelque temps, l’essence de térébenthine, représentée par la formule résul-

terait de la condensation d’un carbure spécial C ,0 1I S - Ce carbure, le therpylène, que personne n’avait encore vu, M. Boucliardat vient d’en réaliser la synthèse, confirmant ainsi les vues théoriques du savant professeur au Collège de France.

Nécrologie. — Le plus ancien dos correspondants do la section de géométrie, M. Lebel, vient de mourir à Bordeaux. 11 avait été élu en 1845 et laisse des travaux considérables sur la théorie des nombres.

Étude philosophique sur la méthode scientifique. — La plus grande partie de la séance est occupée par une lecture de M. Chcvreul, qu’il nous serait impossible d’analyser ici. Examinant les opérations de l’esprit à la recherche, de la vérité, l’auteur arrive à tracer un tableau synoptique dans lequel sont mis en présence les résultats de ce qu’il appelle l’esprit progressif l’esprit conservateur, l’esprit de routine et l’esprit de recul.

Radiation solaire. — M. Dessins s’est proposé d’examiner les variations que subissent les rayons calorifiques du soleil à la fois au point de vue de leur intensité, et au point de vue de leur transmissibilité au travers de l’eau. 11 a exprimé ses résultats dans des tables qui montrent la quantité de chaleur tombant à midi pendant une minute, el, aux diverses époques de l'année, sur un centimètre carré de surface. Les nombres varient fort peu, de 1 à 1,5. Le minimum a été observé en janvier 1875 et le maximum en juin 1874. Une autre table montre comment varie Ja quantité de chaleur solaire qui traverse 8 millimètres d’eau, en une minute, à midi. Le 25 avril dernier, par un ciel extrêmement pur et sec, on observa que les 65 centièmes de la radiation étaient transmis. En juin et juillet 1874, cette proporlion s’éleva jusqu’à 70 et 72 pour 100. M. Desains tire de ces nombres une conséquence curieuse. II a remarqué, en effet, que cette transmissibilité est liée à la présence de quantités plus ou moins grandes de vapeur d’eau dans les hautes régions de l’atmosphcre. A plusieurs reprises il a constaté qu’une facile transmissibilité annonçait pour le lendemain l’arrivée des nuages, et qu’au contraire le temps avait tendance à se fixer au beau lorsque la transmissibilité était faible. Stanislas Meunier.

LE PODOMÈTRE

Toutes les personnes qui ont fait quelques explorations dans un but scientifique, ou simplement quelques excursions, savent de quel intérêt est souvent la connaissance approximative des distances.

Or, en l’absence d'une carte suffisamment détaillée, où l'on puisse suivre dans tous ses détails le chemin parcouru et l’évaluer avec certitude, on n’a à sa disposition d'autre moyen praticable que de compter le nombre de pas qu'on a dû faire pour aller d'un point à l'autre. Mais c’est là un travail des plus fastidieux et sujet à de nombreuses erreurs pour le touriste, quelque peu impressionné par la variété des sites, ou préoccupé d'une recherche

scientifique. Avoir dans son gousset un instrument peu volumineux, qui enregistre automatiquement chacun de ses pas est infiniment plus commode et plus sûr; de là le succès rapide du podomètre que représente notre dessin.

Cet ingénieux petit instrument a les dimensions et l’aspect d’une montre ordinaire. Sur l’un des côtés du boîtier est un cadran divisé, portant des chiffres qui indiquent le nombre de pas effectués. L’autre côté est en métal ou formé d'une lame de verre pour laisser voir le mécanisme.

Ce dernier est lui-même d’une simplicité extrême. B est un contre-poids massif, placé à l'extrémité d'un levier qui peut osciller autour d’un axe A. Une vis V sert à limiter l’amplitude de ces oscillations, et un petit ressort, passant avec un très-léger équi-

L‘ Podomètre.

libre, au contre-poids B, maintient ce dernier à la partie supérieure de sa course. Enfin l'appareil est complété par un mouvement de compteur qui enregistre chacune des oscillations du levier.

Cela étant compris, on conçoit que si on imprime au boîtier un mouvement de bas en haut, le ressort qui maintient le contre-poids B étant trop faible pour compenser l'inertie de ce dernier, il va rester en arrière et venir buter sur la vis V. Lorsque le mouvement inverse aura lieu, c’est-à-dire lorsque le boîtier reviendra à sa position primitive, le contrepoids se retrouvera au sommet de sa course et ainsi de suite. De sorte que, pendant la marche, chaque pas produit une oscillation semblable que le compteur enregistrera.

Il ne faudrait pas croire que l’évaluation des distances au moyen de cet appareil ne puisse donner que des indications grossières. Dans les mains d'un observateur soigneux, il est susceptible d'une grande exactitude. Le marcheur qui aura eu soin de faire

quelques expériences préliminaires entre dns points dont la distance est exactement connue, aura vite déterminé les coefficients par lesquels il devra, suivant la nature et l'inclinaison du chemin parcouru, multiplier le nombre de pas pour le transformer en un nombre de mètres. Une expérience personnelle, faite il y a une quinzaine d'années dans une longue excursion géologique sur les Pyrénées, nous a prouvé qu'on pouvait, avec la plus grande facilité, par la numération des pas, apprécier les distances avec une erreur toujours bien inférieure à 5 pour \ OÜ — Nous croyons donc le podomètre, appelé, nonseulement à satisfaire la curiosité des simples touristes, mais eucore à rendre de véritables services aux explorateurs, en mettant à leur disposition un moyen simple et commode d’évaluer les distances parcourues. GmAomÈRE.

Le Propriétaire-Gérant : G. Tissandili».

Cül ELU.. TVP. El STÉIÏ. CI1ÉIÉ.

N- 108. — 20 J UIN 1 875.

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