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LA MAT L'UE

phoque. Le lurpon, d'acier poli, est retenu pur une ligue du 8 centimètres (pie l’animal le plus vigoureux ne pourrait rompre.

Quoique les navires soient destinés à rester bloqués par les glaces, pendant une portion notable de l’expédition, on a cherché à donner aux marins de la

Fig. 3. — Grand traîneau pour deux officiers, huit hommes, et les provisions nécessaires à un voyage de sept semaines 1. Gouge. — 2. Ciseau. — 3. Crochet pour la glace.

Fig. 4. — Homme faisant manoeuvrer la scie à glace.

i, Traîneau massif pour les dépôts de vivres. — ± Vrillo à glace. — 3. Couteau à neige. — 4. Drague à glace. — 5. Patin peur glisser sur les champs de neige. — 6. Ancre pour les glaces*

Discovery et de Y Alerte des moyens d’une énergie inouïe pour se tirer d’un mauvais pas.

Ils ont, comme les anciens explorateurs, des scies à glace de toute forme, des couteaux à neige, des

trépieds pour faire marcher la scie dans une direction oblique, des crochets, des harpons, des ancres, des couteaux et des dragues de formes particulières (fig. 3 et 4j.

La partie la plus nouvelle est l’emploi de la nitro- I glycérine, dont les voyageurs emportent plusieurs I bouteilles.

Le soleil en se repercutant sur la neige produit au pôle Nord, comme sur les sommets des montagnes, des effets très-désastreux sur les yeux. Les explorateurs emploient, pour se protéger, des lunettes particulières; ce sont des espèces de coquilles de noix qu’on se met devant les yeux. Ces coquilles sont pourvues d’un trou que l’on peut graduer et qui se trouve juste en face de la pupille.

11 est essentiel d’avoir constamment des vigies dans les hunes, mais ce poste serait mortel si l’on n’avait perfectionné le procédé des anciens explorateurs, qui consistait à placer une tonne dans la hune. Cette tonne est remplacée par une logette chauffée, rembourrée, rendue en quelque sorte confortable et pourvue d’une sorte de vasistas, dont le marin en vigie peut se servir pour écarter le vent qui le gênerait et lui gèlerait le visage.

On ignore encore si le pôle se trouve au milieu d’uue terre ou au milieu d'un océan ; il faut donc être prêt à toute éventualité. Il a été décidé que l’expédition en traîneau irait jusqu’aux limites septentrionales du continent arctique. Si on reconnaît qu’il y a une mer libre, on se repliera sur le lieu de l'hivernage et l’on s’efforcera de conduire, dans cette mer libre, le bâtiment qui devra couronner l’édifice de la conquête du pôle.

L’expédition, complètement organisée, est partie de Portsmouth samedi, 5 juin, à quatre heures précises. Une foule énorme assistait au départ et faisait entendre des clameurs d’adieu, des vœux d’heureux retour. L’enthousiasme a été à son comble, lorsque Y Alerte et la Discovery ont longé la jetée pour prendre le large.

Au dernier moment, le capitaine Narès a reçu de Sa Majesté Britannique le télégramme suivant :

« Je vous souhaite le plus grand succès, ainsi qu’à vos valeureux compagnons, et j’ai bon espoir que vous pourrez mener à bonne fin le long et périlleux voyage que vous entreprenez avec tant de courage. »

Le capitaine a télégraphié, pour répondre aux compliments de la reine, ces quelques mots :

« Je suis profondément touché du grand honneur que Sa Majesté nous fait en nous adressant ses vœux de réussite, ainsi qu’aux membres de l’expédition ; elle peut compter que tous nous ferons notre devoir.»

Sa Majesté a adressé aux commandants des trois navires un pli cacheté, qui ne pourra être ouvert qu’en pleine mer.

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