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LES PROGRÈS DE LA TÉLÉGRAPHIE

t.E JACQUARD ÉLECTRIQUE DE SIR CH. WHEATSTONE *.

L'introduction du métier Jacquard a produit une révolution considérable dans l’industrie du tissage. On sait que, dans ce système, les divers fils qui doivent concourir à former le dessin de l'étoffe, se rangent automatiquement entre les mailles de la trame.

Une combinaison mécanique , simultanée avec le mouvement de la navette, remplace le travail manuel, pénible et compliqué, des anciens tisserands. Une bande continue de cartes passe successivement sur le registre du mé-

Fig. 1. — Le Jacquard électrique de sir Ch. Wheatstone . — Perforateur.

tier , et se présente à chaque coup de navette. Les cartes sont perforées de façon A ce que les trous représentent une partie complète de l'échantillon, et à ce que chaque trou contrôle l’élévation do l’un ou plusieurs der fils dans la chaîne. Des aiguilles, abaissées au passage des trous, distribuent les fils par groupes dans l’ordre voulu par le dessin-, la navette passe au-dessous, et la

carte, suivant le registre, reproduit automatiquement le modèle préparé. C’est le principe du métier Jacquard que Sir Ch. Wheatstone a employé pour lisser les courants électriques expédiés sur une ligne, et reproduire sur le papier, à la station correspondante, le modèle électrique.

Le métier Jacquard tisse rapidement, parce que le travail mécanique, occasionné par la préparation du modèle, s’effectue avant de placer celui-ci sur le

métier. 11 en est de même pour l 'imprimeur automatique ou Jacquard électrique ; la vitesse de transmission est considérable.

Les cartes employées sur le métier électrique pour régler la succession des courants et des groupes de signaux sont préparées avant d’être placées sur l’instrument, de sorte que le temps employé à transmettre un nombre quelconque de courants et groupes de courants pour représentei des lettres et des mots, est réduit au minimum. Pour des transmissions électriques, cela est important : le prix du travail manuel par minute étant inappréciable, comparé à la valeur d’une minute dans l’occupation d’un fil télégraphique d’un développement

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Fig. 2. — Papier perforé et dépêche reçue.

considérable, et dont la construction a coûté une somme élevée.

Obtenir le maximum de travail sur un fil en un temps donné est l’un des problèmes de la télégraphie mécanique ; le succès commercial de ces entreprises dépend considérablement de la vitesse à laquelle les courants électriques peuvent être envoyés sur un fil d’une longueur donnée. Cette vitesse est réglée par la rapidité avec laquelle les courants

Traduit du journal anglais Nature.

peuvent s’émettre sur le fil sans confusion, c’est-àdire sans se mèlei- en traversant le conducteur, de façon à ne pas produire ainsi à l’extrémité éloignée un trait absolument continu. Pom cela, les courants doivent traverser le fil à des intervalles égaux, et avoir une égale durée. C’est ce que le Jacquard électrique Wheatstone réalise parfaitement; nous allons expliquer maintenant comment le modèle électrique est tissé.

L’appareil se compose de trois parties distinctes, l’une servant à la préparation de la carte du métiei

électrique, pour régler la succession et la série des courants de l'écriture électrique; l’autre, le métier, qui fera passer les courants ainsi groupés dans la ligne; et le troisième remplit la fonction de la nav ette, c’est-à-dire do l'organe qui enregistre les

courants émis sur la ligne, et les transforme en symboles représentant des lettres, des mots et des phrases.

Le message à envoyer est d’abord poinçonné, arrangé en points et traits de l’alphabet Morse, sur

Fig. 3. — Le Jacquard électrique de sir Ch. Wheatstonc. — Récepteur.

un ruban de papier continu, au moyen d’un instrument appelé perforateur, que l’on voit en la figure 1, sous une forme élémentaire. Chacune des trois touches perfore, lorsqu’elle est abaissée, un petit trou rond dans le ruban de papier; la touche de

droite est pour les points, celle de gauche pour les traits, celle du milieu sert à l’espacement mécanique des trous, elle est indispcusahle au mouvement régulier du ruban sur le métier ou transmetteur.

La machine à perforer est construite de façon à

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Fig. 4. — Papier perforé puur la transmission (Nouveau système).

Fig. 5. — Dcpcche reçue.

ce que, parla dépression d'une clef quelconque, une triple action est accomplie : savoir, le ruban de papier est fixé dans la machine pour recevoir la perforation, puis le trou est formé par la dépression sur le papier d’une pointe en acier; enfin, un mouvement mécanique, qui d’abord a maintenu le papier dans la direction suivant laquelle entre le ruban, fuit, après la formation automatique du

trou, avancer le papier, et le place à la distance requise pour la réceptiou du trou suivant.

C’est ainsi que la pression successive des poinçons respectifs produit sur le ruban de papier les séries de perforations voulues pour représenter des lettres, et des groupes de lettres constituant des mots. Le poinçon du milieu, outre qu’il espace mécaniquement les perforations pour assurer leur pas-

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