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U NATURE

sage régulier dans le transmetteur, sert, par sa pression individuelle, à distancer convenablement les lettres et les mots des dépêches. La figure 2 fait voir, dans les dimensions naturelles, l’aspect du papier ainsi préparé. La dépêche est donc écrite et composée sans qu'on utilise le fil, le temps que prend celte préparation n’est pas enlevé à la transmission; on réalise ainsi un avantage d'économie notable sur les systèmes fonctionnant par un mode de travail manuel lent, traînard, accaparant inutilement le circuit.

T.a secondc'jpartie, ou le transmetteur du système Wheatslonc, est l’appareil qui envoie sur le fil automatiquement les courants dans la succession préparée par le perforateur . Dans ce fonctionnement, qui a beaucoup de ressemblance avec la manière dont les cartes perforées Jacquard régularisent" l’élévation et l’abaissement successifs de la chaîne sur le métier, le ruban de papier perforé avance pas à pas à travers la machine. Il est arrêté à chaque oscillation d’un petit balancier, dont le mouvement est réglé de façon à ne laisser avancer le papier que d’une portée correspondant exactement à l’espacement des perforations. Le relèvement d’une pointe, qu’élève et abaisse alternativement le va-et-vient du mécanisme oscillatoire, fait avancer automatiquement le papier à dépêches. Deux autres pointes à contacts à ressorts, représentant respectivement le pôle positif (cuivre), et négatif (zlilc) d’une pilé, sont actionnées par le même mécanisme, au moyen de cames excentriques.

- Ainsi, lorsque le ruban de papier avance pas à pas et automatiquement, dans une succession rapide, sous l’action d’une pointe centrale, si une perforation à passage tle courant se trouve en position, au moment du passage du ruban de papier sur l’une ou l’autre pointe, cette perforation est effectuée par la ■pointe voulue; un contact métallique est établi entre la pile et l’instrument, et donne un courant sur la ligne, positif ou négatif, d’après la position de la perforation et l’élévation de la pointe correspondante.

Si aucune perforation dans le papier bande n’est en position au moment de l’élévation automatique des pointes respectives, celles-ci retombent par l’influence compensatrice des ressorts de réglage, et un mouvement muet est effectué, qui ne laisse passer de la pile aucun courant dans le circuit.

On conçoit donc que l’action du transmetteur est aussi triple, quant au passage du courant et au mouvement du papier. D’abord, chaque oscillation du balancier entraîne le papier-bande de la distance exacte dont la dépression de la clef dans le perforateur avance la bandé : à dépêche. Ensuite, lorsque le papier-bande a été ainsi avancé, il est momentanément maintenu pour recevoir l’introduction de la pointe -respective, et compléter -le contact de pile, suivant la place de la perforation. Enfin, si nulle perforation correspondant à un passage de courant sue la ligne ne se trouve en position, un mouvement

muet de pointe a lieu, et le papier est simplement avancé automatiquement, d’un mouvement régulièrement saccadé.

Outre le mécanisme des trois cames excentriques servant à la marche du ruban, à l’élévation des pointes, et au passage d’un courant en circuit, par 1 suite du concours d’une perforation dans le papierbande avec l’élévation d’une pointe, un quatrième mouvement de contact électrique fort important est effectué à chaque oscillation du petit levier. Ce mouvement est indépendant de l’élévation des pointes ; il établit un contact momentané entre la ligne et la terre, après chaque élévation successive de l’une ou l’autre pointe à passage de courant.

La nécessité de cette décharge dans la terre pour rendre la ligne libre a pour cause le résidu, dans le fil isolé, d’une portion du courant émis; s’il n’était ■ éliminé, il affaiblirait le courant subséquent, qui i peut être de nom contraire, et diminuerait la propriété de transmission rapide de la ligne.

Grâce à un ingénieux arrangement de contacts électriques, perfectionné par M. À.Slroh, à la grande habileté duquel, pour tout ce qui concerne des problèmes électriques ayant un caractère mécanique, M. Whealstoue doit la perfection absolue du mécanisme de sa télégraphie automatique, après chaque élévation successive des pointes, le lil du circuit est relié momentanément à la terre. Celte relation a lieu à chaque oscillation du petit levier, soit qu’une pointe traverse ou ne traverse pas une perforation. Un courant ne passant dans la ligne que par l’établissement d’un contact avec la pile, dans l’élévation de | l’une ou l’autre pointe, la ligne est cependant établie en décharge, à intervalles égaux, réguliers, abstraction faite d’une charge actuelle, par l’élévation d’une pointe.

Dans cet arrangement mécanique, les contacts nécessaires avec la pile, et la décharge régulière de la ligne sont obtenus sans que l’on ait recours au travail manuel. Les erreurs sont évitées, car les machines n’oublient jamais leur enregistrement, elles ne se trompent point de marques : deux sources d’erreurs inhérentes au cerveau et à la main de l’homme. L’homme, bien qu’un être pensant, n’est point une machine, il est difficile à transformer absolument en automate, et s’il en était autrement, c’en serait fait de la valeur d’une invention, et le travail de la précision mécanique perdrait de son mérite.

Nous continuons la description du Jacquard électrique.

La succession rapide des courants envoyés sur le fil de ligue par le transmetteur, est enregistrée automatiquement à la station éloignée, au moyen d’un appareil appelé récepteur ou imprimeur qui marque, les uns après les autres, sur un ruban continu en papier, et avec la rapidité suivant laquelle lés cou-. ; nuits se succèdent sur la ligne, les points et traits du vocabulaire alphabétique Morse, lesquels correspondent aux trous du ruban perfore Jacquard,

La disposition de cet instrument est indiquée dans la figure 5. Le vocabulaire des points et des traits est représenté sur un papier-bande, à droite et à gauche d’une ligne centrale, par des points, figure 2. La ligne inférieure de points est lue pour les traits, et la ligue supérieure pour les points. Le papierbande, par mie propulsion mécanique, traverse la machine d’un mouvement continu en s’engageant sous un plateau contenant de l’encre ou un autre liquide coloré. Deux petites perforations sont pratiquées dans le fond de ce réservoir, à l’endroit où elles correspondent avec les points à imprimer sur le ruban, à mesure que celui-ci passe dans le réservoir. L’attraction capillaire empêche l'encre de couler. Deux électro-aimants, des deux côtés de l’encrier commandent deux aiguilles, ajustées de façon à être abaissées par l’action du courant. Plongeant dans l’encrier, elles passent dans les trous et apportent un petit point d’encre sur le papier-bande. Suivant que telle ou telle aiguille est abaissée, elle forme un point ou un trait, sans frottement, sans résistance mécanique autre que colle de l’encre contenue dans des tubes capillaires.

Les circuits électro-magnétiques sont arrangés de façon à ce que seules les aiguilles correspondantes soient actionnées par les courants venus des pôles positif ou négatif de la pile. L’impression des points est marquée sur la figure 2, au-dessous de la bande perforée qui a servi de modèle.

Dans une autre forme de l’imprimeur, le vocabulaire Morse est imprimé en lettres formées de points ou de traits, les groupes et succession de groupes forment des lettres et des mots qui correspondent exactement aux perforations de point et de trait du ruban Jacquard. Les figures 4 et 5 donnent la composition de la dépêche sur le papier perforé et l’impression automatique prise sur ce système du ruban perforé. Ici encore on se sert de l’attraction capillaire, mais d’une manière différente. Un petit disque à encre , molette en métal, sur un axe délicatement pondéré, capable d’une légère oscillation angulaire dans le sens latéral, obéit à un mouvement de va-etvient de l’armature d’un aimant permanent, et est actionné par les courants alternatifs inverses qui du transmetteur passent dans la ligne. Une rotation rapide est donnée à la molette par la propulsion mécanique du papier-bande.

Le disque repose contre la surface du ruban de papier, de façon à ce qu’en recevant un mouvement dans un sens opposé, il se relève, tandis que dans la position neutre il est affranchi de tout contact. Le contact avec le papier produira des marques, points ou traits, selon que la durée de l’impression aura été plus ou moins longue ; le mouvement contraire produira l’espacement entre les marques d’impression.

Si les courants venus du ruban Jacquard ont des intervalles égaux et des directions alternatives, les espacements entre les signaux seront automatiquement réguliers. Le trait est l’effet de la rétention magnétique de l’armature qui agit sur la molette durant un

temps double de celui du point, en raison du groupement des perforations qui forment le trait et qui donnent au courant qui traverse le circuit, une durée plus longue sans le renverser.

La disposition qui fournit l’encre au petit disque imprimeur est simple et efficace. Une roue métallique a sur son arête une entaille en forme de V; elle est maintenue en rotation sur un encrier.

L’attraction capillaire remplit d’encre cette gorge d’une manière constante, de sorte que la périphérie de la molette qui tourne dans l’entaille est constamment et sans frottement imbibée d’une manière convenable. La molette peut ainsi enregistrer toujours les mouvemets de l’armature, à mesure que les courants passent du transmetteur dans le fil.

C’est par ces moyens si simples que M. Wheatstone a obtenu un transmetteur rapide, enregistreur sur, appareil télégraphique indispensable de nos jours, donnant des transmissions par impression aux principaux centres commerciaux de l’Angleterre, et appliqué en France sur la ligne de Paris à Marseille.

Pour se faire une idée de la valeur du système automatique rapide sur des lignes télégraphiques d’un développement considérable, il suffit de comparer, dans les mêmes conditions, l’appareil Morse avec le Jacquard électrique.

Pour utiliser un appareil alliant une telle célérité de transmission à d’aussi puissants moyens d’onre gistrement, il devenait nécessaire d’adopter un système spécial de transmission et de réception, pour économiser le travail manuel et tirer du fil le maximum de rendement. Les dépêches passent donc en groupes à la machine qui doit les transmettre par le fil, ce qui veut dire que pour un circuit d’une longueur de 500 kilomètres, douze dépêches de 50 mots sont poinçonnées sur un ruban continu et envoyées par le transmetteur, à la fois, et vice versa. Le fil de Londres à Birmingham, par exemple, peut envoyer quatre groupes distincts de 12 dépêches chacun, et recevoir trois groupes semblables dans une heure. Cela équivaut à quatre vingts dépêches de trente mots chacune ; sur une moyenne de cinq lettres par mots, cela forme un total de 12,600 lettres, et 210 lettres à la minute. Cela revient encore à quarante-deux mots par minute, en y comprenant tous accusés de réception et formalités d’usage.

Une semblable rapidité peut se‘ maintenir par un beau temps ordinaire et n’exige qu’un personnel de cinq employés aux stations de réception et de transmission, à savoir : deux pour poinçonner les dépêches sur le papier-bande, deux pour écrire et transmettre, et' un cinquième pour manier l’appareil, accuser les réceptions, demander les répétitions, etc. S’il s'agit de dépêches parlementaires ou de journaux, l’on obtient une rapidité beaucoup plus grande, d’abord parce qu’il n’y a plus nécessité de grouper les dépêches, et ensuite parce que généralement les transmissions n’ont lieu que dans un seul sens, que les dépêches soient reçues ou expédiées, circonstances qui réduisent considérablement le delai initial de

LA NATUBE.

la transmission. Pour le fil d’Aberdeen à Londres, on peut arriver à quarante mots ; pour celui de Londres à Edimbourg, on obtient jusqu’à cinquante mots ; entre Newcaslle-upon-Tyne et Londres, on est monté jusqu’à soixante, enfin, entre Glascow et Liverpool, jusqu’à cent vingt. La vitesse est en raison inverse de la longueur de la ligue. Ch. Bostemps.

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