UN NOUVEAU PROPULSEUR DE MMES
Convaincus que l'homme ne peut mieux faire que d'imiter la nature chaque fois qu’il s’agit de réaliser des mouvements propres à certains animaux, comme la natation et la navigation dans l’eau ou dans l’air, beaucoup d’inventeurs cherchent à combiner des mécanismes dont l’action imite aussi parfaitement que possible celle des organes moteurs des poissons ou des oiseaux. Nous ne viendrons pas ici nier l’utilité et le haut intérêt de ces recherches. Nous croyons toutefois devoir mettre ces inventeurs en garde contre les dangers d'une imitation trop servile. Les conditions sont en effet bien différentes, et tel mode de propulsion que la nature a facilement pu réaliser avec des muscles et des os, ne sauraient l'être avec des organes de fer et de bronze, et inversement. Celte réflexion nous est suggérée par quelques essais récents faits pour substituer aux propulseurs actuels des bateaux à vapeur des appareils imitant plus parfaitement le mécanisme moteur des poissons.
L’examen le plus superficiel de ces derniers, montre immédiatement l'action des nageoires pectorales de ces animaux , qu’imitent assez exactement les rames. Une élude plus attentive montre que la queue, que l’on avait d’abord considérée comme étant seulement un organe de direction, une sorte de gouvernail, est au contraire l’organe propulseur le plus puissant, celui dont se sert l'animal chaque fois qu’il veut produire un effort considérable, soit pour franchir un obstacle, soit pour fuir un danger. S’il veut produire un effort momentané la queue, repliée latéralement, se détend tout d'une pièce, produisant sur l’eau une action violente qui lance brusquement le corps en avant avec une force assez grande pour le faire jaillir au-dessus de la surface, à une hauteur quelquefois considérable; c’est ainsi que les truites, par exemple, franchissent des chutes verticales souvent fort élevées. D'autres fois, au contraire, pour produire un effort persistant, tel que celui nécessaire pour remonter un rapide, la queue prend une sorte de mouvement d’oscillation hélicoïdal, dont l'action propulsive peut à la rigueur être comparée à celle des hélices de nos steamers ou plus exactement à celle d’une godille.
Enfin, pour en finir avec cet organe, disons que, chez les cétacés dont la queue est dans un plan horizontal, ce mouvement hélicoïdal est remplacé par une série d’oscillations verticales très-rapides et de peu d’amplitude. Ce dernier mode do propulsion a été aussi essayé pour les bateaux, et nous avons été à même de voir, il y a quelques années, un petit modèle dont le moteur était une large queue hori-
zontale en caoutchouc, à laquelle un trembleur électrique donnait un mouvement d’oscillation rapide.
Enfin chez certains poissons, tels que l’anguille de mer ( syngnathus ), le cheval-marin ( hyppocampus ramulosus), la gymnote électrique, on trouve une longue nageoire dorsale, qui sert à la natation en prenant un mouvement ondulatoire gracieux d’avant
en arrière. C’est ce dernier mode de propulsion que M. C. Becker, ingénieur chez MM. Eliot et C 1 ", a essayé de réaliser dans le modèle de bateau dont nous donnons le dessin d’après la Nature anglaise.
Ici non-seulement on a pu imiter le mode d’action
de la nageoire de l’hyppncampc, mais on a même pu en réaliser à peu près exactement la construction même.
Cette nageoire est, en effet, formée d'une série d’épines réunies par une membrane délicate, qui
Le môme, vu en dessous et montrant le propulseur ondulatoire.
peut les suivre dans leur mouvement. Chaque épine est renflée à sa base et articulée avec l’épine iuternévrale, qui pénètre dans le corps de l’animal à une profondeur suffisante pour s’insérer entre le processus spinal de deux vertèbres voisines. Un muscle fusiforme et allongé part de chaque côté du renflement de l’épine mobile, parallèlement au processus spinal des vertèbres adjacentes, et se fixe par son extrémité inférieure dans la vertèbre placée au-dessous de lui. Par l’action de l’une ou l’autre paire de muscles attachés aux épines, chacune de celles-ci se meut à droite ou à gauche du corps du poisson.
11 a donc suffi de remplacer les épines par nue
série de petites tiges articulées en leur milieu, réunies par une membrane en taffetas gommé et recevant, par leur autre extrémité, le mouvement d’une hélice convenablement disposée, pour imiter exactement la nageoire dorsale de l'hyppocampe.
Nous ne pensons pas que ce mode de propulsion soit jamais susceptible d’application sérieuse, ruais nous avons néanmoins cru devoir le signaler ici, à titre de curiosité et pour donner un exemple de plus de l'infinie variété de moyens dont la nature dispose pour produire un meme effet.
GlIUl’MÈRE.
LES FAI1RKUNTZ
MACHINE POUR LA MONTÉE ET LA DESCENTE DES OUVRIERS DANS LES TUITS DE MINE.
A mesure que les besoins (le l'industrie s’accroissent et que l’homme est obligé do descendre plus profondément dans les entrailles de la terre, pour trouver le combustible ou les minerais
originaire du Hartz, où il a reçu le nom de Fahrkuntz, est aujourd'hui employé dans beaucoup d’exploitations et s’il n’est pas devenu d'un usage plus général, c’est que son établissement exige une mise de fonds que peuvent seules faire les Compagnies les plus importantes.
Cet appareil se compose en principe de deux échelles de perroquet, placées en face l'une de l’autre et animées, en sens inverse, d’un mon-
dent il a besoin, il se trouve en face de »
difficultés nouvelles qu’il ne peut surmonter qu'au moyen d'engins également nouveaux. TmiHiiS
Ainsi tant que les exploitations ont été peu importantes, ou ne se sont faites A ! IHH qu'à des profondeurs modérées, les ouvriers ont pu monter et descendre par . I flBwJj des échelles verticales fixée* le long ’’ des parois du puits, ou emprunter la voie moins latigante mais plus dangereuse de la benne d'extraction.
Des que la profondeur devient un peu grande,
outre les dangers qu’elle ''
plus ingénieuses pour ** ' V ^ ’’ A ^
parer aux accidents qui Appareil pour la montée et I
résultent de la rupture
des câbles, offre, au point de vue économique un inconvénient très-grave. Pour descendre et remonter deux fois par jour un poste .un peu nombreux, il faut un temps considérable pendant lequel, outre que l’extraction est interrompue, la puissance de la
Appareil pour la montre et la descento dans les mines.
vue economique un
vcrnent vertical de va-et-vient, de telle manière qu'à la fin et au commencement de chaque oscillation, des éche- JjfeEljjr Ions de chacune de ces échelles soient au sPSP meme niveau.
tÉ) ;ipë ^ L’homme qui veut mouler n’a alors à chaque bout de course où se produit un petit moment d'arrêt, qu’à quitter l’ échelle avec laquelle il vient d'exécu-
^ ^ a * C ^* A chaque changement d’échelle, il s’élèvera ainsi de toute l’ampli-
j^j jj| jjj '
Jj agira de même, avant
soin toutefois de se placer à chaque oscillation sur l’échelon qui va des-
Les premières machines des mines du
' 'ii . Hartz se composaient de
deux véritables échelles Lk' oscillant en face l’une
!; . de l’autre , mais elles
iBâ fcctionnées, les échelons furent remplaces par des descente dans les mines. plateaux spacieux , en-
tourés de balustrades, et sur lesquels plusieurs hommes peuvent se tenir à l’aise. C’est sous cette dernière forme qu’on les trouve fréquemment dans les mines de l’Angleterre, de la Belgique, et dans quelques-unes de celles du Nord de la France.
w/muiiji
mm
machine n’est utilisée qu'eu très-minime partie.
On a donc dû chercher un autre mode plus économique et plus sûr, pour permettre aux ouvriers de franchir rapidement et sans fatigue l'espace vertical qui sépare les chantiers d’abattage, de la surface du sol. L’appareil que représente noire dessin,
Le mouvement leur est donné au moyen d'un ou de deux cylindres à vapeur, et les deux tiges avec les plateaux qu’elles portent s’équilibrent mutuellei ment par l’intermédiaire d’une colonne d’eau remplissant deux cylindres communiquants.
Dans la machine que représente notre dessin, on
voit facilement cette disposition : le mouvement est donné ici par la vapeur agissant alternativement audessus de l’un oïl de l’autre piston.
Cette machine est fort commode et très-sûre; le seul danger qu’elle puisse présenter résulterait de l’imprudence de l’ouvrier qui, se penchant en dehors du plateau sur lequel il se tient, serait broyé entre ce dernier et celui qui descend vis-à-vis. Mais c'est là un danger bien facile à éviter; cl quiconque a essayé de ce mode d’ascension et de descente n'a pas de peine à reconnaître sa supériorité sur les échelles verticales, et sur les cages d’extraction les mieux guidées et munies des parachutes les plus perfectionnés. Cuiacuière.