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L. Liiliutier

Vue d’un paysage de l’Islande. (Cratère éteint près du niont llécla.)

dit environ 200 mètres de sa hauteur. Le fleuve de lave qui se répandit jusqu'à 15 kilomètres du cratère, n’avait pas moins de 20 mètres d’épaisseur. Eu 1860, l'éruption d’un autre volcan islandais, le le Kotlugaia, fut accompagnée d'une colonne de vapeurs noires et de scories enflammées, qui s’éleva environ à 7,000 mètres. En même temps ces phénomènes déterminèrent la fonte des glaces et des neiges et inondèrent une partie notable du pays.

« L’effet dévastateur de semblables déluges peut facilement se concevoir. Non-seulement ils entassent

de vastes masses de conglomérat sur les plaines, mais encore déchirent et labourent la montagne de ravins profonds, strient et polissent les rocs les plus durs sous des torrents de glaçons et de pierres roulantes, et prolongent de plusieurs kilomètres les rivages de la mer. Si nous ajoutons les épaisses averses de scories et de cendres qui tombent continuellement, pendant des jours entiers, des hauteurs de I l’atmosphère dans laquelle elles sont lancées du fond : du volcan, et les torrents de lave incandescente, qui jaillissant des entrailles de Li montagne se précipi-

CHRONIQUE

Tremblement» <lc terre aux Ltats-llnla et en Turquie «l’Asie. — Quelque temps après les éruptions volcaniques dont on a lu plus liant le récit, et qui ont si violemment déchiré le sol de l’Islande, des tremblements do terre se sont fait sentir dans la plupart des États de l’Ouest, aux États-Unis, cl surtout dans l'Indiana, l'Ohio et l’Illinois. Le 18 juin 1875 tous les édifices de la ville d'Anderson, dans l’Indiana, ont été fortement ébranlés. — A Arnica dans l'Ohio, quelques murs ont été lézardés, des objets ont été chassés de leurs rayons dans des magasins. A Urbana, dans le même État, les édifices ont éprouvé un mouvement d’oscillation effrayant. A Chicago, une légère secousse s'est fait sentir, ainsi qu’à Cincinnati, où elle a profondément ému les habitants.

I.e tremblemc nt de terre qui a eu lieu un mois auparavant dans la Turquie d'Asie, a été bien plus terrible comme on peut s’en assurer par les lignes suivantes, adressées au Levant Herald, à la date du 25 mai 1875 :

« Dans tout le district d'Ichikli, il reste à peine debout cinquante maisons. A Zivril, village contenant environ 2,000 habitants, et connu pour son industrie, pas une maison n’a été épargnée. Près de 500 cadavres ont été retirés des ruines. Dans la ville d'Ichikli, plusieurs centaines de personnes ont péri, et surplus de mille maisons, il n’en reste debout que quinze et deux mosquées. Parmi les villages qui ont le moins souffert, on cite Caravapli, Scvasli et Yalka. A peu de distance de Zivril, le tremblement de terre a produit une crevasse dans le terrain, d’où jaillit maintenant de l’eau bouillante. »

En présence des faits énumérés précédemment, nous crovons devoir faire remarquer que les éruptions volcaniques en Islande, les tremblements de terre de la Turquie d’Asie, des États-Unis, les perturbations atmosphériques et les inondations en France, ont eu lieu successivement à des époques très-rapprochées. Dans un grand nombre de récits anciens et modernes, on peut remarquer que les tremblements de terre sont souvent accompagnés, précédés ou suivis de tempêtes atmosphériques, d’ouragans, d'orages, etc. Y aurait-il une corrélation entre les phénomènes atmosphériques et les phénomènes plutoniques? Nous nous bornons à poser ce problème, que la science ne saurait encore résoudre, mais qu’il est intéressant d’envisager.

Association française pour l'avancement «les sciences. — Le prochain congrès, qui s'ouvrira à Nantes le 19 août, promet d'être brillant. Le Comité local, présidé par M. le maire de Nantes, a préparé un programme fort attrayant pour les excursions : la Basse-Loire, Saint-Nazaire, le Bourg-de-Batz, les établissements d’Indret, de la Basse-Indre, de Conëron. Pour l’excursion tinale qui suivra la clôture de la session les 27, 28 et 29 août, et qui conduira à Vannes, Carnac, Locmariaques, Quiberon, Belle-Isle, Lorient, M. le ministre de la marine a bien voulu promettre un navire de l’État qui mettra les excursionnistes à même de visiter complètement ces parages intéressants à divers titres.

l’n grand nombre de savants français parmi lesquels nous citerons : MM. Dumas, secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Claude Bernard, Hei ri Sainte-Claire Deville , de Quatrefages , Wurtz , Daubrée , Levasseur, membres do l'Institut; Mouchez, chef de l’expédition du Passage de Vénus à l’ile Saint-Paul, etc., ont promis d’as-

sister à la session. Plusieurs savants étrangers invités [ ar la ville de Nantes prendront part aux travaux du Congrès.

Exploration» sou»-marine» entreprise» par In lMorxiïgc. — Le consul de France à Christiania a dernièrement communiqué des détails à la Société de géographie de Taris, concernant l’exploration delà mordu Nord. L’Assemblée nationale de Norvège a voté 115,000 francs à cet effet. Cette exploration durera trois étés consécutifs, pendant lesquels on étudiera spécialement les courants généraux, la température de l’eau, les migrations des poissons, cet objet si important des ressources alimentaires pour les peuples Scandinaves. Le chef de l’expédition est le capitaine Carr Wile, de la marine de l’Etat; il est allé en Angleterre se renseigner de l’organisation du Challenger, qui doit servir do point de départ pour les installations des sondages. Les promoteurs ont été MM. Mohn et Sars, bien connus déjà par leurs travaux scientifiques : le premier sur la température de la mer du Nord et le second par ses recherches concernant la faune des mers profondes. On doit restreindre les observations au bassin seul de la mer du nord, limitée par les Feroë, la Norvège, l’Islande, l’ile Jean Mayen et le Spitzbcrg.

Composition matérielle du corps humain —

Dans une conférence demeurée célèbre à Londres, dit le journal les Mondes , le docteur Lancaster présen'a un jour à ses auditeurs stupéfaits les résultats de l’analyse complète qu’il avait faite d'un homme pesant 72 kilogrammes. 11 montrait à son public: 10 kil. 5(10 de charbon, 1 kilogramme de calcium, 670 grammes de phosphore, 28 grammes de sodium, de fer, potassium, magnésium et silice. 11 n’avait pas apporté les 1 50 mètres cubes d’oxygène, pesant 55 kilogrammes, les 7 kilogrammes ou 3,000 mètres cubes d’hydrogène, et le mètre et demi d’azote, qu’il avait tirés du corps, à cause, disait-il, du grand volume que tout cela occupait. Tous ces éléments combinés représentent dans le corps humain : 55 kilogrammes d’eau 7 kil. 500 de gélatine, 6 kilogrammes de graisse, 4 kilogrammes de fibrine et d’albumine, 3 kilog. 500 de phosphate de chaux et d’autres sels minéraux. Les corps gazeux prédominent, on le voit, dans le corps humain ; beaucoup d’oxvgène à côté d’éléments minéraux en petite proportion, et ces corps gazeux, cet oxygène, doivent rentrer forcément tôt ou tard dans la masse atmosphérique.

Cuisine militaire aut<>iiiati«|iie. — Une cuisine automatique vient d’être construite en Italie, consistant en marmites qu’on peut charger soit sur des voitures, soit sur des animaux de bat, et qui chemin faisant, sans feu, sans surveillance aucune, préparent une excellente soupe. Ce système, dit le Bulletin de la Réunion des officiers, déjà expérimenté en France, repose sur le principe de la conservation du calorique au moyen d’épaisses enveloppes formées de feutres ou d’étoffes de laine. Lorsque tous les ingrédients composant le potage ont été placés ensemble dans la marmite, et qu’ils ont été soumis à une ébullition de vingt ou vingt-cinq minutes tout au plus sous l’action du feu, ou renferme la marmite dans son enveloppe et La cuisson s’achève sans nouvelle consommation de combustible.

L'atmosphère de la lune. — On enseigne généralement dans les cours du cosmographie et d’astronomie que la lune ne possède pas d’atmosphère, et qu’il ne peut se produire, sur la surface de notre satellite, aucune manifestation de la vie analogue à celles

pji sc présentent sur la terre. Cette proposition est beaucoup trop générale, comme vient de le prouver II. Neison, dans une note lue devant la Société astronomique de Londres. Ce qui est vrai, c'est que nous n’avons aucune preuve de l’existence d’une atmosphère autour do a lune. La principale preuve sur laquelle s’appuie celle opinion, c’est l'absence de réfraction dans l’occultation des islres par la lune. .Mats il n’est pas impossible de concevoir, comme le fait remarquer M. Neison, qu'il peut exister une atmosphère dont le maximum de pouvoir réfringent ne soit pas égal à une seconde d'arc de cercle, et qui soit cependant d’une très-grande étendue. Quelle que soit sa ténuité comparativement à notre courte atmosphère terrestre, elle exercerait néanmoins encore une grande pression sur la surface de la lune. Cette hypothèse expliquerait à la surface de la lune l’existence de nombreuses substances qui paraissent en composer la plus grande partie, et aplanirait beaucoup de problèmes de la géographie lunaire, aujourd'hui sans solution, et qui s’expliquent si l’on admet l’existence d’une atmosphère lunaire.

(Les Mondes).

Exposition des sciences géographiques, exposition des industries maritiutes et lluxiulcs à Paris. — L’exposition du congrès international des sciences géographiques, a été inaugurée le 15 juillet, dans l’emplacement qui lui a élc réservé ou Louvre. L'exposition des industries maritimes et fluviales s'est ouverte au palais de l’Industrie, le 11) juillet ; nous parlerons prochainement des objets qui sont dignes d’ètrc signalés, et nous passerons en revue les faits les plus saillants qui se dégagent de ces expositions, où se voient des produits et des appareils d’un grand intérêt.

BIBLIOGRAPHIE

Paris , ses organes, scs fonctions et sa vie dans la seconde

moitié du dix-neuvième siècle, par M. Maxime no Camp.

— G vol. in-8. - Paris, Hachette, 1809-1873.

Cette œuvre capitale est enfin achevée ; commencée en 18G8, au lendemain de l’Exposition universelle, clic n’a été terminée qu’âpres nos désastres. M. Maxime du Camp n’a voulu faire ni l'histoire, ni la description de Paris, mais étudier les fonctionnements de ses divers organes, c’est-à-dire de ses services administratifs qui assurent la vie quotidienne de la grande ville.

Successivement historien, quand il recherche les origines; chroniqueur quand, par l’anecdote, il fait pénétrer la vie dans les descriptions en animant les individus utiles, employés ou malfaisants parasiles, qui sont l’objet do ses études ; peintre et poète quand il dépeint une scène ; ingénieur lorsqu’il parle science, économiste et philosophe s'il touche à la politique, si profondément amalgamée avec l’existence et l’histoire de Paris. L’auteur relie ces qualités diverses et opposées par l'unité de son stylo toujours' sobre et pourtant riche, exactement appliqué sur la pensée pour en dégager chaque trait, en accuser chaque relief.

Aujourd’hui tout se fait pour et par la science et c’est pourquoi ce livre, qui marque dans l’histoire de Paris, rentre directement dans la catégorie de ceux dont la Nature doit rendre compte ; un grand nombre des monographies de M. du Camp étant presque uniquement scientifiques, comme la description des télégraphes, des voi-

tures publiques, des chemins de fer parisiens ; colle de la manufacture des tabacs, de 1 hôtel des Monnaies, des hôpitaux, du service des eaux, de l’éclairage, des égouts, sont de véritables petits traités spéciaux sur ccs questions dont l'étude est actuellement à l’ordre du jour.

Tout en constatant l'admirable grandeur de ce qu’il a étudié, M Maxime du Camp a bien compris qu’il faut tendre sans cesse vers le mieux etj à la fin de chaque livre, il a formulé, dans un chapitre intitulé les desiderata, les améliorations qui nous restent à obtenir. .

Il a rempli ainsi une tâche doublement sacrée ; d’abord en mettant en lumière les travaux immenses accomplis patiemment par les plus humbles fonctionnaires pour le bien de tous, et qui ont peu à peu substitué au désordre et à l’arbitraire d’autrefois l’organisation régulière dont nous sommes témoins, et ensuite indiquant les progrès à réaliser encore. M. Maxime du Camp connaît trop l’humanité pour espérer l'adoption immédiate de ses conseils, mais il a jalonné la roule 11 serait bien heureux pour Paris, que M. du Camp eût un jour le moyen d’aider efficacement à l’application des perfectionnements qu’il rêve.

Charles Boissay.

ACADÉMIE DES SCIENCES

Séance du 19 juillet 1875. — Présidence de M. Fiikmt.

Dessèchement du lac Fucino. — Un ingénieur français, M. Brisse, donne d’intéressants détails au sujet du lac Fucino, dont il a récemment opéré le dessèchement. 1 4,000 hectares ont été rendus à l’agriculture, et pour cela il a fallu creuser un canal de 6 kilomètres et une rivière de 12 kilomètres, et l’on a dû construire 55 kilomètres de route.

Scaphandre. — Tous nos lecteurs connaissent la remarquable machine inventée par M. Denayrouse et qui permet de pénétrer dans tous les lieux privés de gaz respirable. L’inventeur annonce que l’Angleterre lui a commandé pour le service des pompiers 120 exemplaires de. sou scaphandre. C’est un succès qui, on doit l cspérer, dans l’intérêt de tout le monde, sera suivi de beaucoup d’autres du môme genre.

Hôte des diverses parties de l'encéphale. — Flourcns a publié des expériences bien connues d’où il concluait que l’ablation du cerveau détermine la destruction simultanée de loutes les facultés intellectuelles et morales. D’après M. Bouillaud, qui ne fait d’ailleurs que reproduire les résultats déjà publiés par lui il y a fort longtemps, les diverses parties du cerveau com-pondent à des ordres différents de facultés. Trois malheureux pigeons sacrifiés parle célèbre professeur sont déposes sur le bureau comme preuves à l’appui de celle assertion. L’un d’eux privé par cautérisation de la partie antérieure du cerveau a perdu seulement les facultés intellectuelles: il se meut, mais ne raisonne pas ses mouvements. Un autre, auquel on a enlevé la partie postérieure du cerveau, a conservé son jugement : il veut fuir, mais il ne sait coordonner ses mouvements. Enfin, un troisième qui, en outre, a été amputé du cervelet reste inerte, affaissé sur lui même, incapable de se déplacer. Ce n’est d’ailleurs pas la seule erreur que SI. Bouillaud reproche à Flourcns, tout en protestant de son profond respect pour la mémoire du célèbre physiologiste, mais il réserve les autres points pour des communications ultérieures.

Les trombes. — M. Faye termine daus la séance d’aujourd'hui sa discussion sur les mouvements tournants

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