SLR LA DISTRIBUTION GÉOGRAPHIQUE
DES SIAGES.
Dans les régions Polarctiques, c’est-à-dire le nord de l’Europe, de l’Asie, etc., on ne trouve pas le singe, — on a cependant, dans l’Europe, rencontré une espèce à Gibraltar. — 11 n’y a pas de singes non plus en Australie, ce sont là des marsupiaux qui existent : un seul singe habite les Célèbes. Cependant les singes abondent dans le sud de l’Amérique, de l’Afrique et de l’Asie.
11 faut constater un fait non moins curieux, c’est que les singes de l’Ancien et du Nouveau-Monde diffèrent beaucoup comme structure et comme dentition. Les singes de l’Ancien monde sont platyrhiniens et ont la même dentition que l’homme ; ceux du Nouveau-Monde ont deux petites molaires de plus.
Les singes africains comprennent les Troglodytes, c’est-à-dire le gorille et le chimpanzé ; les Colobes , les Cercopithèques et les Cynocéphales ou Babouins. Le gorille n’est vraiment bien connu que depuis 1840, grâce aux travaux du docteur I. avilie, de Boston; il habile un district limité. Un jeune gorille a été, une fois, exhibé en Angleterre dans une ménagerie, mais ne fut pas reconnu. M. Walkcr, de Gabon, a eu plusieurs jeunes gorilles en captivité, quelque chose comme une vingtaine en six ans. En 1873, il en nourrissait un très-bel exemplaire, d’œufs et de lait, mais qui malheureusement parvint
à s’échapper. Il serait beaucoup à désirer qu’on pût avoir des gorilles dans tous les jardins zoologiques. Sous ce rapport, le Jardin d’acclimatation, au bois de Boulogne, a été favorisé en 1874.
Le chimpanzé, lui, se trouve sur la côte ouest du Congo, et Livingstone a rencontré sur les bords du lac Tanganyika, une autre espèce de singe anthropoïde qu’il appelle Solco. L’orang asiatique est bien connu, depuis plus d’un siècle; on peut le regarder comme un frère jaune du chimpanzé. 11 est abondant à Sumatra et à Bornéo, vivant dans les forêts basses, et les naturels lui donnent le nom de Mias. M. Wallace en a vu dix-sept spécimens eu deux mois et plusieurs avaient plus de quatre pieds de haut.
Parmi les Hylobates ou Gibbons, il faut en compter six ou sept espèces, vivant dans les grandes îles Asiatiques. Quelques-uns de ces singes possèdent une voix mélodieuse et l’un d’entre eux a reçu le nom deffoolook des sons musicaux qu’il sait faire entendre; tous les autres ne poussent que des cris. L’Inde, elle aussi, possède de nombreux singes : on pourrait dire que chaque forêt y possède son singe distinct ; il faut y compter 40 à 20 espèces de Macaques. L 'Albinos ou singe purement blanc y est très-estimé par les rajahs indiens. On y connaît encore 25 à 30 espèces de Cercopithèques, tous à queue longue mais non préhensiles, quelques-uns formant réellement de très-jolis animaux souvent très-diversement colorés.
Les babouins n’ont pas des habitudes absolument liées aux forêts ; on les voit souvent chercher leur nourriture sur le sol ; tous sont africains. C’est cependant à leur espèce qu’il faut rapporter celle des rochers de Gibraltar.
Le Nouveau-Monde nous fournit 8 espèces de singes : les Atèles ou singes araignées, Lagolrix, Mycetes ou hurleurs, Cebus ou capucins, le singe noir, le Paracacu, le Ouakari, etc.; en outre, il faut y ajouter deux familles de Ouistitis insectivores. Les singesaraignées ot les hurleurs ont un espace nu à l’extrémité de la queue dont ils se servent comme d'un espèce de doigt; les capucins ont aussi la queue préhensile, mais le dessous de cette queue est couvert de poil. Le Lagotrix ou Barrigado est un animal très-lent, se mouvant avec peine et très-facile à prendre ; il est confiné dans la vallée de l’Amazone. Quant au Ouakari, il n’a qu’un petit tronçon de queue, ce qui est une véritable exception parmi les singes américains; ceux qui le découvrirent crurent que l’exemplaire qu’ils venaient de prendre avait eu la queue coupée par accident. Ce ne fut que longtemps après qu’on acquit la preuve que le fait était naturel.
Les Lémuriens ont reçu ce nom du mot latin Lemur, fantôme, tous étant nocturnes. On eu connaît 37 espèces, presque toutes trouvées à Madagascar. L’Asie en possède 4, l’Afrique 8, comme le Galago et le Polto. Ces animaux sont quelquefois pris pour des paresseux. L'Aye-Aye se trouve aussi à Madagascar; et, à ce sujet, une curieuse observation vient d’être faite par M. Bartlett, c’est que l’ave-aye, loin de se
nourrissait de lait, de miel et d œuts qu il plaçait ;
ut, depuis quelques années, introduit sa cultun
dans un tronc d’arbre. Quand l’aye-aye avait enlevé
ans certaines parties de leurs vastes possession
la nourriture, il retournait au trou voir s'il y en avait encore, et ses Innés dnirds lui servaient nré-
ans les Indes, notamment dans le territoire d'Assam ù le terrain particulier favorise cette culture. C e-
ciscment à 1
elirer la nourriture de ces cavités.
le
n I8û0 que le thé d’Assam fut, pour la premièr
Culture du thé à Calakce.
fois, importé à Londres; il est peu à peu devenu un des produits agricoles les plus importants de l’Inde. Les plants du thé, comme personne ne l’ignore, sont produits par une graine. Pour obtenir les pousses, on conserve la graine, pendant l’hiver, dans un terrain humide et on la sème en mars. Au bout d’une année on plante les jeunes arbustes. On ne les laisse pas s’élever à plus de trois pieds, les ayant plantés sur une même rangée, à trois ou quatre pieds de distance. Leur aspect est très-analogue à celui des groseilliers. La récolte des feuilles commence la quatrième et la cinquième année ; elle se continue bien rarement au delà de la dixième et de la douzième année, époque à laquelle l’arbuste est bêché et renouvelé. Ou cueille les feuilles à la main, et ce travail est principalement confié à des femmes. Les feuilles sont
généralement cueillies pendant trois saisons successives.
Les premières jeunes feuilles nouvelles sont les plus tendres et les plus délicates : elles produisent le thé qui a le plus de saveur. La seconde et la troisième cueillette donnent des produits plus amers, plus durs et offrant moins de substances solubles dans l'eau.
11 est bon de faire remarquer que les feuilles fraîchement cueillies ne donnent, en aucune façon, une infusion possédant celte odeur et ce goût délicieux qui distinguent les feuilles séchées que nous appelons thé. Ces qualités ne s’obtiennent que par le procédé du sèchement et du rôtissage. Une fois rapportées des plantations, les feuilles sont étendues serrées sur des plateaux de bambou, dans le but d’évaporer
l'excès d'humidité ; elles sont ensuite agitées pendant. cinq minutes dans des poêles spéciales sur un léger leu de bois. Ensuite on les roule à la main sur une table et on les jette encore dans le torré-
facteur. On les laisse alors sur le feu pendant une heure et plus, en les agitant constamment, jusqu’à ce qu’elles soient complètement sèches et d'une couleur déterminée. Les feuilles séchées sont pas-
Culture du thé à Chéri deo.
sécs à travers des tamis de diverses grandeurs, pour I tre impureté; elles sont ensuite soumises une se les débarrasser de la poussière ou de toute au- [ condefois à l’action du feu, jusqu’à ce qu’on oh-
Etablissement de préparation du thé à Mazingah.
tienne complètement la couleur requise. La différence entre le thé vert et le thé noir est attribuée principalement à la méthode de manipulation employée. Pour préparer le thé vert, on fait rôtir les feuilles presque immédiatement après la cueillette.
et on les fait sécher très-rapidement après la torréfaction, tandis que le thé noir est séché par une longue exposition à l’air.
Les gravures qui accompagnent notre notice sont reproduites d’après des photographies et donnent une
idée de l’aspect luxuriant des nouvelles cultures de thé dans les Indes anglaises ; à Galakce, à Cheridco, les campagnes en sont littéralement couvertes ; quelques vastes établissements, comme celui de Mazingali, se construisent, et font vivre plusieurs centaines d'ouvriers. Celte industrie naissante est un important élément de prospérité apporté à ces contrées fertiles. Elle nous offre un nouvel exemple de .. l’intelligente exploitation que nos voisins d’Outre- Manclic savent faire de leurs colonies.
L’usage du thé eu Europe ne date guère que dedeux cents ans ; il a été introduit en Europe, pour la première fois, par les Hollandais. En 10il, un célèbre médecin d’Amsterdam, nommé Tulpius, fut le premier à donner des louanges à l’infusion du tlié, et en 1007 un médecin français, Souquel, contribua singulièrement à en répandre l’usage. On estime aujourd’hui qu’il s’importe en Europe environ pour deux cents millions de francs de thé par an.