DE TORPILLES DE L’OBËRON
Par suite du mystère qui préside aux recherches et aux expériences dont les torpilles sont l'objet chez toutes les nations maritimes, on sait encore peu de choses sur les progrès accomplis dans ces derniers temps, par celte arme nouvelle. Il n’est pas téméraire d’affirmer, néanmoins, que les difficultés de son maniement subsistent toujours, et que l’heure est à venir où le nouvel engin sortira du domaine de la théo- I rie pour entrer définitivement dans celui de la pratique. C’est du moins cc qui paraît ressortir des | expériences qui viennent d’avoir lieu à Portsmouth,
. et qui diffèrent évidemment fort peu de celles qui se loul ailleurs.
Ces expériences, aujourd'hui terminées, ont été commencées, il y a un an. Elles avaient pour but de déterminer le champ d’action de la torpille dite dormante, c’est-à-dire destinée à défendre l’entrée d'une passe ou d'un port contre les navires qui voudraient les franchir. Ce genre de torpille est relié à la terre par un fil électrique, et repose sur le sol sousmarin.
Ou avait donc choisi l’un des vieux bâtiments à roues de la marine royale, YObéron, qu’on avait blindé exactement comme YHercules, magnifique ! cuirassé de 8,680 tonneaux, qui porte en ce moment le pavillon-amiral de l’escadre anglaise dans la Méditerranée. La matière explosive choisie était le coton-poudre comprimé, dont chaque charge pesait 226 kilogrammes.
Les assauts subis par le vieux navire sont au nombre de sept. Bans la première expérience (G août 1874), la charge fut plongée à 14™, 60 de profondeur et à une distance de 50 mètres du bâtiment (côté droit). Elle n’obtint qu’un effet médiocre.
Les résultats ne furent pas plus brillants dans les deux expériences suivantes (21 août et 5 septembre), bien qu’on eût diminué la distance de la charge au navire (50™, 24™, 30 et 18'", 20) quant à la profondeur d’immersion de cette charge, elle était restée la même : 44™, 60. On prit alors le parti de placer cette charge à une distance égale à la profondeur adoptée (14™, 60). Celte fois (26 septembre) l'effet fut plus sensible; YObéron eut des avaries graves. On le répara, et le 42 novembre suivant, les expériences furent reprises. Cependant comme le navire avait beau-
fi A NATURE
coup souffert du côté où il avait été atteint, la charge fut placée à sa gauche, toujours à la profondeur de 14 m ,60 et à une distance de 15' a ,8Û du fond de sa coque. Quoiqu’elle se trouvât alors beaucoup plus voisine du navire que le 26 septembre, le résultat fut loin d’être aussi sensible.
On expliqua l’événement parce lait, que la charge au lieu de reposer sur le sol, comme dans les expériences précédentes, se trouvait suspendue à environ j 7 mètres du fond de l’eau, par suite do la déclivité du terrain de ce côté du navire. On en a conclu avec raison que les torpilles n’avaient point la même efficacité lorsque le sol ne leur servait pas de point d’appui, ou de tremplin, pour ainsi dire. Aussi s’empressa-t-on de reprendre les expériences à la droite du bâtiment.
Le 28 novembre, la charge fut placée à 9 m ,12, et comme dans la quatrième expérience, le succès fut complet, car une voie d’eau se déclara immédiatement. Il n’est donc pas surprenant que le dernier essai, celui du 20 mai 1875, qui a été fait avec une torpille plongée verticalement sous YObéron, ait mis celui-ci hors d’état de servir désormais, bien cpi’il n’ait pas été coulé.
En résumé, ces expériences ont établi un fait indéniable : c’est qu’une torpille n’a d’effet sérieux qu’à une distance de do mètres maximum; encore faut-il qu’elle soit chargée de 226 kilogrammes de poudre-coton et qu’elle repose sur le sol. l’eut-on en conclure qu’on doive renoncer au système?... Un recueil scientifique anglais, â juste litre estimé, l’Engineer répond par l’affirmative. Son opinion est basée
Expériences des torpilles de l’Obérou.
sur la petite distanceà laquelle il est nécessaire qu’un navire se trouve d’une torpille pour souffrir de son explosion, ce qui exige naturellement, pour la défense d’une passe, l’emploi d’un nombre considérable de mines sous-marines.
« Et dans ce cas, se demande-t-il, ne se gênerontelles pas l'une l’autre, et n’y a-t-il pas à craindre que l’explosion d’une torpille n’entraîne celle de ses voisines? ce qui ouvrirait dans des proportions plus que suffisantes, la porte à l’ennemi. »
L 'Engineer préfère de petites torpilles tenues à une faible profondeur et s’enflammant au contact des bâtiments qui les toucheraient. II estime qu’une charge de 15 à 23 kilogrammes de poudre-coton suffirait pour cela, ainsi qu’il résulte des expériences faites récemment par les Suédois. Le journal anglais ne dissimule pas d’ailleurs les nombreux inconvénients inhérents au système qu’il préconise, et qui , représentent surtout les courants et les marées. Quoi |
qu’il en soit, il les trouve moins inquiétantes que ceux du premier système, auquel il conseille de renoncer.
Renoncer aux torpilles s’enflammant par l’électricité, pour adopter exclusivement les torpilles flottantes, serait à notre sens tomber d’un excès dans l’autre; car si instructives que soient les expériences sur lesquelles s'appuie l 'Engineer, elles sont loin d’être complètes. Ainsi elles ne fournissent pas la distance à laquelle se fait sentir l’explosion d'une torpille dans le sens latéral, au ras du sol; et c’est justement ce qu’il importe de savoir, avant d’affirmer que des torpilles placées à 30 mètres l'une de l’autre, par exemple, peuvent se nuire au point de se faire éclater ou de changer déplacé. C’est là un côté de la question qui n’a pas encore été étudié, et que nous recommandons à l’attention des hommes compétents.
1 celles destinées à donner des femelles, les chenilles LE BOMBYCE DISPARATE | futures des mâles restant plus de moitié plus petites.
! Elles se retirent entre les feuilles, ou sous une écorce
11 semble que notre incurie à exécuter les près- I criptions de la loi de l’échenillage nous attire des ; ravages croissants, car on trouve cette année, comme la précédente, les forêts, les vergers, les avenues, lesbords des routes, dévastés dans leurs feuillages, au point, que certains bouquets de bois paraissent sortir de l’hiver. Un des papillons les plus nuisibles sous ce rapport, parce que sa chenille , trcs-vorace peut al laquer tous les arbres à feuilles caduques, et même les pins, à défaut d'autres, est celui que les entomologistes nomment Liparis dispar , Linn., le Bombyx des forestiers.
L’aspect de celte che- Chenille du bombyee
nille a quelque chose de
repoussant et de farouche, en raison de sa couleur noirâtre et de scs longs poils, avec deux pinceaux derrière la tête, quatre lignes longitudinales jaunâtres ou grisâtres, et des séries de tubercules, bleus sur les premiers anneaux, d’un rouge pourpré sur les autres. Si on la touche elle remue avec force sa grosse tète, d'un brun verdâtre, piquetée de noir, semblant la projeter sur l'agresseur. C’est là un instinct défensif commun à beaucoup de chenilles : elles j croient avoir à repousser les attaques des Ichncumons ( hyménoptères), ou des entomobies (diptères), cherchant à poudre des œufs d’où sortiront des larves destinées à vivre des tissus de la chenille. Les jeunes chenilles du bombyee disparate sortent des œufs en avril ou au commencement de mai, et restent réunies en groupes pendant les premiers jours, par ce fait -, , i , >• , dô l'association si fré-
Chrysalide du bombyee disparate
(femelle). quentchez les jeunes in-
sectes, et qui est un instinct naturel des êtres faibles. A mesure qu’elles grandissent les groupes se divisent, et enfin, devenues assez fortes, elles se dispersent. Elles parviennent. à toute leur grosseur à la fin de juin ou au commencement de juillet. 11 en est qui atteignent alors jusqu’à 5 centimètres de longueur; ce sont
soulevée, ou dans un creux sur quelque talus, et tirent de leur filière quelques fils grossiers, (pii ne forment pas un vrai cocon, mais servent seulement à soutenir la chenille pour changer de peau. Elle devient une chrysalide d’un brun noirâtre, velue, avec des sortes de bouquets de soies raides et jaunâtres, remuant très-vivement au moindre contact. Un trouve souvent plusieurs de ces chrysalides voisines les unes des autres, le même gîte s’étant trouvé à la convenance de leurs chenilles. Les papillons s’envolent dès les premiers jours du mois d’août. Le disparate (remette). nom de l’espèce vient de
la grande disproportion de taille entre les deux sexes. Le mâle n’a guère que 25 à 30" ,,n d’envergure; ses ailes supérieures sont d’un gris-cendré ou brunâtre à la base et à l’extrémité, d'un gris plus ou moins blanchâtre, au milieu, avec quatre lignes noirâtres, transverses, en zig-zag, et des points noirs près des bords, les ailes inférieures d’un brunâtre terne, avec le bord postérieur plus obscur, et la frange blanchâtre un peu entrecoupée de brun. Le corps est d’un brun sale, avec une tache noire sur les quatre derniers anneaux de l'abdomen. Les antennes, d’un gris-brun à tige blanchâtre, sont fortement pectiuées. On en trouve, accidentellement, avec les ailes d UU gl’lS brun uni , Papillon femelle et œufs sans aucune ligne trans- du hombyee disparate verse.
Ce petit mâle vole avec une ardeur extrême, nonseulement le soir, mais en plein soleil, dans les allées des bois, sur les promenades publiques, dans les rues même contenant des jardins. Il ne cherche qu’à s’accoupler, car lui et sa femelle, comme les autres bombyeiens, ne prennent pas de nourriture et
n'ont qu'une trompe rudimentaire. Sou vol est rapide, mais sautillant et saccadé; partout il cherche sa femelle, attiré par l'odeur. Qu’on ait une femelle dans une chambre au milieu de Paris, et les mâles viendront la chercher de plusieurs kilomètres de distance même, en général des squares et boulevards plantés d’arbres les plus voisins. J'en ai même vu venant voleter contre les vitres fermées, tant leur odorat est subtil. Si on se trouve dans un bois ou dans un parc, tenant une femelle sur sa main, les mâles cherchent à s’en approcher, sans aucun souci de votre présence. Qu’on ait une femelle dans une petite boîte, placée dans la poche, une douzaine de mâles, voltigeant autour de vous, vous feront un cortège obstiné à la promenade, s’accrochant à vos vêtements; il y aurait eu là, au vieux temps, de quoi vous faire regarder comme sorcier, doué du pouvoir surnaturel d’évoquer les papillons au fond des bois. C’est par un artifice analogue que des apiculteurs, tenant cachée la reine abeille, se lont suivre par l’essaim.
Autant le mâle était vif, autant la grosse femelle est lente et paresseuse. Elle ne vole pas et remue à peine les ailes, qui atteignent 50 millimètres d’envergure et plus. Elle reste posée sur un tronc d’arbre, les ailes supérieures couchées sur le corps, un peu croisées, recouvrant les inférieures ; sa couleur est d’un blanc grisâtre, nu légèrement jaunâtre, avec les mêmes dessins noirs ondulés que le mâle, ayant comme lui une tache noire circulaire entre le milieu et la base de l’aile. Le corps est trcs-gonflé et volumineux, d’un blanc jaunâtre antérieurement et d’un gris brun postérieurement ; les antennes sont noires et minces, très-légèrement pectinées au bord interne. Elle pond de deux cents à quatre cents œufs en un seul tas ovale, sur le tronc des arbres, à l’origine d’une branche, sous une traverse de clôture de haie, etc. Elle recouvre ces œufs avec les poils un peu roussâtrcs de l'extrémité de son abdomen, qu’elle arrache avec ses pattes de derrière, à mesure que les œufs sortent del’oviduete. C’est une chaude couverture contre le froid de l’hiver, touchante protection maternelle pour une postérité qu’elle ne verra pas éclore, car elle meurt après la ponte, l’abdomen flétri, atfaissé et dénudé. Les œufs sont sphériques, d’un gris translucide ; ils sont quelquefois attaqués par de minuscules hyménoptères, qui logent une larve clans chacun d’eux, protecteurs atomiques et malheureusement trop rares des bois et des vergers.
Le meilleur moyen de s’opposer aux dégâts de cette espèce funeste, c'est de rechercher à la fin de l’automne ou en hiver les plaques d’œufs sur les troncs d arbre ou aux fourches des branches. On dirait un tampon d’amadou ou un morceau d’éponge, ce qui a fait appeler l’espèce la spongieuse par quelques auteurs. On recouvrira ce tampon d’une épaisse couche de goudron à demi liquide. Cela vaut mieux que d’écraser les œufs avec une spatule de bois, ou de les râcler au couteau pour les recueillir et les brûler, car on en fait tomber un certain nombre sur le sol, qui donneront leurs chenillettes au printemps. On
doit aussi rechercher les chenilles au mois de mai, quand elles sont encore en groupe, les couvrir de goudron ou d’une épaisse lessive de savon noir, ou les flamber â la torche de paille. Pour protéger un jardin ou un verger il faut aussi rechercher les chrysalides dans les fissures des écorces et les grosses femelles avant la ponte, au repos sur les troncs, et les écraser vigoureusement. Avec ces précautions, si simples â employer à l’époque voulue, avec les femmes et. les enfants de la maison, contre celle espèce et quelques autres, telles que la livrée et le cul-doré , on a le plaisir d’avoir des fruits eu abondance, tandis que les voisins poussent, des lamentations devant les arbres dépouillés par leur négligence, et même accusent ou implorent le gouvernement, demandent â grands cris, quand le mal est fait et irréparable, des savants, dont ils se garderont bien de suivre les bons conseils pour l’an prochain. Maukice Giiuhd.
CHRONIQUE
Congrtts International de géographie. — Distribution de» récompenses. — Le Congrès de géographie qui restera comme un événement mémorable dans l’histoire de la science, s’est terminé le 1 1 de ce mois, par la distribution des récompenses. M. le maréchal de Mac-Mahon, le grand-duc Constantin de Russie, assistaient à la séance avec un grand nombre de notabilités scientifiques de la France et de l'étranger. La réunion était présidée par M. le Ministre de l’Instruction publique. M. Wallon a fait une allocution sur les richesses cartographiques que tous les pays civilisés ont envoyées à l’exposition des Tuileries. M. Maunoir, secrétaire général de la Société de géographie, a donné un aperçu rapide des travaux du Congrès. On a entendu proclamer les noms do MM. de Quatrefagcs, E. Desjardins, üelgrand, E. Levasseur, Mademoiselle Caroline Kleinhans, Bonnefont. Ilenncquin, Hachette, Belin, Delagrave, etc., etc. La séance s’est terminée par les allocutions de M. C. Negri, président de la Société de géographie italienne, de M. le vice-amiral La Roncière le Noury, et par quelques paroles de M. Wallon, qui a déclaré la clôture du Congrès.
Les lions marins au Jardin d’acclimatation.
— Le Jardin d’acclimatation continue à se pourvoir d’animaux intéressants, qui ont le privilège d’attirer une grande affluence de visiteurs. Les lions de mer sont actuellement l’objet de la curiosité générale, surtout au moment de leur repas sur lequel ils se précipitent avec une voracité curieuse. Ces animaux ne mangent pas moins de 40 kilogrammes de poissons par jour. Tantôt ils nagent dans le bassin qui leur est réservé, tantôt ils sortent de l’eau en obéissant à la voix de leur gardien. Les lions de mer, sont aux États-Unis l’objet d’un commerce important. Ils fournissent une huile précieuse et leur peau fourrée est employée à faire des habits imperméables *. Nous publierons prochainement une notice sur ces curieux animaux, dont nous reproduirons la physionomie.
1 Voy. Deuxième année, 1874. Second semestre, p. 135. — i Les phoques à fourrure des tles Pribijlov.
iw
Camphre comprimé. — Un pharmacien de Boston a récemment imaginé de fabriquer du camphre comprimé qui. paraît-il, exerce une action bien plus efficace que le camphre ordinaire pour la destruction des vers, mites, etc. Le camphre comprimé a l’aspect de petits blocs solides, qui se conservent sans s'émietter en fragments et qui sont plus commodes à mettre en vente et en circulation que les morceaux de camphre habituellement usités. (Tlie Laboratory , de Boston.)
Emploi dn chloroforme pour conserver les Infusions végétales. — il. J. -B. Barnes a lu récemment une note à ce sujet, dans une séance de la Société pharmaceutique de la Grande-Bretagne. D’après des expériences nombreuses, l'auteur affirme qu’une infusion de malt, par exemple, peut être conservée sans altération pendant un temps considérable, si elle est additionnée d’une petite quantité de. chloroforme. Un mucilage de gomme acacia a été traité dans tes mêmes conditions et avec le même succès. Iles expériences ont été faites pour étudier l’action du chloroforme sur la fermentation alcoolique; elles ont démontré que le liquide anesthésique empêche le développement des ferments. M. Iîarncs pense que le procédé qu’il indique peut s’appliquera la conservation des solutions de citrate d’ammoniaque, dos jus de citrons et de beaucoup d’autres substances organiques trèsaltérables.
ACADÉMIE DES SCIENCES
Séance du IG août 1875. — Présidence de M. Fuksiy.
Dosage de l'acide acétique dans le vinaigre. — M. le ministre des finances soumet à l’examen de l'Académie | des sciences un Mémoire de M. Maumené, sur un moyen de reconnaître la richesse acétique d’un vinaigre. L’auteur du Mémoire, se sert nour cela, du carbonate de chaux : la quantité d’acide carbonique dégagé, indique la force du liquide.
Étoiles filantes. — M. Tisserand envoie un Mémoire sur les étoiles filantes qu’il a observées dans les nuits du 9 au 10 et du 10 au 11 août. On sait que cette époque correspond à un maximum, et, en effet, le nombre des météores observés par l’auteur du Mémoire, est très-grand. Les étoiles semblaient, pour la plupart, émerger de la constellation des Perséides, mais il y avait aussi des points d’émergence secondaires.
M. Le Verrier, à ce sujet, cite, parmi ces seconds points d’émergence, les constellations des Jumeaux et de la Chèvre.
Avis aux simples amateurs d'astronomie. — M. Vinot présente à l’Académie un instrument très-simple et permettant de trouver facilement les constellations cl les principales étoiles. Cet instrument n’exige pour être manié que des notions très-élémentaires d’astronomie. Le pied est muni d’une boussole. Une lunette mobile, autour d’un axe vertical, peut interroger tous les points de la voûte céleste. L’instrumcnl est accompagné d'une notice donnant l’azimuth et la hauteur des principales étoiles pour toutes les heures de la nuit.
Un réactif délicat. — C’est un sel de nickel ammoniacal qui teint fortement en rose les dissolutions de sulfocarbonates. M. Menuet a reconnu que la puissance en est telle qu’une goutte décèle une partie de sul bicarbonate
dissoute dans 00,000 fois son poids d’eau. Un observateur habile peut même reconnaître le sel dans 80,000 fois son poids d'eau. Réciproquement, une trace de nickel peut être accusée par la coloration rose que prend sa dissolution au contact d’un sulfocarbonate.
Pourpre de platine. — Un chimiste, dont le nom n’est pas venu jusqu’à nous, a formé dans un sel de platine, un précipité semblable au pourpre de Cassius. Le procédé est analogue à celui que l’on suit pour obtenir le précipité dans un sel d’or.
Le verre trempé. — Diverses observations sont envoyées par M. de Luynes à l’Académie au sujet du verre trempé. Observé à la lumière polarisée, il présente, comme les corps cristallisés, une croix noire. — Si l’on en attaque une laine avec une lime, en suivant la direction des lignes qui figurent la croix, la lame peut être sciée sans abandonner le moindre éclat. Dans un autre sens, elle se brise. Parmi les échantillons, présentés à l'Académie, il y avait une boule de verre présentant des bulles de gaz dans son centre. Avant la trempe, ces bulles étaient microscopiques; après, elles présentaient un volume considérable. Si l’on recuit la sphère, les bulles redeviennent microscopiques ; en retrempant le verre, elles reprennent le volume qu’elles avaient à la suite de la première trempe. M. de Luynes crut pouvoir assurer que la pression au centre de la boule, après la trempe, est de IC à 18 cents atmosphères. 11 a encore reconnu que la densité du verre trempé est inférieure à celle du verre ordinaire, et que dans une sphère elle va en décroissant de la surface au centre.
Sur Van llclmont. — M. Chevreul lit à l’Académie line longue note dans laquelle il relève une erreur de M. Melsens, qui, dans un ouvrage récent, a attribué à Van llelj mont une expérience faite, dès le douzième siècle, par l’alchimiste arabe Arléfius. Artéfius savait ou effet qu'une chandelle, récemment éteinte et encore fumante, se rallume au voisinage d’une chandelle, enflammée.
Nouveaux signaux. — M. l’amiral Paris fait part à l’Académie d’une proposition de M. Trêves, tendant à faire admettre à bord des navires l'électricité pour la production de. lumières diversement colorées, servant à indiquer la direction que suit le bâtiment. Beaucoup d’abordages seraient évités par ce moyen.
A propos du congrès de géographie. — La Société géographique de Rome envoie à l'Académie, par l’intermédiaire de M. Daubrée, un volume contenant d'importante; études géographiques et géologiques sur l’Italie.
Les grottes de Menton. — M. de Qualrofages présente, de la part de M. Rivière, une note sur les espèces fossiles des grottes de Menton. Le nombre des fragments do squelette de rhinocéros recueillis ne laisse plus aucun doute sur l’âge de cette faune.
Stanislas Mlunier.