LES INSTRUMENTS EN SILEX
a i/époque mérovingienne.
Les Francks connaissaient-ils les instruments eu silex, les employaient-ils et à quels usages les faisaient-ils servir? Telles sont les questions que nous allons essayer de résoudre.
Il est assez facile de prouver l’usage constant du une lbrle tache de rouille provenant de son contact silex pendant les premiers siècles de l’ère chrétienne, ! avec un scramaxe.
et on ne manque pas d’exemples de découvertes de . A Pont-à-Bucy (même arrondissement), signalons ce genre aux époques gauloise, gallo-romaine, mé- un couteau en silex qui, fragmenté, a pu servir enrovingienne et même karolingicnne. Nous nous suite de pierre à briquet ; à Lisv( toujours dans le bornerons à la France, et rappellerons seulement même arrondissement), deux beaux couteaux, qui pour mémoire qu’à la bataille d llasting (onzième sont actuellement au musée de Laon avec « un petit siècle), les Anglais se servirent de flèches en silex, dart de flèche en silex gris blanc de Ü'",025 de lonel qu’en 1298 les Écossais de Walace avaient encore i gucur d’un remarquable travail. » (Voy. la gravure.) des haches de pierre ; mais, pour ne parler que de Les merveilleuses découvertes de M. Moreau à Canotre pays, voici une série de faits intéressants à ci- randa (Aisne) 1 , viennent apporter une nouvelle con-
ter. Au procès-verbal de la séance du 5 novembre , firmation d'un fait déjà acquis à la science et rendant 1809 dota Société des Antiquaires de France, nous le doute désormais impossible. Enfin, saint Ouen, lisons : « M. Bertrand communique le dessin d’une i dans la Vie de saint Éloi, parle de haches en silex et lame de poignard en bronze, longue de 27 ccntimè- 1 ajoute son autorité.
1res et large de G centimètres dans le haut. Ce poi- Maisil esta remarquer que jusqu’ici les cimetières gnard a été trouvé dans le même caveau que la mérovingiens n’ont pas donné tous des silex taillés; pointe de flèche, si finement travaillée, donnée au au contraire ceux qui en renferment sont l'exception: Musée de Saint-Germain par M. 1‘. Mérimée. Le ca- toutefois celte exception est peut-être moindre qu'on veau, situé à Plouvcncz-Le-Christ (Bretagne) sur h ne suppose, car si, depuis un certain nombre d’anpropriété des frères Morvan, était formé de nées déjà, on a su recueillir et classer les
deux murs en pierres sèches recouverts de vases et les armes des Franks, plus d'une
deux dalles en granit d’une longueur de 5 . des personnes dirigeant les fouilles n’au-
mètres sur une largeur de 1 mètre et demi. 4 raient pas su reconnaître un silex travaillé,
Vers Je milieu du caveau gisaient en tas la aussi croyons-nous que l’on doive faire une
lame de poignard et 22 flèches en silex. » * large part à l’ignorance où l’on a été long-
M. Desor rapporte que l’on rencontra dans temps des études préhistoriques,
les fossés d’Alise des flèches de pierre à côté Étant admise cette existence indiscutable
de flèches de bronze et de fer. T des instruments en pierre dans les sépultures
Eu ce qui touche l'époque gallo-romaine, BarJ Je |lùche franques, comment l’expliquer? Des savants, mentionnons particulièrement les trouvailles en silex, trouvé d’une science reconnue, comparant les | oinfaites ou signalées par MM. l’abbé Cochet, à , r ros <le •f 011 tes des flèches, les grattoirs, aux curiosités
l.uncray; Ayinard, a Samt-Privat d Allier ; franque. romaines que l’on voit egalement dans les
de Moutaiglon, à Concilies; Woillez, à Braye; ( Grand nalur -) tombes, croient que les idées superstitieuses de Hobillard de Beaurcpaire, à la Touratlc. les ont fait conserver comme des amulettes.
Si nous arrivons à l’époque mérovingienne, nous Nous n’oserions, en cette importante matière, émettre
avons des arguments assez nombreux: si nous allions un avis formel ; cependant, nous croyons que l'on va
du plus au moins il nous suffirait de citer le passage trop loin en présentant l'opinion que nous venons
suivant des Mémoires de la Société dont nous venons de rapporter comme en affirmant l'usage général
déjà de donner un extrait : « M. Quichcrat comniu- de la pierre aux temps mérovingiens. Nous pensons
nique les dessins d'objets trouvés à Puxieux (Mo- que les silex, après avoir été pendant de longs siè-
selle). Ce sont une poignée de sabre accompagnée clés les seuls instruments au service de l’humanité,
d’un tronçon de lame, une boucle de ceinturon et furent encore employés après la découverte du bronze
des pointes de lances et de flèches, en silex taillé et du fer; plus le métal devint commun et plus le
dans le style des armes de celte nature fournies par silex fut rejeté. La transition ne s’opéra pas brus-
les cavernes. La forme du sabre et de la boucle du quement et en un jour, mais lentement et avec des
ceinturon démontrent positivement qu’ils appartien- siècles. A l’époque franque, les métaux l'avaient dé
nent à l’époque karolingienne et M. Quichcrat en fautivement, non totalement, emporté ; et la pierre,
conclut que la sépulture de Puxieux est, à n’en pas bien qu’ encore utilisée, allait être enfin abandonnée
douter, un tombeau du neuvième siècle. » Les preu- pour toujours. C’est ce qui explique tout à la fois
ves directes sont en certaine quantité. On a rencontré sa présence dans certaines sépultures mérovin-
des silex taillés dans les sépultures mérovingiennes gicnnes ou karolingiennes, et son absence dans
en plusieurs endroits, particulièrement au tumulus d'autres.
de la tour de Saint-Anstrille (sixième ou huitième Georges Lecocu.
siècle) et dans le département de l’Aisne où M. ,1. Pilloy a fait d'habiles et heureuses recherches.
A Nouvion-le-Vineux (arrondissement de Laon), on a trouvé dans une tombe franque : quatre silex ayant pu servir de pierres à feu et une belle hache
éclatée en grès lustré, style du Moustier, portant | conm. ij P . et uér. caùé
1 Vuy. p. 88, n° 110. — 10 juillet 1875.
Le Propriétaire-Gérant : G. Tissais dieu.