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LE DOCK FLOTTANT « BERMUDA

Pour réparer ou simplement nettoyer la carène des grands vaisseaux dont sc sert aujourd'hui la marine militaire, on a été conduit à construire d'immenses cales étanches dans lesquelles on introduit le navire, puis qu'on vide de manière à ce que ce dernier reste à sec.

La dépense qu’exigent ces constructions est énorme, aussi le nombre des ports qui en sont pourvus est-il fort restreint.

On a essayé, dans ces dernières années, de les remplacer par des cales ou docks flottants qui, outre l'avantage de coûter quelquefois moins cher, ont en-

core celui de pouvoir être ramenés au point où l'on en a besoin.

C’est un dock de ce genre, Bermuda, que nous représentons ici, d’après le Harper s New Monthly Magazine, de New-York.

Construit en Angleterre, il fut remorqué, à travers l’Océan, jusqu’aux Bermudes par des navires de guerre.

lia 116 m ,20 de longueur, 25 m ,50 de largeur extérieure, 22", 70 de profondeur, pèse 8,550 tonneaux et il n’a pas coûté moins de 51,250,000 francs.

Son aspect général est celui d'un U, et il est formé d’un bout à l'autre de deux parois laissant entre elles un espace de 6", 10 et enlretoisées au moyeu de solides armatures.

Le dock flottant Bermuda .

L’espace intermédiaire est divisé d’abord en deux parties symétriques par une cloison étanche qui suit l’axe longitudinal du dock ; chacune de ces parties étant elle-même divisée par des cloisons semblables en trois compartiments qui en partant du haut ont reçu les noms de Load, Balance and air comparé ments, c’est-à-dire chambres de charges, chambres d’équilibre et chambres à air. De plus, neuf cloisons transversales divisent la longueur en huit segments, de sorte qu’il y a en tout quarante-huit compartiments étanches disposés symétriquement en trois séries superposées.

A chaque extrémité est un caisson qui sert de porte.

Pour introduire un navire, on commence par remplir les chambres de charge au moyen de huit pompes à vapeur, placées de chaque côté ; ce travail demande huit heures et le dock s’enfonce alors jusqu’à ce que la ligne de flottaison soit au-dessus de la

cloison qui sépare les chambres à air des chambres d'équilibre. On laisse alors l’eau s’introduire dans ces dernières, jusqu'à ce que l’immersion du dock soit suffisante pour permettre au navire d’y pénétrer.

Les portes sont alors fermées, puis on laisse échapper l’eau des chambres de charge, le dock se relève en soulevant le navire ; l’eau dans laquelle flottait ce dernier s’échappe par les vannes dont les portes sont munies, et bientôt il se trouve complètement à sec entre les deux branches de PU, sur lesquelles on a eu soin de prendre les points d’appui nécessaires pour le maintenir droit sur sa quille.

Lorsqu’il s’agit, la réparation terminée, de le mettre à flot, on laisse au contraire entrer l'eau dans les chambres à air, ou l’on remplit de nouveau les chambres de charge, et le dock reprend la position qu’il avait au moment de l’entrée.

Enfin si ce dock a lui-mcmc besoin d’ètre réparé,

on emjilit les chambres de charge d’un côté seulement, et il se met tout à fait sur le liane, la quille émergeant de plus de 1 D1 ,50.

Le plus grand navire qu’ait encore reçu la Bermuda est le Iloyul Alfred, pesant six mille tonneaux.

GlRAUDIÈRE.

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