‹ La Nature 1875 S2Chapitre 98 sur 117 · LE TUNNEL DU SAINT-GOTHARD · texte numérisé non relu

LE TUNNEL DU SAINT-GOTHARD

Le percement du tunnel du Saint-Gothard se poursuit actuellement avec une activité considérable, et une accélération notable due à l'habileté que les ouvriers acquièrent de jour en jour et aux perfectionnements que l’on introduit dans le mécanisme qu’ils font agir. Au mois de juillet dernier, l’avancement obtenu a été de 230 mètres; il a dépassé de 28 mètres celui qui avait été fixé mensuellement pour terminer le travail à l’époque présumée c’est-à-dire au f er octobre 1 880. On sait que celte entreprise gigantesque est due à l’initiative de la ville de Gênes, puis à la Suisse et à l’Allemagne, qui ontconfié la direction des travaux à une commission internationale. L’entreprise, mise au concours, a été concédée à M. Louis Favre. Celui-ci offrit des conditions si favorables et tellement inattendues, qu’un grand nombre d’ingénieurs et d’hommes compétents les considéraient comme impossibles à exécuter.

Les travaux du percement du Mout-Ceuis, ont été commencés en octobre 1837, et se sont terminés treize ans après, en décembre 1870. L’avancement moyen a été de 77‘", 40 pour creuser un tunnel de 1 2,230 mètres. Tels étaient les faits que l’on pouvait prendre en considération au moment où M. Louis Favre s’est engagé à opérer en huit années le percement du tunnel du Saint-Gothard qui a 2,690 mètres de plus que celui du Mont-Cenis, c'est-à-dire 14,920 mètres. Tandis que l’avancement moyen mensuel avait été, au Mont-Cenis, de 7 7'“,40, il fallait donc compter, pour le mont Saint-Gothard, sur un avancement mensuel de 173 mètres.

Le nouvel entrepreneur n’a pu tenir ses engagements qu’en ayant recours à un matériel de percement nouveau et amélioré. M. le professeurColladon, de Genève, a imaginé des compresseurs à grande vitesse, qui ont donné les plus remarquables résulsullats. L'application de l'air comprimé, qui avait débuté au Mont-Cenis, a rèçu un perfectionnement important, eonune le montreront très-nettement les chiffres suivants.

Au Mont-Cenis, du côté de Bardonuèche, pour produire 83 mètres d’aircomprimé par minute, on employait 28 pompes à air installées dans sept bâtiments, dont la superficie atteignait plus de 2 kilomètres carrés. Au mont Saint-Gothard, on comprime dans le même temps un volume d'air deux fois plus considérable, avec un nombre de pompes deux lois moindres qui sont disposées dans un bâtiment dont la superficie n'excède pas 330 mètres carrés.

Page 1