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duisenl par les vibrations les plus délicates, les plus caressantes et les plus ctlicaces. Celui qui les discernera, les démêlera, les classera et les comprendra dans leur ensemble extraordinairement complexe, celui-là rendra un grand service à la science et à l’art. Une fera point de l’arListe un automate, il n’assimilera point riiornme à une plante qui puise toutes ses vertus dans le terreau où elle est née, mais il saisira le mécanisme presque inaperçu de tout un système ’de rouages puissants.
La question de la chaleur el de la vie n’a pu être rrésolue pleinement que par le concours simultané de lia physique, de la chimie et de la biologie. L’ancienne [physiologie traitait empiriquement de la chaleur aninnale, mais sans en pouvoir expliquer l’origine. Il a lilallu pour cela les découvertes de Lavoisier et les investigations plus modernes de la Lhermochimie. Après lavoir montré comment naît cette chaleur, il importait id’ enseigner ce qu’elle devient; c’est la thermodynamique qui nous l’a révélé. Enfin l’expérimentation I physiologique la plus délicate a pu seule déterminer Iles modifications qui surviennent chez les êtres vivants,
I lorsqu’ils sont soumis à l’inlluencc d’une température 'Soit supérieure, soit inférieure à celle qu’ils possèdent (normalement. La médecine et l’hygiène tirent déjà | profit des indications fournies à ce sujet parla science ipure. On a reconnu que l’étude des variations delà ■ chaleur animale dans les maladies a une importance i notable pour la connaissance de celles-ci, et que le dia- . gnostic aussi bien que le pronostic en reçoivent detf lumières inattendues.
L examen des phénomènes calorifiques, entrepris à
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divers points de vue spéciaux, isolés et indépendants, pour la solution de questions tout d’abord sans connexité apparente, a procuré ainsi un ensemble de vérités qui aujourd’hui se conjoignent presque spontanément et se trouvent renfermer le secret d’un grand problème de philosophie naturelle. Une analyse minutieuse et longue aboutit de la sorte à une synthèse instructive qui est une des plus remarquables acquisitions île la méthode expérimentale.
Tous les animaux possèdent une température supérieure à celle du milieu gazeux ou liquide dans lequel ils vivent; c’est-à-dire qu’ils jouissent tous de la faculté d’engendrer de la chaleur. Les animaux à sang cltaud présentent une température à peu près constante sous toutes les latitudes et dans tous les climats. Ainsi, aux régions polaires, l’homme, les mammifères et les oiseaux ne marquent guère que I ou 4 degrés de moins que sous le tropique. La température moyenne des oiseaux est de 41 degrés, et celle des mammifères de u7. Les animaux qu’on appelle à sang froid produisent aussi de la chaleur, quoique dans une proportion moindre; mais leur température suit les variations de celle du milieu ambiant, tout en se maintenant plus élevée de quelques degrés. Chez les reptiles, l’excès est de 5 degrés au maximum et de I jï degré au
LA CHALEUR ET LA MU. ICI
nminimum; chez les poissons et chez les insectes, il est encore moindre; enfin dans les espèces tout à l'ait i intérieures, il atteint rarement l/d degré. En somme, chez les animaux à température variable, la résistance taux causes extérieures de refroidissement est d’autant I plus grande que l’organisation est moins imparfaite. On observe d’ailleurs que chez ces èlres l’activité vitale et en particulier l’énergie de la respiration sont en rap- I port direct avec l’état thermométrique; ainsi, dans un 1 milieu à 7 degrés, des lézards consomment huit fois i moins d’oxygène qu’à 23°. Chez les animaux à tempéiralure fixe, c’est l’inverse : plus il fait froid, plus ils irespirent activement; par exemple, un homme qui en tété ne consomme que 31 grammes d’oxygène par heure < en consomme 44 en hiver. Indépendamment de l’état du milieu ambiant, beaucoup de circonstances diverses exercent une inlluencc appréciable sur la chaleur anii male, et y déterminent des variations assez régulières.
! Les saisons, les heures de la journée, le sommeil, la i digestion, le mode d’alimentation, l’àge, etc., sont . ainsi des modificateurs constants de l’intensité des combustions respiratoires; mais il y a un tel ordre, un tel concert el, on peut le dire, une telle prévoyance dans l’organisation de l’économie, que la température Y reste en définitive à peu près fixe dans l’état physiologique.
La température de l’homme à la racine de la langue ou sous l’aisselle est d’environ 37 degrés; ce chiffre exprime la moyenne de ceux qu’on obtient en prenant les températures des différents points du corps, car on trouve à cet égard quelques variations légères en passant d’un organe à un autre. La peau est la partie la
plus froide, et elle l’est d’autant plus qu’on sc rapproche des extrémités. Au contraire, à mesure qu’on pénètre plus profondément dans l’organisme, on voit la température s’élever; les cavités sont bien plus chaudes que les surfaces. Le cerveau est moins chaud que les viscères du tronc, et le tissu cellulaire l’est moins que les muscles. Le sang non plus n’a pas la même température dans tous les points du corps. Les travaux de .1. Davy et de Becquerel avaient établi que le sang est d’autant plus chaud qu’on l’examine plus près du cœur. M. Claude Bernard a pu mesurer, par des moyens aussi ingénieux que précis, la température des vaisseaux profonds et des cavités du cœur. Il a montré que le sang qui sort des reins est plus chaud que celui qui y entre; il en est de môme pour celui qui traverse le foie. Enfin il a constaté que le fluide nourricier sc refroidit en traversant les poumons, et par suite que la température des cavités gauches du cœur est plus basse que celle des cavités droites de 0°,3 en moyenne. Ce dernier fait prouve clairement que les poumons ne sont pas le foyer de la chaleur animale, et que le sang, dans l’acte de sa révivification, se rafraîchit au lieu de s’échauffer.
Les anciens physiologistes avaient cru que la vie a le pouvoir d’engendrer de la chaleur; ils avaient imaginé chez les êtres organisés une sorte de puissance calorifiante. Galien pensait que la chaleur est innée dans le cœur; les iatrochimistes l’attribuaient aux fermentations, les iatromécaniciens aux frottements. Le temps a fait justice de ces hypothèses. 11 est aujourd’hui démontré que la chaleur des animaux provient des réactions chimiques qui s’accomplissent à l’inlc-