‹ La nature et la vieChapitre 16 sur 33 · LA N AT L' KL LT LA VIE · texte numérisé non relu

LA N AT L' KL LT LA VIE

qu’une dissolulion d’éther amylacétique dans l'alcool. A côté de l’huile de poire figurait l’huile de pommes (apple oit), ayant le parfum tics meilleures reinettes, et obtenue en dissolvant l’éther amylvalérique dans l’alcool. L’essence la plus abondante était celle d’ananas, qui n’est autre que l’éther butyrique ordinaire. On y remarquait aussi l’essence de cognac ou de raisins ( grapc oit) employée pour donner aux eaux-de-vie de mauvaise qualité l’aromc si recherché de celle de Cognac. Le produit qui faisait alors et qui fait encore l’objet de la plus importante fabrication, c’est l’essence de mirbane, dont l’odeur rappelle tout à fait celle de l’essence d’amandes amères et que le commerce substitue bien souvent à cette dernière. L’essence de mirbane n’est autre (pie de la nitrobenzine, laquelle provient de la réaction de l’acide nitrique sur la benzine. La benzine, à son tour, se rencontre parmi les produits de la distillation du goudron, où l’on trouve aussi de quoi préparer les admirables couleurs dites d’aniline. — Outre les essences que nous venons de signaler et dont la fabrication prend une importance industrielle croissante, on prépare encore artificiellement de l’essence de coings, de l’essence de fraises, de l’essence de rhum, etc. Toutes ces drogues servent, il faut bien le dire, à aromatiser les confiseries, les liqueurs et les confitures qui font aujourd’hui l’objet d’un si grand commerce. En d’autres termes, les produits de l'industrie tendent de plus en plus à se substituer à ceux de la nature. En tous les cas, ces faits de synthèse des principes odorants comptent parmi les plus belles conquêtes de la chimie organique. La puissance créatrice du chimiste s’étend de plus en plus. Après les

LUS ODEl’ltS ET LA VIE.

I ravaux de Piria, de Werllieim cl de M. Cahours sont, venus ceux de M. Bcrlhclot, quia reproduit les matières grasses de l’économie animale. On est en ce momentci sur la voie de fabriquer artificiellement du sucre. Si on y arrive, il ne restera plus qu’à opérer la synthèse des matières albumineuses pour s’être rendu maître complètement des procédés que suit la nature dans l’élaboration des principes immédiats. Ce don de réaliser son objet, qui est la prérogative de la chimie, est aussi un des plus forts arguments en faveur de la réalité des lois (pie nous établissons touchant le système des forces extérieures.

Linné, qui avait un esprit éminemment analytique et classificateur, n’a pas seulement rangé par ordre les végétaux et les animaux, il a classé aussi les maladies et même les odeurs. Il rapporte ces dernières à sept classes : les odeurs aromatiques comme celle des feuilles de laurier; les odeurs fragrantes comme celles des Heurs de lis, de jasmin, etc.; les odeurs ambrosiaques comme celles de l’ambre, du musc, etc.; les odeurs alliacées comme celle de l’ail; les odeurs fétides comme celles du houe, de l’arroche puante, etc.; les odeurs repoussantes comme celles de plusieurs solanées, et enfin les odeurs nauséeuses. Les dénominations de Linné ont généralement prévalu dans le langage, mais on conçoit bien quelles ont une valeur de pure convention. Gomme nous l’avons dit plus haut, il n’y a pas d’étalon pour la comparaison des odeurs. Nous ne pouvons les désigner qu’en les rapprochant les unes des autres, selon les degrés d’analogie qui existent entre les impressions qu’elles exercent sur notre membrane olfactive. RUcs n’ont point de caractères sus-

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