I.ES MÉDICAMENTS ET LA VIE
sacré une page pleine de verve. Préparée d’abord par Mithridale, elle reçut sa dernière perfection des mains d’Andromaque, médecin de Néron. La thériaque renfermait une centaine d’ingrédients" variés, minéraux, végétaux et animaux, dont quelques-uns très-bizarres, comme la terre de Lemnos et la chair de vipère. Pendant longtemps, cet éléctuaire opiacé devait occuper une place importante dans les pharmacopées. On le fabriquait avec pompe, et les vertus en étaient si appréciées que les hommes riches en avaient toujours chez eux une provision.
À partir de Galien, la médecine est étroitement associée à la scolastique. Plus on avance, plus elle se confond aussi avec la théosopliie et la sorcellerie. Le microcosme ne fut plus qu’une représentation du macrocosme; on était convaincu qu’il existe une liaison intime entre le corps humain et les astres, et le médecin était tenu de consulter ces derniers avant d’administrer un remède. Ln praticien de ce temps à qui l'on demandait si la tisane d’orge convient aux personnes atteintes de lièvre, répondit que cette boisson ne saurais1 leur être utile, puisqu’elle est une substance, lundi! ([ue la fièvre est un accident. Voilà le bénéfice apparent que la médecine relirait de cette association. Pendant près de mille ans, il se fit, dans les langes de ce mysticisme, un travail des plus extraordinaires — quelques-uns disent des plus funestes, mais ils ont tort. Celte subtile dialectique de l’école est le lien qui rattache Platon et Aristote à la philosophie moderne et perpétue la tradition spéculative. Cette ardente recherche de la pierre philosophale est le terrain où s’élaborent lentement les germes de l’avenir. Cette
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