‹ La nature; poésiesChapitre 16 sur 98 · LES GRANDES ROUTES. Ù · texte numérisé non relu

LES GRANDES ROUTES. Ù

La chaleur plate les hébète :

Tout stagne aux alentours sous le ciel étouffant,

Et la poussière silùt prête /\. prendre son essor au moindre coup de vent, Avec le sol brûlé croupit en tète à tête.

L'être humain non moins que la bête N'est pour elles le plus souvent Qu'un fantôme banal, furtif et décevant Qui passe et jamais ne s'arrête.

Mais que le ciel gronde et revête Un brouillard blême qui se fend

Au tranchant d'éclairs se suivant

Qu'un tourbillon soudain enlace jusqu'au faite Les monts et les forêts qui sommeillaient avant... Alors, au fort de la tempête.

Les grandes routes sont en fête !

(VJ LA NATLUi:.

Li: BIIOCIIKT

Le guet-apens de la matière.

L'hislinct le plus traître du mal Incarnent dans cet animal Leur fatalité tout entière.

Tellement le sort l'a fait naître

Machine de férocité

(Jue Taveugle voracité

Kst le seul ressort de son être.

Or, avec sos dcnls d"iiii Ijom pouce,

Et démesurément râblé,

Ce brochet-ci n'a pas volé

Son surnom de requin d"eau douce.

Si creuse et fendue est sa gueule, Toujours docile à ses complots, Qu'une brème de trois kilos Y rentrerait bien toute seule.

Son museau qu"il dresse à l'embûche, Espèce de lance-poignard.

S'exagère en bec d'un canard Qui serait plus gros qu'une autruche.

Sa peau n'est pas moins monstrueuse, Montrant sur les flancs et le dos Des tons d'écorce, de métaux.

De pierre simple et précieuse.

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