‹ La nature; poésiesChapitre 36 sur 98 · LA VASE · texte numérisé non relu

LA VASE

Au printemps, regardant la vase Dans ses vifs, ses croupissements, Ses coins, ses creux, ses renflements, L'observateur est en extase.

Parmi ses bruns roux violets,

Entre les branchages qui feuillent,

Les yeux se promènent et cueillent

Des chatoiements et des reflets-

liO LA >'ATURIi.

Elle, l'hiver, d'un noir si sombre.

D'un humide sentant la mort.

Elle reluit tiède : il en sort Une odeur de soleil et d'ombre.

On voit fermenter ses dessuus A travers ses couleurs opaques, Des formes bougent dans ses flaques.

Des termes couvent dans ses trous.

La Nature encore dans le rêve, Mais qui bientôt va s'éveiller, La fait sourdement travailler Par le renouveau de la sève.

Sous formes de mouches qui sont Bourdonnantes, silencieuses, L'essaim des pierres précieuses V met un voltiiicant frisson.

LA VASK.

Les petits papillons fidèles Aux abords du roseau mouvant Viennent la festonner souvent De leurs muets battements d'ailes.

L'herbe y tremble au hasard flottant Du vent perdu qui la rencontre ; Un grillon moitié cliquetant Y fait tic tac comme une montre.

Elle ofTre toujours au regard Le glissement plat du lézard.

Le saut pieds-joints du hochequeue

Et "maintes fois, plein de langueur, Le souvenir y montre au co^nr Sa fleur mélancolique et Ideue.

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