‹ La nature; poésiesChapitre 37 sur 98 · LE FOND DE L'EAU · texte numérisé non relu

LE FOND DE L'EAU

Mais c'est surtout à cette place Qu'entre ses bords sans arbrisseaux, Dépourvus même de roseaux, Elle forme une immense ^lace,

Pour l'anguille vorace et fourbe Là, nul repaire où se cacher !

C'est aussi net que du rocher.

Sans une apparence de bourbe.

Elle est tellement diaphane La masse d'eau de ce profond Que l'œil, en détaillant le fond, Lumineusement s'y pavane.

Son lit s'étale, trembleux, lisse, Montrant les scintillants micas De ses beaux galets délicats Où, trébuchant, le regard glisse.

Ces cailloux dont la vue égaie, Plats ou bombés, ovales, ronds, Figurent billes, macarons, Gros sous et petite monnaie.

Miniature poissonnesque, Les vérons, topazes des eaux, Brillent : ceux-ci mignons fuseaux.

Et ceux-là filiformes presque.

On suit leur allure petiote En vitesse comme en lenteur; On voit le mouvement tcteur De leur bouchette qui baillotte.

Soudain, on reconnaît la truite Aux taches roses de sa peau A l'instant mémo où leur troupeau Devant son éclair prend la fuite.

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