‹ La nature; poésiesChapitre 39 sur 98 · LA JUMENT AVEUGLE · texte numérisé non relu

LA JUMENT AVEUGLE

Avec l'oreille et les naseaux Y voyant presque à sa manière, La vieille aveugle poulinière Paissait l'herbe au Ions: des roseaux.

Elle devait s'inquiéter Lorsque sa pouliche follette S'égarait un instant seulette, Car elle cessait de brouter.

160 LA NATCRE.

Un hennissement sorti d'elle, Comme un reproche plein d'émoi, Semblant crier à l'infidèle :

a Reviens donc vite auprès de moi I »

Parfois même en son désir tendre De la sentir et de l'entendre, Elle venait à pas tremblants,

Lui lécher l'épaule et la tète,

Tandis que dans ses gros yeux blancs

Pleurait sa bonne âme de bête !

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