‹ La nature; poésiesChapitre 41 sur 98 · NUIT MYSTIQUE · texte numérisé non relu

NUIT MYSTIQUE

La vallée apparaît sous un ciel sans nuages, Illuminé si pur par ses astres si frais Qu'il découvre les quatre horizons, et, do près. Remplit d'azur lacté les vides du feuillage.

Les brises de velours s'embaument tout exprr Pour fêter cette nuit qui les met en voyage, Et la lueur d'en haut vogue sur le marais En laissant derrière elle un vaporeux sillage.

lOi LA NATURE.

Très distincte là bas, tant l'espace est serein, Sur un mur se profile une chouette, en train De se polir le bec et de hocher la queue.

Je songe, et recueilli jusqu'à la piété Je regarde dormir pleine de sainteté La lune blanche avec son auréole bleue.

La taupe a ressenti la haine Du soleil qui cuit l'arbrisseau, Mord le roc, pompe le ruisseau Combien pitoyable se traîne Sa nuit d'aveugle souterraine!

Pleine de faim, elle surmène Sa dent, son groin de pourceau, Ses mains, ses pieds à forme humaine, La taupe!

IG3 I.A NATlllF..

Mais elle jeûne, sans l'aubaine D'un cloporte ou d'un vermisseau:

Et la mort va prendre h la peine,

, Sous son pauvre petit monceau.

* La fouilleusc couleur d'ébène.

La taupe!

AU CUKl'USCULE. 167

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