‹ La nature; poésiesChapitre 43 sur 98 · CHALEUR EN MER · texte numérisé non relu

CHALEUR EN MER

L'immensité sort de la brume Où la plongeait l'orage obscur, Et l'astre jaune, dans l'azur Pesant et morne, se rallume.

La torride épaisseur de l'air Etouffe et calcine l'espace :

Graduellement se ramasse La tranquillité de la mer.

170 LA .natlkl:.

C'est d'aburd une paix (iui lluUe, Qui Vacille, uionle et descend.

Et puis le repos croupissant Que pas un souflle ne ijalloite.

Ces grands bruits, qui semjjlaient roulés Par mille et mille cataractes, Sont rentrés dans les eaux compactes Avec tous les flots écroulés.

La masse liquide s'écrase ; Son dos, éblouissamment bleu, Pompant et renvoyant du feu, De plus en plus luit et s'embrase.

lit la mer, par son tlamboiement, Par sa couleur et son silence, Devient l'exacte ressemblance Et le double du firmament.

cil A LEUR EN M EU 171

On dirait quo rériorme voûte Se renverse avec son soleil, Tant, alors, l'abîme en sommeil.

Nettement la réfléchit toute!

Mais, c'est un calme décevant Fait par un mensonge du vent ; Et si des pêcheurs se hasardent.

Ils mourront, pour avoir compte

Sur la plate sérénité

De ces deux ciels qui se regardent!

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