LES LIBELLULES
Fantasque essaim toujours errant, Les libellules se poursuivent, Et leurs gais chatoiements s'avivent Aux ardents reflets du torrent.
Déjà moiré, parfois s'irise
Le petit tulle si léger
Qui leur permet de voltiger
Dans tous les sens comme la brise.
Les unes, taciturnement, Laissent flotter leur nonchalance; D'autres, pour brûler le silence, Dardent l'éclair d'un ronflement.
Dans les airs elles font des lieues, Mais, toujours, en haut comme en bas, Les grandes vertes ont le pas Sur les toutes petites bleues.
Leur démence de liberté Dont elles ne savent que faire Les emporte dans l'atmosphère Qui les saoule de sa clarté.
Au moindre vent qui les fustige A fleur d'écume ou de rocher.
Chacune vient se rapprocher De la branchette ou de la tige.