‹ La nature; poésiesChapitre 60 sur 98 · MESSAGE DU PRINTEMPS · texte numérisé non relu

MESSAGE DU PRINTEMPS

Bien que l'hiver soit accompli, Le printemps reste enseveli : ,

Dans une atmosphère voilée Languissent maigres et tremblants Les arbres nus sous les cieux blancs.

Lorsque, soudain, par la vallée...

Un cri vitreux et délicat,

Un cri, soupir d'harmonica,

Ce soir, très sûrement m'informe

Que les ondes et les terrains En ont assez d'être chagrins Et qu'il faut que le froid s'endorme.

La bruine a couché le vent :

Le même cri sort plus souvent

De l'herbe humide en somnolence ;

Un autre s'y mêle ou le suit,

Et ces gouttelettes de bruit

S'éparpillent dans le silence.

Béni soit le nombreux sanglot Du limon, de l'herbe et de l'eau !

A ce signal plein de mystère La sève commence à monter Et tout se met à fermenter Dans les entrailles de la terre.

L'astre mourant sur des forêts Devant moi colore un marais :

A travers les joncs purpurins

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