‹ La nature; poésiesChapitre 79 sur 98 · LES SYLPHES · texte numérisé non relu

LES SYLPHES

La nuit tombée avec une lenteur perfide Voile et va nivelant en lame de couteau L'escarpement des rocs, les tours du vieux château Qui saillaient tout à l'heure encore sur le vide.

Or, ici, resserré, ce vallon creux, humide, A gauche, à droite, ayant pour muraille un coteau, Plafonné d'un ciel bas, — pavé du noir de Teau, Forme une cave oblongue où rôde un jour livide.

Les hirondelles sont les sylphes de ce lieu.

Tournant leur ventre blanc, — balançant leur dos Ideu ,

Elles piquent le flot du pointu de leurs ailes;

Puis, sur leur vol confus, l'ombre s'appesantit

Et peu à peu très vague il devient si petit

Qu'on dirait dans la brume un vol de demoiselles.

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