LES SYLPHES
La nuit tombée avec une lenteur perfide Voile et va nivelant en lame de couteau L'escarpement des rocs, les tours du vieux château Qui saillaient tout à l'heure encore sur le vide.
Or, ici, resserré, ce vallon creux, humide, A gauche, à droite, ayant pour muraille un coteau, Plafonné d'un ciel bas, — pavé du noir de Teau, Forme une cave oblongue où rôde un jour livide.
Les hirondelles sont les sylphes de ce lieu.
Tournant leur ventre blanc, — balançant leur dos Ideu ,
Elles piquent le flot du pointu de leurs ailes;
Puis, sur leur vol confus, l'ombre s'appesantit
Et peu à peu très vague il devient si petit
Qu'on dirait dans la brume un vol de demoiselles.