LA CANICULE
Le ciel couve la pestilence :
Le soleil, à coups de rayons, Persécute jusqu'aux grillons Qui s'enfouissent dans le silence.
Le ruisseau naguère si plein Ne monte pas à la cheville; Et là-bas, se recroqueville La roue énorme du moulin.
Midi ! l'heure atroce est venue Où le terrain surétoufîé Va cuire après avoir chauffé Sous la fournaise de la nue.
Entre ces deux brasiers, il faut Sans qu'une brise le console, Que le paysage rissole De haut en bas, de bas en haut,
Malgré sa cuirasse d'écaillés, Le lézard, qui se risque moins Cherche davantage les coins Au long des murs et des rocailles.
Insecte, caillou, jonc, roseau, L'archer cruel prend tout pour cible Le papillon est invisible, Taciturne reste l'oiseau.