‹ La nature; poésies: poésiesChapitre 17 sur 85 · LA GROSSE ANGUILLE · texte numérisé non relu

LA GROSSE ANGUILLE

La grosse anguille est dans sa phase Torpide : le soleil s'embrase.

Au fond de l'onde qui s'épand, Huileuse et chaude, elle se case A la manière du serpent :

Repliée en anse de vase, En forme de 8, en turban.

En S, en Z : cela dépend Des caprices de son extase.

Vers le soir, se désembourbant^ Dans son aquatique gymnase Elle joue, elle va grimpant De roche en roche, ou se suspend Aux grandes herbes qu'elle écrase^ La grosse anguille.

L'air fraîchit, la lune se gaze ; Moitié nageant, moitié rampant, Alors elle chasse, elle rase Sable, gravier, caillou coupant...

Gare à vous, go ujonneau pimpant t Gentil véron, couleur topaze !

Voici l'ogresse de la vase, La grosse anguille l

LES CHATS-HUANÏS

Au fond des campagnes sévères :

— Champs ravinés, marais gluants, Bais pierreux, carrefours, calvaires. — Voici geindre les chats-huants.

Mais c'est une plainte peureuse, D'uQ éclat profond, bref et mou,..

Comme un tout petit miaou Qui s'enveloppe et qui se creuso.

Page 1