LA FORÊT TROPICALE PENDANT LES PÉRIODES GÉOLOGIQUES
époque oligocène, dans le Nord de l'Allemagne, le long de la
Baltique, on a rencontré dans l’ambre, qui est une résine due à un Pin disparu (Pinus succinifera), de très
nombreux débris de feuilles, de fleurs, de fruits d'une très
belle flore éteinte composée de Chènes, de Châtaigniers, de Hêtres, d'Oliviers, de Cannelliers, de Magnoliers, de Théiers, de Palmiers (1).
Dans son ensemble, la flore oligocène est donc remarquable par l'association d'arbres à feuilles caduques (Chênes, Érables, etc.) avec les formes tropicales à feuilles persistantes (Palmiers, Camphriers, Cannelliers, ete.).
Le Miocène est encore très riche en végétaux, car on en a trouvé dans les couches de Gergovie, aux environs de Privas, et surtout dans celles d'OEnmgen (2). Les arbres à feuilles
caduques deviennent de plus en plus abondants ; les formes tropicales comme les Palmiers sont plus rares et disparaissent presque complètement pendant le Pliocène.
La dernière ère du globe est la période quaternaire depuis le début de laquelle l homme existe avec certitude: elle a été caractérisée à certaines époques par une énorme extension des glaciers qui s'avançaient dans la vailée du Rhône plus loin que Lyon.
Pendant la grande extension des glaces, on trouvait les espèces de la région alpine supérieure ou arctique beaucoup plus bas ou plus au sud que maintenant. Avant et après cette période, la végétation était et est redevenue sensiblement la même que de nos jours, au moins dans ses traits généraux. Cela ne veut pas dire que de nombreux changements nes'y sont pas opérés, et les transformations que l’on observe dans la constitution des lits successifs de certaines tourbières sont là pour le prouver. Les recherches de MM. Steenstrup et Blytt ont, en effet, établi qu'en un même point ont pu exister successivement des forêts de Trembles, puis de Pins, de Chênes et enfin celles de Hêtres qu'on observe à l'heure actuelle.
Les quelques mots qui précèdent suffisent à indiquer quelles transformations profondes a dû subir notre globe dans
(1) Les recherches de Goeppert, de Caspary et surtout de M. Conventz ont élucidé cette question, (2) Etudiées par Heer.
le cours de son histoire, devant laquelle l'évolution de Fhumanité n'est qu'une courte épopée. Elle nous apprend, en résumé, que la flore tropicale, après avoir couvert lout le globe, a dû très lentement abandonner les pays septentrionaux qui se refroidissaient progressivement et irrégulièérement, et c'est à une époque relativement peu ancienne que la végétaion de la France a perdu ses caractères ropicaux.
Celle condensation dans les régions équatoriales de la flore exubérante qui couvrait primitivement le globe a eu comme conséquence Fabandon, complet dans un certain nombre de cas, des domaines aujourd'hui tempérés par diverses familles végétales spécialement adaptées à un climat plus uniforme. Parmi ces plantes, nous pouvons, pour citer un exemple, mentionner nolamment le groupe des Sapindacées, qui est aujourd'hui entièrement formé de plantes des pays chauds, principalement d'arbres distribués uniformément dans toutes les contrées tropicales. L'exislence de ces végétaux dans le nord à l'époque éocène a été d'ailleurs démontrée : aussi n'est-il pas invraisemblable d’admettre que cette grande famille ait pu laisser en Europe quelques types. Ceux-ci, en divergeant, en s'adaptant, ont dû finir par constituer un groupe nouveau ayant une autonomie assez marquée, mais présentant une parenté accuséeavec les Sapindacées. Ceci nous amène à penser aux Acérinées et aux Hippocastanées, qui sont deux petites familles d'arbres uniquement localisées dans les pays tempérés el qui sont intimement liées au groupe précédent. La possibilité d'une adaptation aux climats froids a dû résulter pour ces végétaux de la chute des feuilles et de la production d'écailles dures el résistantes aux bourgeons qui leur ont permis de subsister dans le nord, à la suite du refroidissement des régions polaires.
Cet exemple, choisi entre beaucoup d’autres, nous permet d'entrevoir comment peuvent se relier les unes aux autres des familles que l’on considère bien souvent comme distinctes.
Un certain nombre d’autres groupes d'arbres, qui existent actuellement surtout dans les pays tempérés, sont très vraisemblablement les descendants de l'ancienne grande forêt que nous appelons tropicale (quoiqu'elle se soit étendue bien au delà des tropiques). L'existence au Groenland des
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