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qu'un tube de caoutchouc creux serve de support et qu'on dispose autour un filament spiralé, fixé en un point d (fig. 57, 3). Si l’on vient à gonfler le tube c avec de l'eau, par exemple, de manière qu'il s'établisse un deuxième contact de la spirale avec l’axe vertical, par suite du gonflement, on voit alors la torsion primitive varier en conséquence de ce contact ; dès que le rapprochement de ces deux
parties cesse, la Lorsion supplémentaire précédente disparait ; on vérifie ce résultat en visant avec une lunette (£, fig. 57) l'aiguille a qui est fixée sur le cylindre spiralé.
Les phénomènes que nous venons de décrire se passent normalement pour les plantes volubiles. Si nous examinons, en effet, la pointe de ces Liges, nous voyons qu'elle est d'abord libre, mais bientôt l'extrémité vientau contact du supportetle végétal grimpant lient cel axe en deux points, comme si c'était entre le pouce et lindex. On met d'ailleurs clairement en évidence ces phénomènes si l'on fait enrouler le sommet d'une espèce volubile autour d'un cylindre de carton mobile fig. 56, 2, p. 93) : le sommet dela üige exerçant une pression sur ce cylindre, celui-ci s'échappe de son étreinte; on obvieà cel inconvénient, si on a mis un cadre métallique (b) à laxe support :
l'éloignement du cylindre supérieur de papier est alors évité. L'expérience précédente montre donc que la pression n’a pas une valeur de faible importance et c'est au moment où la pointe de la tige vient s'appuyer sur l'axe support que la Lorsion primitive de la liane augmente. En résumé, soil par suite de l'enroulement, soit grâce à la pression qu'exerce la pointe sur le support, la lige des espèces volubiles subit de très fortes torsions qui doivent avoir une influence sérieuse sur la forme et sur la
Fic. 58.
Tiges de Bauhinia.
structure de ces végétaux.
Les effets mécaniques des lorsions que nous venons de décrire se traduisent souvent aux yeux de l'observateur par les aspects très spéciaux des plantes volubiles qui peuvent fréquemment ressembler à de grosses cordes tordues sur ellesmêmes. On peut se rendre compte de ce fait en examinant la tige de certaine liane enroulée autour d'une autre plante grimpante (fait mentionné par M. Kerner).
Aux actions que nous venons de décrire peuvent encore fréquemment se joindre des flexions, des tensions, etc., et les
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transformations successives ou simultanées produites par ces forces combinées peuvent amener des modifications des tiges au premier abord presque inexplicables, comme celles qui se manifestent dans ce que l’on appelle au Brésil les escaliers de singe (fig. 8, p. 94). C'est dans le Bauhinta blumenhaviana que ces métamorphoses étranges se manifestent avec le plus d'intensité : la tige d'abord aplatie en un ruban ne tarde pas à se gondoler de manière à rappeler approximativement dans sa région médiane une courbe que les géomèlres appellent sinusoïde.
Les aspects si singuliers que présentent ainsi les lianes ont dû certainement de tout temps frapper les observateurs, et parliculièrement ceux qui attribuaient un sens mystique à tous les phénomènes naturels. Il est à noter, en effet, que chez beaucoup de peuples diverses plantes grimpantes ont joué un cerlain rôle dans les cérémonies religieuses. L'Asclepias acida parait avoir servi, dès l'époque védique, à la confection du Soma, celte liqueur fermentée dont limportance actuelle est encore si grande dans les cultes de l'Inde. Le lierre était en Grèce el à Rome, d'après Théophraste et Sénèque, la plante par excellence propre à engendrer le feu et tout semble indiquer que c'est son mode de vie qui avait contribué à la rendre sacrée (1).
Les déformations si remarquables que nous venons de
décrire ont été à l’origine produites par les agents physiques
extérieurs; dans beaucoup de cas d’ailleurs, nous voyons ces actions se manifester sous nos yeux : la plante, qui dansle jeune âge a une forme régulière et normale, se modifie peu à peu, au fur el à mesure que les forces mécaniques exercent leur action sur elle. I est cependant des cas où ces changements se produisent spontanément comme si la plante gardait le souvenir des transformations subies par ses ancêtres. Ceci nous amène à nous demander si des modifications telles que celles qui viennent d'être mentionnées sont susceptibles de devenir héréditaires. Une recherche de M. de Vries va nous fournir des renseignements sur celte question.
(1) Dionysos, dit M. Fr. Baudry, « garde pour principal attribut l'ancien pramantha (un des arani, v. la note p. 34), le thyrse, verge de Ferule ou de Pin, entouré de Lierre ou de Vigne dont les feuilles à triple pointe sont encore les images de la foudre ».
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Nous pouvons nous rendre comple aujourd'hui des procédés qui sont employés par la nalure ou par l'homme pour rendre héréditaire un caractère nouveau. Grâce à la sélection, on peut arriver expérimentalement, avec une rapidité souvent merveilleuse, à des résultats Lout à fait remarquables. M. Hugo de Vries a écrit dans ces derniers temps l'histoire d'une race présentant avec les plantes que nous étudions en ce moment un certain rapport, en ce sens que les individus qu'il a étudiés offraient des lorsions tout à fait analogues de la tige ; la cause primilive de ces tlorsions est restée, il est vrai, inconnue.
En 1885, ce savant a observé accidentellement, au mieu d'un grand nombre de semis, l'existence de deux exemplaires à lige tordue du Dipsacus silvestris. L'origine de cette monstruosité était d’ailleurs absolument mystérieuse, 1l n'en a pas moins cherché à la fixer. Ces individus étant bisannuels (1), il dut donc attendre jusqu'en 1887 pour avoir des plantesnouvelles issues des graines données par les deux échanlillons monstrueux précédents. Sur 1.643 exemplaires ainsi obtenus, il yen avait deux de tordus. Les torsions de l'un de ces végétaux s'observaient jusqu'au sommet ; celles de l'autre seulement sur la partie inférieure ; tous les deux étaient d’ailleurs tordus dans le même sens. En supprimant tous les Dipsacus du voisinage, et en laissant venir seulement les deux précédents à floraison, M. de Vries put avoir des graines dérivant soit d’une autofécondation, soit d'une fécondation croisée des lypes anomaux.
En 1889, à la troisième génération, M. de Vries choisit seulement les graines d’une des deux plantes monstrueuses précédentes, celle qui présentait les plus belles Lorsions. Les graines furent déposées sur quatre couches. Parmi un total de 1.616 échantillons, il remarqua 67 individus nouveaux Lordus, ce qui faisait une proportion de 4,1 pour 100 de types aberrants. Le nombre des individus anomaux était variable suivant les couches et, sur une d’entre elles, il atteignait 7.6 pour 100. Dans certains cas, la torsion était à droite; dans d’autres, à gauche.
Il prit encore les plus beaux échantillons comme supports
(1) Ce qui n'arrive pas d'ordinaire dans notre pays.
de graines, coupa les branches latérales et ne laissa croître que les inflorescences terminales. Pendant cette floraison, aucun autre exemplaire ne fut laissé en fleurs dans le voisinage, de facon à éviter l'intervention d’un pollen étranger.
A la génération suivante, il obtenait 10 Pour 100 d'individus monstrueux. Il voyait donc ainsi les Mmonstruosiltés se plus en plus.
L'idéal eût été de parvenir à obtenir 100 pour
fixer de
100 d'individus anormaux. Ce résultat n'a pas été encore obtenu dans le
cas actuel (1), mais des expériences faites sur des anomalies différentes ont conduit plusieurs fois à des transformations complètes. Un Pavot qui avait présenté
un rang d’étamines mélamorphosées en pistils a donné
par triage, à la première génération, 6 pour 100 de plantes semblables : à Ja deuxième, 1? pour 100 ; à la troisième, 27 pour 100 : à la quatrième, 69 Pour 100; à la cinquième, 97 Pour 100; enfin, à la sixième. lhérédité était complète et Ja variété définitivement fixée.
Les faits que nous venons d'exposer nous apprennent comment une variation produite sous l'influence d'une terminée, qui est d'ailleurs inconnue, par sélection. Mais on peut objecter, dans le cas qui vient de nous occuper, qu'il s’agit d'une torsion qui n'est en rien comparable à celles qui se produisent d l’action des forces mécaniques.
Rien ne nous prouve, il est vr
cause dése fixe progressivement
ans les lianes sous
ai, que les aplatissements, les torsions, les déformations des plantes grimp sent être rapprochées des variations de même nature de la monstruosité étudiée par M. de Vries. Mais comment disüinguer les modifications éphémères des
s élres de celles qui sont susceptibles de devenir héréditaires ? [est assez difficile
de répondre d'une manière générale à une telle Question ; On Sait cependant que les variations obtenues brusquement ne Sont pas en général transmissibles à la descendance.
Si l’on porte d’une maniere soudaine une culture d'une Bactérie du Charbon à une forte température, on peut bien obtenir ainsi une variété extrémement importante au point de y pratique, en ce sens qu'elle peut constituer un v vaccin ne pourra être expédié au loin,
anles puis-
ue
aCCIn ; mais ce
parce qu'il n’est pas
(1) Tout récemment, M. de Vries a annoncé qu'il
jusqu’à 40 pour 100 d'individus monstrueux.
COSTANTIN. — La Nat. trop.
avait obtenu
+" LA nr
! CONTURE LES LIANES FAR ETES ei: 54
stable, Pour qu'une modification d'un être soil susceptible de me se transmettre, il faut qu'elle soit acquise peu à peu : une Bactéridie charbonneuse, qui est cultivée lentement au conact d'un antiseplique comme le bichromate de potasse ou l'acide phénique, modifie progressivement ses cellules de manière à donner d'abord une variété instable, puis une … race de plus en plus fixée. Grâce à celte méthode, Pasteur et ses élèves, MM. Chamberland et Roux, ont fabriqué un vaccin que l'on a pu sans inconvénient expédier dans les colo- ba nies les plus lointaines, comme le Cap ou l'Australie, Mu Il y a donc tout lieu de penser que les variations produites dans les lianes sous l'influence de pressions, de torsions, flexions doivent être rangées dans cette dernière catégori transformations, car elles sont obtenues d’une manière progressive, Nous allons d’ailleurs trouver, en examinant 2
modifications de la structure, des arguments sérieux qui plaident en faveur de cette manière de voir. #à