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CHAPITRE XIII

Il reste à nous occuper d'une dernière catégorie de plantes

épiphytes, celles qui croissent sur les parties hautes et desséchées de la forêt. Ce sont certainement les plus intéressantes parce qu'elles ont subi des transformations très profondes sous l'influence de leurs conditions d'existence. Quand les épiphytes sonten pleine lumière, ils bénéficient de ‘toute l'énergie vitale que le soleil fournit à la végétation; aussi leurs fleurs acquièrent-elles souvent de magnifiques dimensions : les Orchidées tropicales notamment ürent en grande partie leur beauté de la vie aérienne qui prédomine dans cette famille. Mais si la corolle des fleurs atteint ainsi une grande

taille, il n'en est pas de même de l'appareil végétatif : celui-ci

ne peut pas s'accroitre sans danger, ou du moins il lui faut, pour assurer la continuité de son développement, des organes spéciaux qui permettent à la plante de résister à la sécheresse.

Le problème précédent est résolu chez un grand nombre d'Orchidées aériennes par la production de tubercules qui sont de véritables réservoirs de liquide dans lesquels le végétal peut puiser pendant la saison sèche l'humidité dont il a besoin. La consistance des feuilles, qui est ferme et qui acquiert souventla dureté'du cuir, et l'épaisseur de la cuticule constituent des obstacles à l'évaporation ; grâce à cette organisation, l'eau, une fois entrée dans la plante, s'y conserve

un temps presque indéfini, car elle n'y est pas inutilement dé-

pensée par une transpiration trop intense, Mais comment s'y introduit-elle ? Il est indispensable que le

végétal possède une sorte d'organe absorbant qui pompe, pour

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ainsi dire, l'humidité avant que l’ardeur du soleil ne l'ait éva-

porée. Ce but est atteint par une différenciation curieuse d° la racine qui produit sur toute sa surface externe un tissu que

l'on appelle le voile. Il est formé de cellules remplies d'air qui

donnent à ces parties de la plante une teinte blanc argenté masquant la coloration verte due à la chlorophylle. Quand on dépose une goutte d'eau sur ce voile, elle est absorbée avec la même rapidité que si elle était mise sur un papier buvard. C'est aux dépens de l’assise pilifère, qui fournit d'ordinaire les poils radicaux à l'aide desquels se fait l'absorption dans le sol, que cet appareil a été

aux poils reste la même que celle qui incombe au voile, mais elle s'opère très différemment. L’assise pilifère ordinairement unique se dédouble un grand nombre de fois et se transforme en cel-

lules vides, perforées, dont la

paroi est maintenue rigide DR ne En ONE [a feuilles ; à, inflorescence : r, racines

gràce à des épaississements aplaties ressemblant à des feuilles. spiralés qui en empêchent l’affaissement quand elles sont vides d'eau. Si l'on vient à plonger une de ces racines dans.un liquide, elle se colore rapidement en vert, laissant voir ainsi par transparence les couches chlorophylliennes profondes qui étaient masquées par l'air renfermé dans le voile (1).

En somme, dans la plupart des Orchidées, la fonction d'absorption de l’eau est dévolue à la racine, et c'est dans les tubercules de la tige que le liquide s'accumule. Mais l’organi-

(1) Il est à remarquer que le voile est surtout bien développé chez ces plantes entièrement aériennes; il est moins différencié (formé de cellules lisses) dans les Orchidées qui se créent un terreau sur les branches d'arbres ; il manque chez les espèces qui ont deux sortes de racines, fixatrices et nourricières. On peut s'attendre à le voir disparaitre chez les espèces terrestres. L'Epidendrum cinnabarinum fait exception à cette règle, car le voile existe sur les racines souterraines; il s'agit là vraisemblablement d'une nouvelle adaptation d’une plante épiphyte à la vie terrestre. M. Groom a montré d'ailleurs que ce voile présente alors certains changements de structure enrapport avec ces nouvelles conditions d'existence.

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190 LES ÉPIPHYTES

sa ion précédente peut se simplifier: afin d'éviter tout excès de

U inspiration, cerlaines plantes ont peu à peu, par sélection,

aliophié leurs organes foliaires el même caulinaires, c'està-dire Toutes les parties par lesquelles s'échappe normalement là vapeur d'eau; la tige se réduit alors à un troncon très court our lequel il n'ya plus que des écailles (/ig. 42, p. 149). C'est ce qui arrive nolamment dans les /ÆÆranthus fascicola et dans les Tœnophyllum Zollingerti. Comment se fail alors l'assimilation du carbone de Fatmosphère? Par suite de leur atrophie, les feuilles sont incapables de jouer un rôle nourricier et ce sont les racines qui sont chargées de la fonction ordinaire des

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