RES
V7 TIT FiG. 93. — Section transversale d'une F1G. 9%. — Pneumathode racine d'Æranthus ; v, voile: a, d'Æranthus; l'air pénètre assise exodermique (d'après M. Jan- par les cellules a, cb czewski). (d'après M. Janczewski).
organes foliaires, aussi les voit-on s’allonger notablement et s'aplatir. Grâce à celle métamorphose la plante est réduite presque entièrement à des racines plates qui se sont substituées aux feuilles. La symétrie bilatérale (/ig. 93) de ees lames, leur structure, l'existence même à la face inférieure de deux rangées d'appareils qu'on appelle les pneumathodes rappelant les stomates, justifient ce rapprochement desorganes foliaires. Occupant la place des stomates, les pneumathodes servent comme eux aux échanges gazeux de la plante avec l'extérieur. A l'endroit de ces appareils, les cellules du voile sont lignifiées et restent toujours remplies d'air, de sorte qu'elles peuvent permettre la sortie des vapeurs même quand les éléments voisins sont gorgés de liquide; aussi, lorsqu'on vient à plonger une racine dans l'eau, la voit-on entièrement verdir, sauf cependant suivant deux rangées de points qui correspondent aux pneumathodes qui restent blancs (/ig. 94).
LES PLANTES DE LA COURONNE DES ARBRES ro
La morphologie des plantes que nous venons de décrire est très étrange, leur physiologie ne l'est pas moins. Les études de M. Wiesner sur le Tœniophyllum Zollingerit ont montré que la croissance de ses racines s'opérail avec une excessive lenteur; si l'on compare cette vitesse de développement à celle que peut nous offrir une plante tropicale comme le Bambou, par exemple, on voit que le rapport de ces deux nombres peut être de 1 à 2.000. Ce résultat remarquable nous apprend donc que la croissance ne s'effectue pas partout sousles tropiques avec la même rapidité; la plupart des plantes des pays froids ne présentent pas une végélalion aussi ralentie que dans le cas précédent. Ce qui permet l'accroissement rapide des formes végétales tropicales, c'est la délicatesse de leurs tissus qui dépend à la fois de la grande humidité et de la lumière alténuée ; mais si, dans ces régions, une plante est exposée au soleil et si elle manque d'eau, ses tissus dureissent et son développement se trouve par cela même entravé. Dans lespèce qui nous occupe, la nutrition se fait par la racine verte qui ne peut assimiler le carbone de l'atmosphère que sous l'influence du soleil; lorsque ce végétal sera placé à l'obscurité, la nutrition ne se fera plus et la croissance deviendra tout à fait nulle (1
L'évolution, dans le cas précédent, a amené un développement exagéré et anomal de la racine; il n'en est pas toujours ainsi pour d'autres familles de plantes qui ont, comme les Orchidées, des représentants sur la couronne des arbresde laforêttropicale. Sinousexaminonsnotamment parmi les Broméliacées un des types les plus différenciés au point de vue de la vie épiphyte, le Tillandsta usneoides nous constatons que les métamorphoses ont amené des résultats absolument opposés à ceux que nous avons décrits plus haut, car, dans cette espèce, c'est l'atrophie de la racine qui a eu lieu, tandis que la feuille a pris, par contre, une 1importance prépondérante. C'est elle qui est, en effet, chargée de tous les rôles : en s'enroulant autour des branches, elle fixe
(1) On peut voir d'ailleurs varier la vitesse de croissance avec l'intensité lumineuse; elle passe par un maximum, puis diminue et devient nulle pour une intensité ou trop forte ou trop faible, Sauf l'axe hypocolylé du Viscum album, on ne connaissait pas d'organe d'une plante présentant une croissance nulle à l'obscurité (d'après M. Wiesner).
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la plante ; en se renflant à sa base, elle constitue un réservoir d’eau, Llandis que sapointeresle ststoutassinlilateits L'organe d’° FRA a une ulililé capilale pour le végélal, aussi est-il particulièrement différencié ; il est formé d'écailles dont la paroï externe est très épaisse et dont les membranes internes sont, au contraire, très minces. Quand l'eau coule en. grande quantité, amenée par la goutlière qui existe sur la région supérieure de la feuille, les cellules à, b, € (fig. 95) se gonflent, l'écaille se soulève et le liquide suivant le chemin marqué par ces cellules pénètre en d; dès que la séche- % resse recommence, les cellules de l'écaille s'affaissent, leur
F1G. 95. — Ecaille absorbante d'un Tillandsia
couvercle s'applique contre l'épiderme épaissi et le chemin de cellules à parois minces qui permettait l'entrée de l'eau se trouve immédiatement fermé, empêchant par celamême toute évaporation et toute perte de liquide précieux pour le végétal. Grâce à ces particularités anatomiques et à la simplicité s . de son organisation, cette plante, qui est en somme presque réduite à une touffe de feuilles, peut vivre en des points de la forêt où peu d'espèces pourraient s'installer. a Les métamorphoses merveilleuses que nous venons de décrire ont pu acquérir dans le cours des siècles une extrême amplitude ; elles ont modifié si profondément les êtres qu'elles ont rendu tout retour à la vie terrestre primitive très difficile, 4% peut-être même impossible. Le Tillandsia usneoiïdes forme à aussi de véritables prairies sur les arbres de l'Amérique du Sud et où il est extrêmement répandu ; souvent emporté par les rafales, ou encore transporté par les oiseaux, il s'étend, se HAE sans se reproduire sur des espaces considé= 30 rables.
Nous avons, dans un autre ouvrage (1), décrit des trans-
(1) Végéiaux el Milieux cosmiques, p. 265.