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formations presque aussi saisissantes que celles que nous venons de mentionner, quand nous avons signalé les caractères des espèces qui croissent dans les cascades tropicales ; la vie sur les rochers a d'ailleurs cerlaines analogies avec l'épiphyüisme. Pour les plantes qui ont adoplé ces deux modes d'existence, les dangers qu'elles ont dù affronter pour se maintenir en ces stations exceptionnelles ont été de même ordre : dans les deux cas, il leur a d'abord fallu se fixer, puis se nourrir dans des conditions très difficiles, alors que les problèmes vitaux paraissaient d’abord insolubles avec les ressources que possède un végétal ordinaire. Ces espèces n'ont pu arriver à leurs fins que par des transformations tellement smgulières qu'en leur présence l'observateur ne peut manquer d'être frappé de l'har- monie qui exisle partout entre les êtres vivants el la nature qui les entoure, harmonie résultant d'ailleurs de longs efforts et de la destruction d'un nombre incalculable de formes mal adaptées.
On conçoit que nous insislions un F1G. 96. — Polypodium impeu sur les végétaux qui habitent la RE en couronne de la forêt, car les condi- port; 4 tige aplatie de
£ LE l'épiphyte: p, base d'une hüons de milieu y sont tellement remar- feuille: p', feuilles: quables qu'elles ont amené les accom-
modalions les plus variées et souvent les plus inattendues. Dans certaines Fougères comme le Polypodium imbricalum (fig. 96), la tige s'aplalit el, en s'appliquant intimement contre l'arbre, elle forme au-dessous d'elle une chambre close où l'humidité reste assez abondante pour que les racines y demeurent vivantes el actives. Grâce à cette disposition, ce végétal se maintient en des points où mourraient. infailliblement toutes les plantes voisines. D’autres fois, comme dans une Asclépiadée {rès remarquable, le Conchophyllum, ce sont les feuilles qui jouent le rôle de la Uige dans le cas précédent : elles forment comme une série d'écaillesdont les bords seraient soudés contre la branche desséchée sur laquelle elles vivent, imitant ainsi la carapace de certains Mollusques ou Insectes.
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19/ LES ÉPIPHYTES
Mais une transformalion plus étrange encore nous est offerte par une autre Asclépiadée de Java, le Dischidia Rafflesiana.
La Lige de celle espèce est grêle, pourvue de place en place d'urnes dont lorifice très étroit sert de passage à une racine adventive qui remplit la cavité de ses ramifications. (fig. 97, p. 199). Lorsqu'on examine quelle est la structure de ces organes, on voit que ce sont des feuilles repliées surelles-mêmes de manière à proléger la racine, tout en gardant cependant un orifice pour recevoir l'eau de pluie. Dans ces réceptacles, on lrouve quelquefois des fourmis, el certains auteurs avaient pensé que c'élait pour allirer ces animaux que la nature avail travaillé ; qu'elle avait surtout songé à dresser des pièges contre eux ; mais comme on trouve des fourmis vivantes aussi bien que des fourmis mortes dans ces cavités, celle opinion, comme lefaitremarquer M.Treub, ne semble pas fondée. Lerevétement cireux quis’observe sur l'épiderme interne de ces outres s'oppose d'ailleurs à l'absorption des liquides par les feuilles ; aussi, même pendant la saison sèche, restent-elles longtemps remplies d'eau ; grâce à cette parlicularilé, les racines gardent leur activité absorbante pendant la période la plus redoutable pour la plante, et la métamorphose des feuilles peut être regardée comme une adaptation contre la dessiccation.
La diversité tout à fait curieuse des transformations qu'ont dû subir les représentants de la flore des parties hautes des forêls vierges justifie le rapprochement que nous faisions plus haut avec les plantes qui croissent sur les rochers des cascades tropicales.
[Il y a d’ailleurs fréquemment de grandes analogies entre les plantes qui vivent dans l'air à la surface des rochers et celles qui habitent sur les arbres, surtout si les places dénudées et rocheuses sont exposées à l'ardeur du soleil. On y trouve souvent un certain nombre d'épiphytes comme des Fougères, des Orchidées, des Broméliacées (/Echmea); on y rencontre aussi des Cactées, le Cereus triangularis qui s'observe également sur les branches. Il y a cependant des représentants de certains groupes comme les Bégoniées qui s'installent volonüers sur les rochers el qui ne se rencontrent jamais sur les arbres; il en est de même de diverses Broméliacées terrestres, comme les Pilcairnia et les Dyckia. En somme, on le voit, la flore des rochers exposés à l'air est intermédiaire entre la
flore terrestre et la flore épiphyte; elle s'étend d'ailleurs sur une aire plus grande que celte dernière.
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' FiG. 97. — Dischidia Rafflesiana. L'urne qui pend ainsi attachée
4 à une tige est une feuille ; à l'intérieur du réceptacle est une
b- racine nourricière (d'après M. Gœbel).
: La diffusion des plantes épiphyles est cependant assez $ grande à la surface du globe, même en dehors de la flore
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Draft