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190 LES ÉPIPIHYTES
équaloriale : onles retrouve en grande quantité dans la république Argentine, dansles domaines du Chili méridionalet dans le sud des États-Unis. Il est évident, par la nature des espèces, que ces végélaux sont sortis du domaine tropical, en s'étendant de proche en proche vers le nord et vers le sud. Si en Europe ces formes végétales n'existent pas, cela doit tenir à lhis- Loire géologique de ce pays : à l'existence de la Méditerranée et du désert du Sahara, qui constituent deux obstacles msurmontables qui ont dû arrêter depuis longtemps l'extension des espèces aériennes dansles contrées seplentrionales. Aussi, quand nous observons au Japon et dans a Nouvelle-Zélande une flore épiphyte remarquable, sommes-nousconduits à penser que ces deux pays ont dû être reliés à une époque peu reculée à des régions tropicales ; par l'étudede la flore de ces îles, d'autres considéralions viennent corroborer cette opinion.
En somme, nous constalons que la flore aérienne péut exister sur des domaines très divers ; on peut l'observer sur les arbres des forêts vierges épaisses, on peut la rencontrer également sur les bosquels disséminés dans les savanes et les campos. Dans le premier cas, il y a trois types de plantes épiphytes bien distincts : celles qui habitent les branches inférieures (les Broméliacées vertes, comme les Vriesia, les Nidularia ; les Orchidées sans tubercules, comme les Zygopetalum ; les Æymenophyllum, les Lycopodes), celles qui s'installent sur les grosses branches (pour y former les espèces géantes), celles qui croissent sur la couronne des arbres (Tillandsiées grises, Orchidées à tubercules, Polypodes à consistance de cuir). Dans les savanes, la sécheresse est plus grande et on y ren-, contre surtout les espèces de la couronne de la forêt vierge (des Tillandsiées grises, des Cactées comme les Rhipsalis, des Orchidées à feuilles épaisses, des Aroïdées, des Artocarpées).
La vie épiphyte a dû être plus développée autrefois qu’à l'heure actuelle, quand la flore tropicale avait une plus grande extension qu'aujourd'hui. Elle a pu contribuer à imprimer à l'évolution de certaines familles une direction déterminée. Nous ne pouvons faire à ce propos que des conjectures, mais elles ne sont probablement pas sans fondement. Parmi les groupes qui semblent avoir subi le plus profondément les : conséquences de ce mode d'existence, on peut surtout citer les Orchidées; il paraît vraisemblable d'admettre que l'épi-
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