‹ La nature tropicaleChapitre 39 sur 113 · DR AR TES CUS JT MP EN CEE · texte numérisé non relu

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phytisme, qui prédomine dans presque tous les groupes de cette famille avant tout tropicale, ait pu avoir une influence sur l'organisation des graines où du moins sur leur légèreté. La question de savoir si c'est la vie aérienne qui à amené l'atrophie de l'embryon chez. ces plantes, caractère général des Orchidées, reste douteuse, car nous neretrouvons pas celle particularité dans les autres épiphytes : il paraît plus probable que c’est le saprophytisme, sur lequel nous reviendrons plus tard, qui à ainsi imprimé sur ces végétaux sa marque indélébile. L’épiphytisme, en tous cas, n'a pu que perfectionner un caractère qui était si utile pour la vie aérienne.

L'atrophie de l'embryon et la légèreté des graines ont dû avoir comme conséquence la multiplication des ovules, ce qui a entraîné la nécessité d'un grand nombre de tubes polliniques pour en opérer la fécondation. Or, dans la plupart des plantes. la poussière fécondante mâle est prodiguée en pure perte : le vent la disperse au loin et la plus grande partie reste sans emploi. Supposons que chez les Orchidées le pollen soit déposé seulement en petite quantité sur le stigmate, il n'y aura qu'un petit nombre d'ovules fécondés ayant eux-mêmes très peu de chances de donner des graines allant jusqu'à la germination. Avec une structure ordinaire de l'anthère et du pollen, les Orchidées avaient donc de grandes chances de périr ; elles ont dû obvier à ce grave danger, et il semble que la sélection a dû se faire parmi les individus qui agrégeaient leur pollen à l'aide de masses glutineuses et quien formaient des pollinies. Ces grains étant déposés en quantité énorme sur le stigmate, il pouvait naître un grand nombre de graines.

Mais le perfectionnement précédent ne pouvait se produire que si le pollen ainsi agglutiné en une masse était bien déposé sur le stigmate, car sais cela la plante n'avait plus aucune chance de fécondation. Or, ce dépôt, nous le savons. se fait par l'intervention des insectes. Nous avons d'ailleurs un moyen bien simple de nous en rendre compte ; depuis que la mode s’est introduite en Europe de cultiver les magnifiques Orchidées exotiques, dont chacun a pu admirer les fleurs superbes dans les expositions horticoles,on sait combien la durée de leur floraison est remarquable, elle se prolonge quelquefois quatre à cinq mois. Cela tient évidemment à ce qu'elles n'ont pas été fécondées, car, quand elles le sont, elles se fanent de

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suite; si elles restent ainsi stériles, c'est qu'il n'y a pas, dans nos serres d'Europe où on les cullive les insectes indispensables pour transporter le pollen d'une fleur sur le stigmate d'une autre.

Darwin à d'ailleurs montré quel mécanisme était utilisé pour opérer celle fécondation : linsecte en visitant une première fleur touche avec sa Lêle une partie gélalineuse appelée rélunacle, qui est en relalion avec la pollinie par un pédicelle nommé caudicule; quand cet animal quitte la fleur, il emporte ainsi toute la masse pollinique avec son pédicelle qui se contracte pendant le vol, de sorte que, lorsque l’inseete vient devant une autre fleur, la pollinie arrive nécessairement droit sur le stigmate el opère la fécondation.

A la suite de Sprengel el de Darwin, divers auteurs ont voulu faire jouer aux insectes un rôle trop:prépondérant dans l'histoire de ‘évolution de la fleur des Phanérogames. M. Bonnier, M. Plateau ont montré ce qu'il v avait d'exagéré dans cette théorie. Il est bien certain que tout n'est pas uniquement disposé dans la fleur en vue de la visite des insectes; il y a d’autres facteurs essentiels qui ont dû orienter les métamorphsose de cel organe : nous avons signalé ailleurs le rôle de la chaleur, de la lumière, de la pesanteur et de Peau ; la nutrition du végétal el aussi des pressions qui s'exercent dans le bourgeon floral doivent aussi intervenir dans ses transformalions (1). Malgré cela, nous croyons cependant que dans le développement de la famille des Orchidées les insectes ont pu intervenir, car leur présence est indispensable pour assurer la fécondation, et l'hypothèse que nous avons formulée plus haut nous laisse entrevoir les raisons primitives qui ont «ù rendre nécessaire cette intervention (2).

(1) M. Henslow attribue aux animaux visiteurs des fleurs des phénomènes d'hypertrophie qui ont dù, selon lui, se produire comme conséquences des pressions, des irrilations produites dans les tissus par suite de leur présence. Cette idée est intéressante, mais les expériences manquent encore pour l'étayer.

(2) D'après M. Kerner de Marilaun, il y aurait des plantes pour lesquelles des dispositions spéciales favorisent non le croisement par l'intervention des insectes, mais, au contraire, l’autofécondation.

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