INTRODUCTION
triste besogne a élé accomplie est à pour le prouver (1). Les vrais peuples colonisateurs ont compris que ce n'était pas ainsi qu'il fallait agir, ils ont saisi que la végétation tropicale devail être avant tout respectée ; ils ont entrevu surtout que l'étude des lois de son développement méritait d'être entreprise avec soin. Les résultats obtenus dans quelques contrées en appliquant cette méthode ont été admirables, et l’on peut prévoir, pour, un avenir prochain, l'épanouissement d'une splendide eivilisation dans ces régions bienheureuses (2). Puisse cette perspective ne pas susciter de compétitions trop violentes entre les nations européennes! Souhaitons qu'elles comprennent que les conquêtes de l'industrie et du commerce sont, comme celles de la science et de la morale, seules utiles pour le développement de l'humanité.
La destruction de la forêt n’est pas seulement funeste au point de vue économique, elle est néfaste au point de vue scientifique, car eile fait disparaître les plus antiques témoignages de Févolution de la vie à la surface du globe. La connaissance des plantes des régions chaudes importe, en effet, beaucoup à ceux que préoccupent les hautes questions de Ia biologie qui, par tant de côtés, touchent aux problèmes philosophiques et sociaux les plus fondamentaux.
La préoccupation des questions d'origine — qui est, comme ledit Renan, la marque desesprits philosophiques — a eu de tout temps l'influence la plus décisive sur la destinée de l'homme. Les conceptions sur le mode de naissance des plantes et des animaux, qui sont intimemeni liées à celles qui se rapportent à l’apparition de l'espèce humaine, ont à l'heure actuelle comme autrefois la plus haute importance. Ce sont elles qui ont contribué, à l'aube de lhistoire, à fixer les croyances religieuses de l'humanité, aussi ont-elles laissé leur trace ineffacable dans les cultes de la Grèce, de la Phénicie, de l'Égypte, de ia Chaldée, de l'Inde. Les idées théologiques des habitants de ces contrées reposaient essentiellement sur la connaissance qu'ils possédaient des êtres vivants ; leurs cosmogonies paraissent d'ailleurs avoir toutes leurorigine dans
(1) Sainte-Hélène, par exemple.
(2) La population de Java a décuplé en cent ans, grâce aux réformes remarquables opérées par les Hollandais,
£-« un culle plus ancien et encore plus intimement lié à l'étude Se des plantes eldes animaux, Celle religion primitive;de peuples DL barbares à opprimé la pensée Lüméitie pendant une longue En série de siècles ; malgré les grands efforts qui ont été faits &
À ARS TA pour l'abolir, elle n'est pas détruite, elle règne encore
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nombreux pays, elle a même laissé sa marque incontestable dans les tradilions et les légendes de l'Occident (1). 1 Re . Si la connaissance des êtres vivants à pu avoir une telle influence au début de l'histoire, comment ne pas être tenté de Ke: croire que les efforts persévérants el sagaces des savants qui depuis lrois siècles observent la nature n'auront pas de profondes conséquences pour l'évolution des sociétés actuelles ? 2 En somme, nous croyons, comme le dit Humboldt, que « des peintures », Lellesque celles que nousnous efforcerons de faire Me de la vie tropicale, « ne sont pas seulement propres à procurer à l'espritune jouissance du genre le plus noble: la connaissance . | du caractère de la nature dans différentes régions est liée 2 d’une manière plus intime à l’histoire du genre humain età | celle de sa civilisation ». AE AS NC A | {1) «Les superstilions botaniques, a dit M. de Gubernatis, sont aussi
uieilles que l'esprit humain. Elles bravent la philosophie el la science » Ÿ et aussi les diverses religions successiv es. rt MS]