CHAPITRE XV
PARASITES LIANOÏDES
: La germination des parasites épiphytoïdes s'effectue sur . l'arbre et il en résulte des conséquences fondamentales pour
s groupes végélaux adaptés à la vie parasitaire qu'il nous reste àexaminer, les graines doivent se fixer et croître dans le sol ; % quelques espèces malgré ces premiers stades de croissance ter- … restre, sont destinées à demeurer surtout aériennes, et, comme L. leur mode d'enroulement rappelle celui des lianes, on les a dési- … gnées sous le qualificatif de lianoïdes. La base de leur tige n'a qu'une existence éphémère, de sorte que, de très bonne heure, . la plante entière prend l'aspect d'une espèce épiphyte ; l'étude Dr de sa germination seule permet de dire qu'il n'en est rien. Cette remarque suffira pour nous faire comprendre qu'il y a, au moins au début, une grande différence entre les parasites 4 lianoïdes et épiphytoïdes.
- La Cuscute est le type des plantes de ce second groupe; un certain nombre d'espèces tropicales el européennes ont É été l'objet des très intéressantes. recherches de Uloth, de . M. Chatin. de M. Koch et récemment de M. Pierce. Des les b- premiers stades du développement, l'influence du mode d'existence s'accuse d'une manière manifeste, En une 2 dizaine de jours, la germination s'opère el un organe court, épais se montre, qu'on serait tenté de prendre pour une racine ; mais il ne présente pas de coiffe, capuchon qui caractérise, comme on sait, l'extrémité des organes radiculaires. Sa région centrale dépourvue de cellules ligni- fiées est aussi peu différenciée que celle d'une tige de
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… le développement ultérieur de ces plantes. Dans les autres
Mousses (1) ; aussi cerlains auteurs ont-ils conclu à l'absence de radicule, Cette opinion n'est pas adoptée par lout le monde (2) et l'absence de différenciation résulte probablement du rôle éphémère de cel organe, car il meurt une semaine aprèsson apparition. Cette racine n'élant pas destinée à prendre une quantité d'eau bien appréciable dans le sol, l'atrophie de son système conducteur et le manque d'appareil de prolection de son extrémilé ont dû découler naturellement de la brièveté de son existence.
= La plantule issue de germination est réduite à un corps cylindrique, car les feuilles restent à Fétat de petits mamelons rudimentaires ; comme elle ne produit pas de chlorophylle, elle ne se nourril, pendant les prenuers débuts de son existence, qu'à l’aide des réserves de la graine. Ces réserves étant épuisées, la Cuscute doit rencontrer au plus Lôt un support qui lui fournisse les aliments dont elle a besoin, sans quoi elle ne tardera pas à mourir. La jeune tige grandit rapidement, se déplagant en spirale, en quête de l'objet après
Fic. 102 à 106. — Geérmination
lequel elle s'accrochera : son
d'une Cuscule ; 1, premier stade; », deuxième stade ; 3, la Cus-
4 ; puis en spires lâches, p, autour de la tige de support; 4, idem ; 5, une région à spire serrée séparée du support de manière à mettre en évidence les suçoirs $s:; 4, plante support (d'après M. Koch).
mouvement de nutalion lié à Ja disposition spiralée de la pointe se manifesie encore nettement quand on a tracé des traits de repère sur l'extrémité, ils apparaissent tantôt sur le côté convexe, Lantôt sur le côté concave
(fig. 102 et 103, 1 et2).
Pendant celte première période de son développement, lin-
fériorité de la Cuscute vis-à-vis des plantes grimpantes est.
manifeste, car elle ne peut se nourrir elle-même ; aussi est-il
indispensable que la germination s'effectue dans un milieu
(1) On sait que les racines ont toujours des vaisseaux pour conduire la sève. :
(2) M. Koch.
É + fs e.
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humide, sans quoi la tige reste courte elelle a peu de chances de s'accrocher aux végétaux voisins ; quand la plantule à assez d'eau, au contraire, la Ugelle acquiert une longueur surprenante et elle peut explorer une région beaucoup plus grande de l'espace afin de saisir un support. C'est vers ce but que se trouve employée l'énergie du végétal, et, lorsque les réserves de la graine sont épuisées, l'accroissement de la ti-
selle se fait aux dépens de la petite radicule qui s'affaiblit ainsi
beaucoup avant qu'un hôte ait été trouvé : la base radiculaire meurt, en tous cas, dès qu'un objet à été saisi, Une fois le contact établi, par suite d'une sensibilité très analogue à celle des vrilles, la tige de Cuscute s'enroule autour du support et produit bientôt, sur la face qui est à son contact, des suçoirs qui lui permettent d'y puiser une nourriture appropriée.
Les premières spires de la Cuscute autour de la plante hospitalière sont d'abord très serrées; la croissance est alors ralentie, et toute l'activité du parasite est employée à la fabrication des organes de succion, Une fois satisfaite par l'afflux des sucs nourriciers de l'hôte, la liane reprend une croissance plus active et, pendant un certain temps, elle s’enroule lâchement autour du support sur lequelelle ne s'appuie pas. Dans la suite, ce développement rythmique se produit et on voit alterner régulièrement le long de la tige, des spires serrées et des spires lâches. Grâce à ce mode de croissance, le parasite envahit rapidement des surfaces assez étendues, puis se nourrit aux dépens des parties conquises et acquiert ainsi une vigueur nouvelle pour s'emparer de domaines plus vastes. Ainsi s'explique l'extrême rapidité avec laquelle le parasite s'étend sur de grands champs cultivés. Autant les commencements de son existence ont été difficiles, autant, une fois installé sur l'hôte, sa vie devient aisée et luxuriante.
Depuis longtemps, on a remarqué que la plantule ne s'enroule pas indistinctement autour de tous les objets. Il faut d'abord que l'épaisseur du support ne soit pas trop grande: s'il a plus de > centimètres de diamètre, la Cuscute ne peut tourner qu'une fois autour de lui, elle ne le saisil pas assez fortement pour permettre aux suçoirs d'y pénétrer. La forme de l'organe hospitalier ne doit pas être nécessairement cylindrique, il peut très bien être aplati et l'on a vu des suçoirs se former au contact d'une feuille.
COSTANTIN. — La Nat. trop. 12
D'après la descriplion que nous venons de donner du mode de croissance de la Cuscule, nous voyons que celle espèce n'est pas uniquement comparable à une plante volubile s'enroulant autour d'un support. Tant qu'elle fait des spires lâchement espacées, elle rappelle certes beaucoup cette calégorie de végétaux grimpants ; mais, dès que ses Lours deviennent serrés, elle offre bien plus de ressemblance avec une espèce possédant des vrilles. Dans le premier cas, il n'y a pas d'irritabilité ; il s'en produit, au contraire, une très accusée dans le second.
L'irritabilité de la Cuscute a-été déjà nettement entrevue par Mobhl, il a remarqué que la plante ne S'enroulait pas autour de fils métalliques, autour de baguetles üe bois malgré un contact prolongé souvent de plusieurs jours. Ce résultat a été confirmé depuis par M. Koch : la Cuscute paraît avoir la capacité de choisir, au moins au début du développement, car plus lard ce pouvoir disparaît.
Dans les études qu'il a entreprises -en vue de mettre en évidence la sensibilité
organes s'enroulent autour d’un bâton à l'aide duquel on les frotte, Landis qu'un liquide en mouvement ne produit aucune excilalion à son contact. La gélatine hu-
FiG. 107. — Bâton de gélatine: «9%; 4, p.
tige de Cuscute; !, plante nourricière ;
des vrilles, M. Pfeffer à montré que ces:
ce, cloche de verre ; r, réservoir contenant de J'eau qui s'écoule par un siphon et tombe sur la gélaline g; e, entonnoir où l'eau est recueillie et s'écoule dans le récipient inférieur r' (d'après M. Peirce;.
mide se comporte comme ces dernières substances parce que son action est également uniforme : les pressions exercées par ses différents points sont toutes égales. Ce qui prouve bien qu'il en est ainsi, c'est que la gélatine sèche agit d'une manière très différente : Ses divers
points pressant inégalement la vrille, celle-ci s'enroule autour du bâton gélatinisé comme elle entoure un objet de bois. M. Peirce a réalisé une expérience très analogue avec une Cuscute, et il a obtenu un résultat
semblable. Pour maintenir humide la baguette de verre entourée de gélatine g (fig. 107), il fait couler dessus un courant
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