FIERTÉ : À
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Nous aurons l'occasion de constater plus loin la même indifférenciation de la plantule chez les végélaux saprophytes : il semble que, dans tous ces cas, le mode singulier de nutrition est la cause de cette particularité.
F1G. 115. — Graine d'Orobanche ; e, embryon ; a, albumen ; {, tégument.
F1. 114.—Embryon d'Orobanche.
11. Dans une seconde catégorie de parasites, les modifications de l'appareil femelle se manifestent avant la fécondation: l'embryon est à peu près normal dans la graine, mais c'est l’ovule qui présente des anomalies.
Il y a plusieurs stades dans la dégradation de l’ovule.
Examinons en premier lieu celui des Santalacées et du Thesium notamment, qui a élé l’objet des recherches si remarquables de M. Guignard. Le placenta de l'ovaire du Thestum se différencie de bonne heure en formant une masse d'abord sphérique dans la cavité ovarienne ; il grandit bientôt, se contourne un peu sur lui-même à son sommet et donne trois ovules qui sont tout à fait spéciaux. Dans un de ces organes, chez une plante quelconque, il y a des téguments et un nucelle ; ici cette différenciation ne se produit pas, 1l n'y a qu'une masse ovoide sans enveloppe. On pourrait être tenté d'en conclure que l’ovule est réduit à son nucelle ; en fait, il n'en est rien, car dans le nucelle il n'y a jamais de faisceaux libéro-ligneux parce qu'ils sont localisés dans les téguments ; or, l’'ovule du T'hesium est traversé par un système vasculaire: On doit donc le considérer comme un ovule indifférencié el sans nucelle. Cest là un fait qui a été mis en lumière par M. Van Tieghem. Lorsque la fécondation a eu lieu, il apparaît un embryon dépourvu de suspenseur, mais qui possède deux coty-
lédons, une ligelle et une radicule comme chez la plupart des graines (1). Quant au sac embryonnaire, il se prolonge dans le placenta en un long appendice qui ne se cloisonne pas, l'albumen se formant seulement par des cloisonnements de sa partie antérieure.
Dans les Santalum, le développement du sac embryonnaire est encore plus accusé, il fait saillie dans la cavité ovarienne el remonte vers le haut au-dessous du style, Quant àson autre pointe, elle se prolonge, s'enfonce dans le placenta el consüilue une énorme cellule avec un très gros noyau qui persiste très longlemps el qui sans doute doit servir d’organe suceur, d'appareil de nutrition chargé de conduire un supplément de nourriture à l'embryon. C'est peut-être à cause de cette particularité de lorganisalion que lembryon doit de ne pas rester à l'élal homogène, qu'il continue son évolution comme chez les plantes ordinaires el se différencie en radicule, ügelle et cotylédons. M. Guignard, à propos de cette structure, s'exprime de la manière suivante : « De même que chez les Loranthacées, on v remarque une dégradation profonde, qui porte principalement sur les ovules et tend à les réduire à leur partie essentielle. Le parasitisme s'accompagne ainsi d'une infériorité qui affecte des organes que leur nature même semblerait devoir soustraire, plus que toute autre partie de la plante, à son influence. »
La dégradation si remarquable que nous venons de décrire
n'est que le premier terme d'une évolution dont les Loranthinées constituent le second stade.
Si nous examinons la structure de l'ovaire d'un £lythranthe globosa, nous voyons au début, comme dans les cas précédents, un placenta sphérique, mais qui en grandissant ne tarde pas à se souder par sa partie supérieure avec la cavité primitive, de sorte que dans le jeune ovaire on distingue trois
(1) Quelques anomalies sont cependant à signaler. Des trois ovules, un seul se développe qui forme un sac embryonnaire; les antipodes se résorbent, l'œuf est fécondé et le noyau secondaire du sac embryonnaire se divise en deux parties : l'une qui reste indivise, l'autre au voisinage de l'embryon constitue bientôt l'albumen. Cet albumen en grandissant isole bientôt l'embryon; mais, par suite de la séparation de cet embryon, la radicule n'a plus son orientation primitive, elle devrait être vers le bas. elle se trouve [maintenant orientée vers le haut de l'albumen.