‹ La nature tropicaleChapitre 49 sur 113 · PER} E · texte numérisé non relu

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petites cavités. Au voisinage de chacune de ces petites loges, il apparaît des cellules mères de sacs embryonnaires, mais les ovules ne s'ébauchent pas; il se produit très rapidement une soudure entre la paroi de l'ovaire et le placenta, de sorte qu'on ne distingue plus, à proprement parler, ni ovaire, ni placenta, ni ovules, mais un tissu dans lequel ne se différencient que des sacs embryonnaires, seule trace qui subsiste des ovules. On voit donc que l'évolution régressive est plus accusée que dans les Santalacées : dans les dernières, il v avait encore des ovules, mais plus de nucelle; ici il n'y a même plus d'ovule du tout, et dans le fruit les graines ne s'individualisent plus, il n'y a plus de graines.

Un détail anatomique qui a son importance mérite, en outre, d'être signalé. Dans un sac embryonnaire, il y à ce que l'on peut appeler une partie antérieure et une partie poslérieure : la première est tournée vers le micropyle, c’està-dire vers louverture de lovule quand elle existe (on peut dire encore qu'elle est orientée du côté où se développe le tissu qu'on appelle la calotte). Dans tous les ovules normaux, la cellule femelle où oosphère qui doit donner l'œuf se différencie toujours du côté supérieur du sac, ce qui paraît toul naturel, puisque c'est de ce côté qu'est l'orifice de l’ovule et puisque c'est par là que doit arriver le tube pollinique mâle. M. Van Tieghem traduit les faits précédents en disant qu'il y à acrogamte dans la plupart des plantes (c'est-à-dire que l'œuf est au sommet du sac). Dans la Loranthinée que nous avons prise comme exemple, les phénomènes ne se passent plus ainsi : comme il n°v a plus d'ovule ni de micropyle, on ne peut plus parler d'orientalion vers l’orifice ovulaire ; mais le sac embryonnaire a toujours une base et un sommet, et ici l'œuf ne se produit plus au sommet, mais à la base, M. Van Tieghem dit qu'il y a basigamie dans ce cas.

Doit-on affirmer, comme nous l'avons fait pour les embryons parasites de la première catégorie, que c'est au parasitisme qu'il faut attribuer l'atrophie de lovule dans les Santalacées el sa disparition complète chez les Loranthinées ? Nous sommes tentés de le penser, el cela avec d'autant plus de raison que, pour les espèces du troisième groupe, nous observons à la fois les deux dégradations que nous avons signalées pius haut; d’ailleurs, dans ce cas, 1l ne paraît pas douteux que nous

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ayons affaire à des espèces qui ont subi, sous l'influence de leur mode de vie, les plus profondes métamorphoses : nous voulons parler des Balanophora.

IT. Le dernier type des Balanophorées est certainement le plus remarquable, La fleur femelle, d'après M. Van Tieghem, se réduit à un pisüil minuscule de 2 dixièmes de millimètre ; c’est le plus pelit des pisüils connus, il ressemble à un archégone de Mousse. Le style est formé de quatre rangs de cellules, l'ovaire en a deux ; il n'y a pas de placenta et le sac embryonnaire unique est plongé dans la base du carpelle : quant à la loge ovarienne, elle ne tarde pas à être oblitérée. I n'ya donc plus, à proprement parler, d'ovule el par conséquentde graines. Mais là ne s'arrête pas l'atrophie de l'organe femelle, elle se manifeste encore après la fécondation, ear, comme pour les Orobanches et les Rafflésiacées, l'embryon reste indifférencié. |

Le Balanophora présente un autre caractère très remarquable ; comme l'£lythranthe que nous mentionnions tout à l'heure, il peut être basigame, avec cette différence cependant qu'une même espèce peut être indifféremment, suivant les cas, soit acrogame, soit basigame. Dans les Loranthinées, au contraire, il peut y avoir des types acrogames et des types basigames, mais ce caractère paraît stable pour un groupe déterminé.

L'apparition du phénomène de la basigamie chez un autre

type de parasites, les Balanophorées, laisse penser que la pola-

risation du sac embryonnaire est peut-être en relation avec le mode de nutrition. Ce qui semble d’ailleurs confirmer cette manière de voir, c'est que nous retrouverons ce caractère de la basigamie chez les espèces saprophyles, qui se nourrissent également par des procédés tout à fait singuliers.

Si l'on était tenté de dire qu'il y a lieu de distinguer, parmi les particularités que nous venons de décrire, celles qui dépendent du parasitisme de celles qui en sont indépendantes, on serait bien embarrassé, surtout s'il fallait indiquer en l'absence d'expérience où doit se faire la ligne de démarecation.

Il paraît bien difficile de ne pas admettre que l’atrophie de l'embryon ne soit pas due aux conditions de vie dans lesquelles

se développent les plantes parasites de la première des catégories que nous mentionnions plus haut, surtout si nous

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