‹ La nature tropicaleChapitre 50 sur 113 · PR TE · texte numérisé non relu

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tenons compile des particularités si intéressantes que nous

aurons à relever en étudiant le saprophytisme. Faut-l en con-

clure que tous les faits de dégradation qui s'observent avant la fécondalion n'ont rien à voir avec la question qui nous préoccupe de l'action du milieu. landis que ceux qui se manifestent après dépendent du parasitisme ?

Bien que cette conception ne semble pas à priori devoir être acceplée parce qu'elle est hybride, examinons-la cependant d'un peu près.

Nous devons donc limiter notre discussion à l'étude des plantes de la deuxième catégorie et de la troisième qui ont leurs ovules atrophiés. Or il nous semble que les remarquables résultats auxquels esl arrivé récemment M. Van Tieghem dans ses intéressantes recherches sur les Loranthinées plaident tout à fait en faveur de l'influence prépondérante du parasitisme sur l’organisalion de ces êtres.

On à fondé jusqu'ici la classification des Angiospermes sur le caractère de l'embryon, et, comme on sait, ce groupe a été subdivisé en Monocotylédones et Dicotylédones. M. Van Tieghem croit qu'il est plus juste de partir de la différenciation de l'ovule et il est amené ainsi à distinguer les groupes les plus inférieurs suivants :

1° Celui formé de plantes sans graines . . les Znséminées. A — — sans nucelle . . les /Znnucellées.

3° — — sans ovules. . . les Znovulées.

Examinons de quelles familles se compose le dernier de ces groupes qui constitue dans cette série le dernier de l'échelle des plantes angiospermes.

Nuytsiacées (non parasites).

Dialypétales { Treubellacées (parasites).

| Loranthacées — Movulées Ellythranthacées (Parasiles eLnon parasites dans la Gamopétales Sous-division des Gaiadendrées.)

où Dendrophthoracées (parasites).

LORANTHALES Arceulhobiacées == Ginalloacées 2

ApétaIeS Hélosacées —

Balanophoracées =

Comment ne pas être frappé, en jetant un coup d'œil sur ce tableau, de ce fait que presque toutes les familles qui s'y trouvent sont formées de parasites. L'étude suggestive que

nous venons de mentionner nous conduit done à conelur

que, si les LoranrHaALes occupent là base de la précédent

classification, cela lient à ce qu'elles ont été dégradées par le parasitisme.

Une objection peut venir tout de suite à l'esprit: comment se fatal qu'il y aitquelques familles qui ne soient pas parasites dans le groupe des Inovulées, si c'est le parasitisme qui a amené la dégradation de lovule ? À celle observation, nous répondrons que les familles non soulignées dans le tableau précédent sont les moins dégradées, el il n'est pas invraisemblable d'admettre qu'elles dériventdes types mférieurs modifiés par la vie parasitaire (1). Ce qui semble bien jusüfier cette manière de voir, c'est que, lorsque dans une famille (Elythranthacées)il y a des plantes parasites el non parasites (Gaïadendrées), on voit chez ces dernières s'ébaucher des ovules rudimenlaires. Le retour à la vie normale Lend à amener une différencialion plus accusée de l'organe femelle,

[est d'ailleurs à noter que l'étude approfondie faite par M. Van Tieghem de l'ancien groupe des Loranthinées Pa amené à y faireles découvertesles plus inattendues, car la petite famille que les anciens botanistes désignaient sous ce nom s’est transformée, grâce à lui, en un vaste groupe qui est en somme une alliance, se subdivisant en une mullitude de familles et sous-familles dans lesquelles il y a lieu de distinguer des Gamopélales, des Dialypétlales et des Apétales. Evidemment les classificateurs habiles qui s'étaient jusque-là occupés de ce croupe avaient complètement méconnu ses caractères, el leurs méprises peuvent avoir probablement une explicalion qui nous intéresse grandement.

Quand un botaniste se trouve en présence de deux plantes des régions desséchées qui se ressemblentétonnammentcomme une Cactée et une Euphorbe grasse, il n'hésite pas, malgré

1, M. Van Tieghem fait d'ailleurs au sujet des Nuytsiacées, qui se rattachent si intimement aux Loranthales parasites, les remarques suivantes :

« Pour le rang supérieur, on peut hésiter entre les Elythranthées qui ont une corolle gamopétale avec un calice isomère, elles Nuytsiacées qui ont une corolle dialypétale avec un calice hétéromère. L'hétéromérie du calice étant le signe d'une différenciation plus profonde que le gamopétalie de la corolle, c'estla famille des Nuytsiacées qu'il convient, croyons-nous, de placer au premier rang. »

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les similitudes de leurs appareils végétalifs, à les ranger dans deux familles différentes. I lui suffit pour cela d'examiner leurs fleurs. Pourquoi l'étude de l'organisation florale fournit-elle dans ce cas un bon caractère de classification ? Cela tient à ce que les particularités qui définissent une Euphorbe étaient fixées avant l'émigration de quelques espèces de ce genre dans les régions désertiques.

L'exemple précédent n'autorise donc, en aucune façon, à conclure que la fleur ne varie jamais. Cependantles classificateurs ont toujours admis d'une manière plus où moins implicite et inconsciente cette imvariabilité : aussi ont-ils été complètement déroutés, sans s'en douter, quand ils ont abordé l'étude des Loranthinées, el leur sagacité à été mise en défaut. Si le milieu a une action sur la fleur, on conçoit très bien que le critérium considéré par eux comme sacré el indiscutable de Pimmutabilité de la fleur venant à leur faire défaut, ils aient été amenés à mettre dans un même groupe des plantes qui se ressemblaient peut-être aussi peu que la Cactée et l'Euphorbe précédentes.

En terminant cette étude du parasitisme, nous conclurons donc que l'évolution des êtres est quelquefois régressive, qu'ils ne se perfectionnent pas toujours où du moins qu'il est certains progrès qui ramènent vers des stades inférieurs de la transformation des formes vivantes ; c'est là, croyonsnous, une considération qui à un véritable intérêt philosophique.

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