‹ La nature tropicaleChapitre 60 sur 113 · FE · texte numérisé non relu

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4 Comme 143 plantes rentrent dans la catégorie que nous k étudions {autochtones non endémiques), il y en a donc seulement > dont on ignore le mode de transport.

Les faits que nous venons de signaler peuvent nous servir __ à expliquer le passé. Si nous examinons, par exemple, les espèces endémiques de Juan-Fernandez, c'est-à-dire celles qui

€ n'ont été trouvées à la surface du globe que dans ces îles = ch x 4

éloignées de loutes terres, nous voyons également par 2 L |

- l'examen de leurs graines qu'elles ont pu autrefois être transportées dans ces îlots par des agents de propagation analogues à ceux que nous venons de mentionner plus haut. Sur6gplantes … endémiques, il y en a 61 présentant les caractères suivants :

Brupes où bâless "#7 : : 19 KE” L Fruits ou graines Hits d' eee de A 18 Gi + Graines petites ou spores microscopiques . . . 16 Graines ou fruits dans un périgone . (e | e # Or les îles de San-Juan-Fernandez sont d’origine volcanique 4 de la base au sommet, et les éruptions qui leur ont donné naissance sont de l'époque tertiaire ou de périodes posté- 4 __ rieures. Si nous admetlons, comme dans l'hypothèse généra- . = lement reçue, que dans les époques géologiques récentes il sf

n'ya pas eu de créalion où de généralion spontanée, nous

devons en conclure que la flore aussi bien que la faune dérivent de celles d'anciens continents. Les caractères que nous venons de signaler pour les fruits et les graines des espèces endémiques, c'est-à-dire spéciales à Juan-Fernandez, nous font penser que c'est par le vent ou les oiseaux que l'île a dû être autrefois peuplée de végélaux.

Ceci nous apprend done qu'il a subsisté dans cet archipel des espèces, des genres el même des familles (1), quiexislaient autrefois dans l'Amérique du Sud et qui en ont disparu. La disparition d'un grand nombre d'êtres vivants de la surface des continents est un fait bien connu, car les géologues ont découvert et découvrent chaque jour des débris de milliers d'êtres éteints qui ont autrefois peuplé le globe.

La distribution actuelle des végétaux à la surface de la terre se trouve éclairée par les remarques précédentes. On sait qu'il existe parmi les plantes vivantes des espèces qui ont une aire très vaste, d'autres qui ont une aire très restreinte; il ya lieu de penser que si les premières sont bien adaptées aux condilions de vie qu'elles rencontrent dans le monde à l'heure présente, les autres paraissent, au contraire, moins bien accommodées. Plus une plante occupe un vaste territoire, plus elle présente de variations: on pourrait être lenté de croire, Si le climat n'avait pas d'action, que ces varialions devraient se retrouver les mêmes partout, mais il n’en est rien : M. Hooker a remarqué, en effet, que « les variétés occupent des terriloires plus resserrés que les espèces ». Les variétés n'apparaissent qu'en cerlains points, par suite de certaines conditions de milieu, el c'est souvent aux confins de l'aire d'une espèce que ses modifications deviennent plus accusées.

L'aire qu'occupe un végétal peut d'ailleurs être continue ou discontinue, ce dernier cas s’observe notamment quand une plante existe à la fois sur un continent et sur une île.

Dans le cours du développement de la surface terrestre, les climats ont présenté de grandes lransformations, les condilions d'existence des êlres qui y ont vécu se sont done grandement modifiées. Pendant telle période une espèce a

Gi) n'y en a qu'une famille endémique dans le cas de Juan-Fernandez, c'est celle des Lactoridacées, voisine des Magnoliacées.

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