‹ La Navarre françaiseChapitre 11 sur 131 · L'ÉV^UE DE DAI · texte numérisé non relu

L'ÉV^UE DE DAI

Les rois de la basse Navarre avaient deux évéchés en Béam , et cependant les Navarrais restèrent soumis à des évéques éloignés et indépendants do leur souveraineté, à celui de Bayonne et k celui de Dax.

L'évéque de Dax avait, de temps immémorial, juridiction sur le territoire navarrais. Il eut quelquefois des démêlés avec le roi, mais presque toujours il vécut avec lui dans une entente parfaite.

En i3/i3, un grand débat s'éleva relativement à rexercice de la justice dans les terres do Mixe et d'Oslabarets. Le roi fil arrêter par son baile un habitant de Saint-Palais. L'évéque prit fait et cause pour le prisonnier et lança un interdit. Le roi voulut le faire lever. Le procès dura six mois; Févéque le perdit.

Il faut traverser des siècles pour trouver quelques documents intéressants sur les rapports de l'évêché de Dax avec la royauté de Navarre.

* Le Brrt, Mémoire de Vital prêtent du myautne de bâtie Navarre (ms.).

En 1&99, Charles III, considérant que Tévéque de Dax n'avait pas de ressoarces suffisantes pour bien tenir sa maison, lui accorde une allocation de âoo florins, à prendre chaque année sur son trésor jusqu'à nouvel ordre (^dtirante 9u voluntady.

LES M0NA8TÀRKS DE ROIfCEVlUX, D*OLIVA, DE 81IIIT-SADVEUR DE LEYRB,

D'IRATZD , DE FIT^RB ET DE SAUITE-ENGRÂCE DD PORT.

En traitant de l'influence - politique du clergé en Navarre, nous ne pouvons garder le silence sur les anciens monastères de ce pays éminemment religieux.

L'histoire monastique demanderait des volumes. Parmi tant d'ahbayes et de prieurés navarrais , nous ne citerons que ceux dont il est mention dans le for ou dans les actes du couronnement.

RoNCBVAOX. — Ce nom qui réveille les poétiques souvenirs de Roland et de Charlemagne, rappelle aussi des souvenirs pieux, encore vivants après bien des siècles. Là furent fondés, dès les temps anciens, un hôpital et un couvent. Le malade y recevait des soins , le pauvre des secours , l'enfant de l'instruction et le voyageur l'hospitalité. Des frères, sans autre signe distioctif qu'une croix verte , y exerçaient leur ministère de dévouement. L'ambition de porter le costume de chanoine, comme dans les autres couvents, ne les prit que tard. Les riches offraient des dons au célèbre monastère, les pauvres en profitaient. Les rois élisaient leur sépulture dans la chapelle, et la statue de la Vierge vénérée était ornée de splendides manteaux de brocart d'or, dont les reines s'étaient dépouillées pour la reine du ciel.

' Archives de Pampeluiie (Caj. a 1-18).

Les moines reconnaissaDts avaient pris rengagement de célébrer chaque année une messe solennelle pour les rois de Navarre.

Les archives de Pau, comme celles d'Espagne, abondent en documents sur Roncevaux. Nous ne citerons qu'une charte de 1970, constatant l'aumône de 100 livres, payables sur le péage, faite par Philippe et Jeanne, pour être employée à l'achat de vin à distribuer les jours de fête, dans Thôpital de Roncevaux, aux pèlerins et aux voyageurs.

Oliva. — Ce couvent, de l'ordre de Gtteaux, fut fondé en 1 1 3 â par le roi don Garcia Ramirez. Il lui fut concédé de nombreux privilèges. Ses troupeaux pouvaient parcourir tout le royaume , comme les troupeaux du roi. Le témoignage d'an seul moine devait être accepté comme l'expression de la vérité et finir le procès.

Saint-Sadvedr de Leyre. — Ce monastère, de Tordre de Cîteaux également, est d'une antiquité telle que la mémoire de sa fondation est perdue. Déjà en S lia il est fait mention des villes données au couvent par le roi Inigo. Les faveurs des papes, les privilèges des rois, les libéralités des grands accrurent l'importance de cette abbaye. Ses richesses devinrent considérables; les moines en firent bon usage. Ils les employèrent à acheter des exemptions et des affranchissements pour les hommes de la terre. Ils fournirent des fonds pour la guerre de la croix contre le croissant (la guerra cruzaday

Iratzu. — Le for fait mention de ce couvent, dont il attribue la fondation à l'évéque don Pèdre de Paris. (L. III, t. XV, c. xvii.) Ce monastère date de 10217. '^ ^^^ favorisé par les rois de Navarre. Parmi les privilèges qu'ils lui accordèrent, nous remarquons la dispense des droits de sceau pour tous les actes oij l'apposition du sceau royal était nécessaire.

FiTiRB. — Nous avons rapporté à Tannée 1 1 58 la fondation de ce couvent, fils de Tabbaye de Lescaledieu en Bigorre. Saint Raymond, né à Saint-Gaudens, Durand, et quelques moines quittèrent un jour la France pour aller bâtir sur le mont Yerga un monastère , qui fut plus tard transféré à Fitère. Des religieux sortis de cette maison se chargèrent de la défense de Galatrava , qui paraissait impossible à protéger contre les Maures. Les moines de Fitère trouvèrent, par la parole, assez d'argent et assez d'hommes pour sauver la place. L'ordre célèbre des chevaliers de Galatrava fut alors créé et soumis à Lescaledieu, abbaye mère^

Saiutb-Engracb du Port. — Une charte '^ nous apprend qu'en io85 le roi don Sanche Ramirez et son fils don Pèdre firent don à Leyre de quatre monastères, parmi lesquels figure Sainte-Engrâce du Port, à l'entrée de la Seule. Ge couvent, qui s'est maintenu jusqu'au dernier siècle, avait vivement résisté à son union avec Leyre. Il finit par transiger moyennant une redevance annuelle de deux bœufs et de deux saumons des meilleurs (^duos quam optimos salmonesy.

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