‹ La Navarre françaiseChapitre 12 sur 131 · LE FOR ET LES ORDRES RELIGIEUI · texte numérisé non relu

LE FOR ET LES ORDRES RELIGIEUI

Le for s'occupe des ordres religieux (^ardenes). Le for manuscrit contient un chapitre plus tard supprimé. Il est relatif au vilain qui veut entrer dans les ordres. Ge vilain doit être lettré [letrado)^ et sa présentation à l'évéque doit être faite par son seigneur, donnant des garanties qu'il ne réclamera ja-

* Voir: noin Mimographiê de LÊêcakUtu, p. xU et i5; Cronieaiê San Bemf t. I, p. 309; Moret, AnàUê, t II, p. 398.

' Archives de Pampelune(Caj. 1-7).

* Voir une excellent travail de M. Hippolyte Durand : Notice hi$torique et orek^lo^rique $ur le monastère de Sainte^Engréee du Part.

mais rien de cet homme. Véyèqne ferait tort aa seigneur s'il acceptait sans son consentement un fils de vilain. Des peines sont édictées contre ceux qui tuent ou blessent un clerc.

Le for imprimé impose à l'homme ou à la femme qui veut entrer dans un couvent Tobligation de payer d'abord toutet ses dettes. Il est défendu à qui que ce soit de prêter à on moine plus de cinq sous à l'insu du chapitre. Tout religieux est obligé de porter son costume, et, s'il le quitte, il perd lautorité attachée à sa parole. Le for, dans certains cas, accorde au témoignage d'un seul moine la valeur de l'attestation de deux témoins ordinaires.

La première condition pour entrer dans les ordres, c'était d'être lettré et d'apporter dans les monastères les leçons de la science des maîtres. Une loi navarraise obligea tous les couvents h envoyer chaque année trois moines pour faire à Alcala de fortes études.

Entrer dans les ordres, c'était secouer toutes les entraves féodales, c'était s'élever par l'instruction au-dessus des intelligences incultes. Aussi la foule accourait-elle, désireuse d*étre admise dans les monastères. Ces maisons religieuses se multiplièrent tellement que la loi s'en préoccupa. «^ Le roi, est-il dit, (( considérant rintérêt du royaume et les inconvénients que T expérience tta démontrés \ ordonne qu'eu attendant la réunion des cortès, fcon respecte la défense de fonder des couvents sans son auto- (irisation et celle du conseil."

Le for prévoit le cas où des procès seraient faits contre Sainte-Marie de Pampelune, Leyre, Iratzu, Oliva, Roncevaux ou Bêlas. 11 défend, sous des peines sévères, la saisie de bétes portant des sonnettes et de tout ce qui pourrait enlever le pain et le vin aux couvents et aux i)auvres [para los convientosy para los pobrcs). (L. III, t. XV, c. xvii.)

* De la necopilacion de loi feyes , 1. V, I. XXI, /«y i?.

Lo for rappelle aux moines qu'ils doivent consacrer tous les jours de la vie à servir notre seigneur Dieu. Il dit ensuite : «Si par malheur un clerc vient à déshonorer sa dignité en t( commettant un meurtre, un vol prouvé, il sera conduit de- « vant l'évéque, qui sera prié de lui retirer les ordres, et quand (cTévéque les lui aura 6lés, il sera fait justice de lui comme «d'un simple séculier, et il n'a plus rien à espérer de l'Eglise, j) (L. V, t. XI,c. u)

ETAT BCClisUSTIQUE DB LA NAVAREE FRANÇAISE. — LES DONÀTS.

La basse Navarre , sous les rois de France , continua à être soumise aux évéques de Bayonne et de Dax.

Le curé de Saint-Jean-Pied-de-Port avait le titre de prêtre major de Saint-Jean et l'entrée aux Etats.

On plaçait m têie des plus considérables bénéJUiers le prieur d'Usadat, curé primitif des pays de Gize et d'Ostabarets. Ce prieur était élu par les donats. On donnait ce titre à six personnes nommées par le prieur, qui pourvoyait aux vacances.

Les donats habitaient des maisons qui leur étaient affectées près de l'église; ils avaient part aux offrandes.

Le prieur d'Usziat était chargé d'un ancien hôpital où il était obligé de fournir le logement et la nourriture aux pèlerins se rendant à Saint-Jacques de Gompostelle.

Le prieur ou curé de Saint-Palais, ainsi que le prieur d'Haramburu, avaient aussi la charge d'hôpitaux semblables à celui du prieur d'Usziat.

Jadis dans les solitudes des montagnes on bâtissait des hôpitaux, véritables hôtelleries pour les pèlerins et les voyageurs.

Les prieurés ne procuraient guère plus de revenus que les cures, mais ils donnaient l'entrée aux Etats.

LES BBNOITBS DE LA NAVIRRE.

11 nous reste à parler d'une modeste institution, fort oom^ mune jadis dans le pays basque et fort oubliée aujourdlmi, mais dont Tauteur de la Sorcière a réveillé la mémoire.

Dans chaque paroisse de Navarre existait une benoUe oo bénèdicte. C'était une femme chargée de balayer Téglise, de blanchir le linge, et de faire sonner les cloches soit pour les offices, soit pour détourner l'orage.

Elle était fllle ou veuve. Elle était nommée par le patron de la cure ou par le curé et les paroissiens. Elle s'engageait, par contrat, à servir l'église sa vie durant. Elle apportait une dot de i5oà 5oo livres, selon l'importance de la paroisse.

La communauté, de son côté, la logeait dans une maison appelée benotterie. Il lui revenait un droit sur les baptêmes, les mariages et les enterrements. A l'époque de la récolte, chaque famille lui donnait un quart de conque de froment, plus ou moins.

La benotte qui se mariait ou qui se conduisait mai était chassée de la benotterie et perdait sa dot.

De Lancre, dans son Tableau de ïxncon$Umce des démons, dit bien, en parlant des benoîtes ou bénédictes, que l'évéque de Bayonne v^est après à réformer tout celan\ mais je ne trouve pas dans ce bizarre auteur tout ce que lui fait dire Michelet dans son livre de la Sorcière (^^. aoa).

Des filles qui vivaient seules dans leurs benotteries excitèrent quelquefois l'envie et peut-être aussi méritèrent-elles des reproches.

Les Etats de Navarre, gardiens fidèles des vieux usages, protégeaient les filles vouées au service de l'église. Elles étaient en général choisies avec tant de soin, qu'elles ne pouvaient

donner lieu à la critique. tcPourquoi» disaient les Etats, les ((Supprimer toutes parce que parmi quelques-unes se seraient ((glissés des abus ou des désordres?»

Les Bêlements des Étais décident qu'on pourra continuer à nommer des benoîtes, fusauf, s*il y en a qui tombent dans des indécences, à le spunir. n

L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem possédait à Apathe et à Irissary deux commanderies, qui dépendaient du grand prieuré de Navarre.

6â HISTOIRE DU DROIT EN NAVARRE.

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